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14/10/2006
Interdite de société (mémoires d'une potiche)
Excusez-moi mais je préfère me taire plutôt que de râler.
Je préfère ne pas répondre à tous les "Ca va ?" qui ne me demandent pas si Ca va... plutôt que de sortir une tirade moralisatrice sur le fond, la forme, et le pourquoi de cette question.
Quand j'entends les gens renoncer à des activités parce que "ILS" ont dit qu'il allait pleuvoir, je me retiens de sortir ma diatribe habituelle contre la météo. A savoir que de toute façon, la météo est faite pour se tromper et que d'ailleurs, elle ne sert qu'à caser deux séances de pub, une avant et une après. Et d'ajouter à la manière de Lucien Guitry : "Vous laissez le temps qu'il fait décider de votre vie, vous ?"
Au jour de l'an, je serre les dents pour ne pas susciter la sacro-sainte question "Ca s'est bien passé ?". Il est vrai que c'est une épreuve pour la vésicule biliaire, la grande bouffe obligatoire et le plumage par les grandes surfaces de la consommation ! Je vais m'imprimer un tee-shirt "Ne me demandez pas si ça s'est bien passé parce que je vais hurler".
Hurler la chanson de Renaud "je voudrais tous les voir crever étouffés de dinde aux marrons !".
Mais ce n'est pas pire que les "Alors c'est quand les vacances ?" de juin-juillet et que les "Alors les vacances ?" de août-septembre. Parce que tout le monde s'en fout des vacances des autres, n'est-ce pas, et surtout personne n'en retient les dates.
Je n'arrive pas à soupirer avec assez de conviction lorsque d'aventure au café, les mots-clé de "réchauffement climatique" sont prononcés. Pas envie de surenchérir que ça fait peur, et qu'on est mal barrés, et qu'on préfère ne pas y penser. J'ai le sentiment tellement aigu qu'après avoir prononcé ce mot, tout le monde va s'empresser de l'oublier pour retourner à ses pollutions habituelles...
Je bouillonne lorsque j'entends des gens supposés intelligents prononcer Ségolène tout court. J'ai la haine, vraiment, que l'on emploie les prénoms pour des personnes politiques, peut-être d'autant plus facilement qu'il s'agit de femmes.
Un autre mot auquel je suis allergique, c'est Sarkozy. Et doublement allergique à Sarko. Comment dire : je fulmine parce que, quelque soit ce qu'on peut penser du personnage, on n'a pas à employer un diminitif. Et deuzio, parce que ce nom est suivi de tellement de lieux communs que ça me rend malade. Et triplement allergique, parce que ce genre de conversation ne reflète que trop bien la pensée unique véhiculée par la radio et la télévision, et la minceur anorexique de l'information subie par la plupart des gens. Exemple de conversation "Sarko a fait ceci". Réponse 1 "Ah oui, il a fait cela". Réponse 2 "Rires nerveux".
Que voulez-vous, je suis incapable de débattre sur des informations parcellaires, bâclées, uniformes et partiales que véhiculent les médias. Il m'est impossible de faire comme ces gens bien informés qui vont débiter le plus sérieusement du monde des informations apparemment sensées. Voilà, aucun débat n'est possible, parce que tout le monde entend strictement la même chose dans son canal d'information, et que les conversations ne sont donc qu'un alignement, ou plutôt une fuite, ou même une diarrhée, selon les personnes, de lieux-communs.
Pour la petite histoire, dans mon cours de langues, on étudie justement la presse, les médias, et je dois me prêter au
jeu. Chaque semaine, chaque élève doit apporter une information, et je vous avoue que je n'ai pas eu le moindre succès avec l'affaire du "purin d'ortie". Question de la prof : "mais où est l'info ?".
Votre serviteuse est donc muette.
