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01/11/2006

Mobilisation pour Oaxaca

Oaxaca, partiellement occupée par les forces armées mexicaines, reste menacée d'une répression sauvage, déjà responsable d'une quinzaine de morts. Oaxaca a besoin d'un soutien international. Celui-ci s'organise : hier encore, la Commission intergalactique de l’EZLN (Zapatistes du Chiapas) a lancé un appel urgent “à mettre en place des actions de lutte pacifiques [de soutien à l'APPO]. Des prises d’ambassades, des blocages, des manifestations, des sit-in, des meetings, des actions de protestation dans le monde entier, les 1er et 20 novembre.“

suite du post repris sur le blog de Tristram Shandy (Ghosts of Weimar) 

La situation empire d'heure en heure à Oaxaca. Petit récapitulatif des évènements.

Le 15 mai, "journée de l'instituteur", commence à Oaxaca, capitale régionale mexicaine, un mouvement de revendication salariale des instituteurs. Une semaine plus tard, ce sont 70 000 enseignants qui sont en grève et occupent pacifiquement la place principale de la ville. Le 14 juin, la police tente de les déloger violemment. Bilan: 8 morts, 15 disparus. La violence de la repression radicalise le mouvement: ce sont désormais 800.000 citoyens de la province, c'est à dire près de 25% de la population, qui manifestent pour exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. Les manifestants se sont regroupés au sein de l'APPO (Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca) afin d'organiser une résistance civile non-violente.

Au mois de septembre, Carlos Beas, de l'APPO, s'exprime ainsi dans la revue CQFD: «Chaque nuit, le fantôme des communards parisiens accompagne les hommes et les femmes rebelles de Oaxaca, et il partage avec eux le mezcal des mineurs, pour le froid. Salud.»

Et pendant ce temps... tout le monde s'en bat les nageoires. Un article de Nicolas Arraitz, paru en octobre dans CQFD, résume bien la situation. Il faut attendre le 06 octobre pour que le sujet soit traité dans Le Monde, et les remarques du journaliste font froid dans le dos. On y apprend ainsi que «Plus d’un million d’élèves, en grande majorité issus de familles pauvres, sont privés d’enseignement en raison de la grève des 70 000 enseignants de l’État d’Oaxaca» et que «Les barricades érigées dans le centre-ville, jadis haut lieu touristique, et la baisse d’activité des entreprises ont déjà coûté à l’économie régionale quelque 300 millions de dollars.» En plus, ce sont de dangereux gauchistes: «Seul pouvoir réel dans la ville, comme dans une dizaine d’autres municipalités, l’Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca (APPO) a instauré sa propre police et procède à une justice sommaire. Voleurs pris en flagrant délit ou “provocateurs” soupçonnés d’agir pour le gouverneur Ulises Ruiz, dont les rebelles exigent le départ, sont exposés en place publique, mains attachées et yeux bandés.»

Du côté de Libé, c'est pas mieux: devant l'indigence des articles consacrés au sujet, les lecteurs se plaignent sur le site internet du quotidien. Et Nicolas Arraitz de commenter:

Que faire quand les lecteurs en savent plus long que le journal censé les informer ? Et la Commune de Paris, passerait-elle aujourd’hui à la télé ? Au Mexique, non contents de réinventer une démocratie vivante, les femmes et les hommes de Oaxaca ont compris que le contrôle de l’info est un enjeu crucial. Ils ont pris possession de radios commerciales et même, pendant vingt jours, de la télé officielle. Une leçon pour les futurs mouvements en France: dès que la presse commence à nous bassiner avec ses «usagers pris en otage», grévistes et usagers devraient occuper journaux, radios et télés pour reprendre enfin la parole !

 

Le 27 octobre, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait trois morts, dont William Bradley Roland, un caméraman du site Indymédia.org (une des rares rédactions à couvrir les évènements). Hier 29 octobre, les forces armées fédérales ont investi les places fortes de la ville pour déloger/arrêter les insurgés. On compte plusieurs morts. Et maintenant ?

Sources:

Carnets de nuit
Acrimed
Indymédia
Wikipédia

Voir aussi ici (intéressant dossier sur le mouvement d'Oaxaca) et (la radio de l'APPO, pour hispanophones uniquement !).

09:05 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Oaxaca

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