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18/02/2006
Education : le point de vue Millerien
Alice Miller, psychanalyste allemande, défend une thèse originale sur les origines de la violence. J’ai lu la plupart de ses livres. L’analyse que j’en fais est personnelle. J’invite les personnes intéressées à se référer au site internet d’Alice Miller ou mieux à ses livres.
A l’époque de nos parents, on n’éduquait pas les enfants, on les dressait.
On les battait, on les punissait, on les humiliait, on les habituait à l’obéissance absolue, à la peur. Les maîtres étaient tout puissants, ils possédaient la connaissance, et l’enfant ne pouvait que s’en approcher péniblement. Les parents représentaient l’autorité absolue.
Alice Miller pense que ce comportement subi enfant et refoulé (l’enfant croit que si on le bat, c’est pour son bien), resurgit dans le comportement de l’adulte envers ses propres enfants, ses subordonnés, ses élèves, etc… Ainsi se perpétue la violence sournoise et la haine et la peur.
De nos jours, on ne bat plus les enfants, mais la façon de transférer sur eux les frustrations vécues dans l’enfance est plus subtile, mais toujours présente.
C’est l’incohérence : on est gentil avec eux, puis excédé, on se fâche.
C’est l’alternance copinage/autorité : après une colère, le parent va tenter de se rapprocher de son enfant.
On ne bat pas les enfants mais il arrive qu’on se moque d’eux, qu’on les rabaisse, qu’on leur montre que ce ne sont pas eux qui commandent, qu’on leur montre leur ignorance, qu’on ne partage pas bien avec eux la connaissance, qu’on les fasse se sentir impuissants.
Beaucoup de chemin reste encore à faire avant que les nouvelles générations élevées dans l’amour et la cohérence, dans la vraie bonté, cessent de transmettre l’habitude de la violence à leurs propres enfants et à toutes les personnes dont ils ont la charge, tant éducative que hiérarchique.
15:50 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Se libérer
Commentaires
Je trouve que tu poses très bien le problème de l'éducation. je voudrais juste ajouter que cette incohérence est produite globalement. Nous sommes plongés dans une culture de l'incohérence. La cohérence, j'en suis convaincu, viendra de mouvements individuels, de gens isolés qui se mettront en marche vers autre chose. Ils le feront dans la discrétion, ce ne sera pas orchestré, mais ce sera efficace et révolutionnaire parce que ça se propagera comme traînée de poudre.
Ecrit par : sancho | 18/02/2006
Intéressant comme point de vue.
Cela me conforte dans l'idée de continuer à l'instinct, de toutes façons on a forcément faux.
Ecrit par : jid | 20/02/2006
Le retour de Jean-Jacques en technicolor avec une pointe de mai 68 et saupoudré de bons sentiments.... Je sais, je caricature, mais ayant largement donné dans ce courant dans les années septante, je crois que je peux aussi m'en moquer. Changeons l’éducation et on va changer la planète… qu'ils disaient...
Je ne crois plus aux théories sur l'éducation. J'ai une méfiance terrible envers tous les théoriciens et les psys. Je rejoins jid, faut y aller à l'instinct et de toute façon on a faux.
Le problème avec les théories, et les idéologies en général, c’est qu’on part avec de bonnes intentions et quand on entre dans l'application on finit par faire n'importe quoi en sur-interprétant ca qu'à dit le gourou.
Je ne dis pas que madame Miller ne puisse pas avoir raison sur certain point mais n’est ce pas ce type d’idéologie qui nous a conduit au laxisme ambiant qui fait que notre système éducatif est si lamentable, que les parents viennent défendre auprès des profs leur cher petit monstre qui ont le droit de faire n’importe quoi… Non, franchement, je suis content de l’avoir joué à l’instinct, sévère mais juste à l'occasion, et d’avoir des enfants bien dans leur peau et qui ont plutôt réussi, qui sont moins agressifs et violents que leur père, mais ne comptez pas sur moi pour vous donner la méthode. Y en a pô !
Ecrit par : Joël | 22/02/2006
Bien sur qu'il n'y a pas de méthodes pour "bien" élever ses enfants. Pourquoi ?
1) parce que chaque enfant est différent !
2) parce que chaque époque est différente !
Alors ce qu'il faut oublier c'est l'imtemporalité des conseils qui nous sont donnés. Aucun avis n'est éternellement bon !
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Mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est :
1) l'Amour !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
2) le fait qu'un jour où l'autre... ILS auront en mains les rênes de leurs propres vies !!!!!! Tout simplement parce qu'il faut bien mourir un jour et que l'on espère tous mourir AVANT nos enfants....
ça parait bête mais avec ce sentiment et cette idée VRAIE constamment en tête....
on doit bien arriver à ne pas trop faire de bétises...
Bonne chance à tous les parents qui me lise !!
Et à leurs enfants bien sûr !
:-)
Ecrit par : guillaume | 23/02/2006
Bien sûr que tout est dans l'éducation : avoir reçu un amour suffisamment constant pour se sentir à sa place dans la vie, avoir reçu de parents et de professeurs enthousiastes le goût du travail bien fait, la passion de l'effort...
Ecrit par : Dilettante | 23/02/2006
Quelques liens pour creuser le sujet !
http://www.lepetitjournal.com/content/view/4150/315/
http://ds2.blogspirit.com/archive/2005/10/02/invitation-a-une-table-ronde.html
http://www.clubdesvigilants.com/archives/2006/01/luc_ferry_linvi.php
Ecrit par : Ds.2 | 24/02/2006
Merci pour les liens Ds2. Concernant la citation que tu donnes de P. Meirieu, je pense que la schizophrénie qu'il dénonce est typique du mécontentement de quelqu'un qui a été passionné puis déçu et qui devient écorché vif. C'est ainsi que les talents se perdent malheureusement, et c'est bien triste. Il faudrait s'attaquer au point de bascule où tout se met à aller mal.
Ecrit par : Dilettante | 26/02/2006
de nos jours, hélas, on bat encore les enfants, j'en suis la preuve vivante, et j'entends encore trop souvent des histoires. Pourquoi la maltraitance cesserait elle de nos jours ???
J'ai aussi lu les livres d'Alice Miller, et force est de constater, que ce ne sont pas seulement les coups physiques qui blessent, mais aussi la maltraitance psychique. Et il faut des années de reconstruction pour s'en remettre... Mais s'en remettons nous vraiment un jour ???
Ecrit par : celine | 27/02/2006
Je pense que l'on peut s'en remettre grâce à un traitement de type psychanalytique, et grâce aussi à la participation à des groupes de parole.
Ecrit par : Dilettante | 01/03/2006
j'ai suivi 7 années de psychothérapie, plus des stages, et c'est tjrs pas guéri... je pense que la voie de salut, c'est la transformation des blessures en perle.. j'y travaille !
Ecrit par : celine | 04/03/2006