Caligraphie originale de Dilettante (purin d'ortie)
14:00 Publié dans Humeurs acides | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : pensée unique, désinformation
Commentaires
Dans un pays où il y a déjà plusieurs dizaines de milliers de textes de loi et de réglementation, il est illusoire de vouloir interresser le citoyen, jeune de surcroît, à des problématiques qui ne le touchent pas directement.
Le caractère putatif de la présence du "zy" n'enlève rien à celui putassier du personnage qui le porte. L'emploi du diminutif, voire du prénom, est une manière toute simple de s'approprier le sujet afin de s'en rapprocher, ou méprisant, de mieux s'en distinguer. Ainsi, un même raccourcis sert à la fois les tenants et les détracteurs. C'est le sel de la chose.
Votre position me semble pour le moins réactionnaire sur la question.
Et puis franchement, voir une certaine personne amputée de son zy donne presque envie de la ré-amputer de la même syllabe (s'rait p'têt moins con après) !
Ecrit par : jimmy | 15/10/2006
Que l'on puisse croire pouvoir définir un être humain (fût-t-il présidentiable) en un ou deux qualificatifs, me semble tout à fait significatif de la vision véhiculée par la télévision, vision que je qualifierais de "pointilliste". La manipulation de la population, parce qu'on ne peut pas dire de l'opinion, se fait par une série de touches qui laissent une "impression" ou qui provoquent une "allergie". Le choix aux présidentielles est dicté par de tels facteurs, qui relèvent de la loterie. Mais de toute façon, peut-on parler de choix ?
Ecrit par : Dilettante | 15/10/2006
Ouf, respire! Certes les gens sont agaçants par leur façon de disserter à l'infini sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas. Mais il me semble que le but de tout ce blabla n'est pas d'acquérir de la connaissance mais seulement de faire preuve de sociabilité. D'où les longs discours sur la météo.
Doit-on interdire de parler à tous ceux qui n'ont rien à dire?
Ecrit par : Tagada | 15/10/2006
En ce qui concerne la météo, il faut bien savoir qu'"il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais vêtements".
Quoiqu'en y réfléchissant un peu on s'aperçoit que les vêtements n'ont aucun effet sur la canicule permanente qui nous pend au nez...
Entendu dans la rue le 1er janvier 2022 à la place des bons voeux habituels : "Oh putain, l'eau potable est repassée au dessus des 100 $ du baril ! On va tous crever la bouche ouverte si ça continue ! Roy--al : Dé-mi-ssion ! Sar-ko-zy : du goudron et des plumes !"
Ecrit par : Grand corniaud va ! | 17/10/2006
En ce qui concerne la météo, il faut bien savoir qu'"il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais vêtements".
Quoiqu'en y réfléchissant un peu on s'aperçoit que les vêtements n'ont aucun effet sur la canicule permanente qui nous pend au nez...
Entendu dans la rue le 1er janvier 2022 à la place des bons voeux habituels : "Oh putain, l'eau potable est repassée au dessus des 100 $ du baril ! On va tous crever la bouche ouverte si ça continue ! Roy--al : Dé-mi-ssion ! Sar-ko-zy : du goudron et des plumes !"
Ecrit par : Grand corniaud va ! | 17/10/2006
>tagada, OK, bon diagnostic je suis tout simplement associale
>grand corniaud va, je note les idées pour lancer des discussions, je vais peut-être progresser en sociabilité...
Ecrit par : Dilettante | 21/10/2006
Je partage en grande partie ton coup de gueule... et tu n'es pas asociale, Dilettante !
Ecrit par : dieudeschats | 23/10/2006
Non non , c'est pas réac... c'est juste que... euh.. c'est un peu aggressif peut être, et aussi, manquant ... d'empathie ? pour des gens en manquant cruellement.
Résumons nous : "les gens" sont très majoritairement couillons, pour ne pas dire plus. Ils véhiculent une foultitude de lieux communs, tu l'as magnifiquement illustré. Tu as pris quelques exemples bien parlants, tu aurais pu en trouver des bien pires...
