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22/12/2006

Voter or not voter ?

medium_Voter.2.jpgMoi je n'aime pas les moi.

Heureusement que je suis retournée dans mes archives pour retrouver le lien vers le billet où Iza avait jugé mes propos un peu snob, car j'allais vous refaire le couplet. Bah, je vous le refait car je trouve que bien trop peu de gens s'offusquent de la pensée unique et dichotomique qui propage un couple de diminutifs de deux syllabes que je me refuse à prononcer (dommage que Marianne ait gâché sa une en annonçant que son édition serait épurée de ces deux mots). Ces diminutifs n'étant pas équivalents, aucun homme féministe qui se respecte ne devrait les employer, tout comme on devrait s'abstenir d'utiliser des sobriquets absurdes pour les femmes politiques, fussent-elles présidentiables. Je sais, ça ne sert à rien de faire la morale, mais de voir ces mots repris sans discernement par mes parents, mes collègues, ne peut que m'inciter à faire encore la grêve de la non-conversation.

Le sujet du jour était le droit de vote. Acquis bien tardivement par les femmes françaises. Et il n'est pas si loin le temps où l'influence familiale décidait du vote de toute la famille (enfin heureusement il y a l'isoloir). En 1981, mes parents m'avaient obligée à aller voter, c'est pourquoi je garde toujours sur moi cette petite affichette abstentionniste. Voter, c'est pourtant assez égalitaire, puisque chacun n'a qu'une voix, enfin au moins les immigrés de deuxième, troisième ou quatrième génération... Enfin, c'est ce qu'on croit. Puisqu'on est manipulé du matin au soir par des médias aux ordres. Qui vont nous convaincre par exemple que disperser les voix au premier tour, c'est dérouler le tapis rouge au front national. Pourtant, certains pensent que le front national est le seul barrage efficace contre l'islamisme qui menace la liberté par son activisme nataliste et conquérant. Il parait que d'ores et déjà la mixité n'est plus de mise à certaines heures dans des piscines municipales laïques et républicaines.

En 2002, malgré l'hystérie collective, j'ai réussi à m'abstenir d'aller voter Le Pen. Je n'oublie pas que dans les manifestations anti-Le Pen, à Grenoble, les militants de Lutte Ouvrière qui appelaient à l'abstention, ont été neutralisés par le service d'ordre du parti communiste. Je viens d'apprendre l'échec de la candidature anti-libérale unique pour 2007.

Une lueur d'espoir cependant. Enfin, quelque chose de constructif. La proposition de Corinne Lepage d'une "surveillance citoyenne" de la tenue de la campagne, qui consisterait à relever systématiquement certains faits (avec quelle voiture se déplace le candidat, celle du conseil général ou régional, celle du ministère, ou celle du parti ? qui paye la salle des fêtes, et pour quel motif, quelle est la nature exacte du rassemblement qui s'y tient, la campagne ou une mission de service public correspondant au mandat ?) et les mettre à la disposition du public : un site collaboratif, (wiki, autre forme ?).

Tenez, pour commencer voici un lien vers un document sur le temps d'antenne des candidats potentiels.

19:00 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : election, freemen, voter, surveillance citoyenne

Commentaires

Moi ça ne me dérange pas que tu t'abstiennes si après le résultat tu te la coinces :-)

La bataille contre les diminutifs, je ne comprends pas trop... J'aime mieux ça que les trigrammes à la VGE, JFK, DSK...

Tout le monde peut pas s'appeller Vian. Le succès, disait-il, ce sera quand on dira V comme Vian en ajoutant: par chance, je ne m'appelle pas Queneau car Q comme Vian, je n'aurais pas aimé.

Ecrit par : Joël | 23/12/2006

Sur l'instrumentalisation de personnage Le Pen par les tenants de la pensée unique néolibérale (qui soit dit en passant a déjà réalisé au moins 60% du programme du dit Le Pen...):
"- et le Fascisme, Maître?
- Son fantasme sera votre meilleur serviteur. Chaque fois que le citoyen doutera de nos valeurs, vous le sonnerez comme un chien de garde. La peur du fascisme est douce à notre coeur; Elle est la clôture électrique, le leurre qui empêche les bêtes à cornes de quitter le pré."

Ceci est extrait de l'excellent, lucide, analyste et décapant (et réjouissant par son humour habile et grinçant!) petit livre : "Le Prophète du Libéralisme", publié chez "Mille et une Nuits"

Ecrit par : Roland | 25/12/2006

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