Tout ça est vrai, et sans doute en dessous de la vérité. Pourtant, tu as aussi un peu parlé des causes: "les gens" ne sont pas naturellement démeurés, ils sont lobotomisés par les médias....
Ce n'est donc pas vraiment tout à fait de leur faute. Ils ne sont simplement pas éduqués à exercer leur sens critique, ou bien ils manquent de suffisament de références, de culture, pour l'exercer, ou encore celui-ci est en sommeil.
Je reproche donc juste une seule chose à ta position : c'est un peu snob (en toute amitié je veux dire, n'y vois pas une aggression). Je préféreraiste demander : que fais-tu, toi, pour qu'ils soient moins cons, "les gens" ? (dans la vie de tous les jours je veux dire, parce que tu pourrais me répondre : mon blog ;) et tu aurais raison !
Ecrit par : iza | 15/11/2006
J'avoue qu'à la lecture de ce billet je n'ai pas trop su qu'en penser. A la réflexion, je trouve que se battre contre tous ces lieux communs que l'on véhicule c'est un peu come se battre contre les habitudes à la manière de ma copine Josy.
Parce qu'elle déteste le conformisme et mettre les choses toujours au même endroit, depuis trente ans, Josy passe une heure par jour en moyenne à chercher ses clés et ses lunettes.
Non, je trouve que certaines banalités convenues dans l'échange sont aussi pratiques que de mettre ses clé toujours au même endroit.
- "Bonjour madame Michu, un bien beau temps d'arrière saison" cela évite d'entendre la vioque parler des puces de son chien.
- "ça va? T'as endendu les déclarations de Sarko?" Ensuite on peut ne pas écouter la réponse de ce vieux militant socialiste un peu creux puisqu'on la connaît déjà.
Analyse bien la chose, tu verras à quel point les lieux communs et les habitudes font gagner de temps et de liberté d'esprit.
Ecrit par : Joël | 16/11/2006
Ah, comme cela me fait plaisir... je pensais être la seule :(
Je déteste les habitudes, je maudis la météo, j'ai du mal à entendre sans cesse les mêmes questions, les blagues inchangées, les histoires identiques, j'ai acheté ma maison, à ce taux-là, je commence les réparations, blabla...
Comme tu as raison, je m'imagine au boulot avec les éternels collègues.
En sortant de l’ascenseur, comme tous les matins à la même heure, appréhension, elle se trouve là, (comme si elle vous attendait intentionnellement). « Ça a été le trajet pour venir ? Moi, j'étais dans les embouteillages (à coup sûr, comme tous les jours) et mon mari... blabla... »
La difficulté n'est pas qu'elle effectue quotidiennement le récit entier de son existence, non.
L'ennui, sa vie ressemble jour pour jour à la même chose...
Quel intérêt de raconter sans cesse les mêmes histoires ?
Manifestement, certaines personnes éprouvent des problèmes avec leurs cartes mémoire !
Et pourtant, je suis quelqu'un de très sociable, j'adore discuter et partager avec les gens... mais il y a certains discours qui me font grimper au plafond !
À maintes reprises, j'ai eu envie de tout abandonner et filer à l'aventure... découvrir de nouvelles nations, me retrouver dans la nature avec les animaux... quitter cette société qui m'horripile graduellement !
Ecrit par : Dzir Au Féminin | 23/02/2007
En relisant ta note je constate qu'il y a un truc qui m'énerve ce sont les idées que l'on véhicule en pensant qu'elles sont originales. Par exemple, avec les sondages qui donnent Bayrou dans le pack de tête c'est impressionnant de voir toutes les analyses politiques de merde qui expliquent ce phénoméne qui était somme toute facile à prévoir il y a longtemps.
Ce qui m'énerve encore plus c'est mon beauf qui se croit original en m'expliquant ce qu'il vient de lire dans Le Point sur ce sujet.
Ecrit par : Joël | 10/03/2007




