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Le Liban, point sur la situation...

Il est connu que le président du Liban est pré-élu par l'étranger et confirmé par les députés dans une élection parlementaire. Depuis l'indépendance de cette "démocratie", en 1943, les intérêts concurrents Franco-britanniques ont dû composer avec l'influence arabe croissante de l'Egypte sous Nasser, les intérêts territoriaux de la Syrie (dont les livres de géographie ne mentionnent pas le Liban), les craintes d'Israël (et de son allié américain) pour sa sécurité, la prise de conscience chiite matérialisée par le mouvement "Hezbollah", l'argent saoudien qui a fait la génération des Hariri, millionnaires reconvertis en anti-syriens...

Le Liban, seul pays arabe où le président ne meurt pas de mort naturelle*, mais où les députés-martyrs sont éliminés afin de changer la majorité. Les députés survivants (au moins 5 députés ont été assassinés depuis 2005) sont réunis en conclave à l'hôtel Phoenicia (par mesure de protection), pour élire le nouveau président qui doit prendre ses fonctions au plus tard le 23 novembre 2007 à minuit, au lendemain de la fête de l'Indépendance.

Il faut préciser que, selon la représentation des communautés religieuses en 1943, le président doit être chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite, le chef du parlement musulman chiite. En 1990, les accords de Taef ont rétabli l'équilibre par rapport aux modifications démographiques en élaguant fortement les pouvoirs du président.

L'histoire du Liban a donc vu alterner des présidents de compromis et les présidents rapidement assassinés. Les deux derniers présidents en date ont été imposés par la Syrie. Or la majorité du parlement est anti-syrienne, issue du "Mouvement du 14 mars", date du départ des troupes syriennes en 2005. 

Parmi les présidentiables, Michel Aoun ancien chef de l'armée revenu de son exil en France en 2005, a désorienté ses partisans en s'alliant au mouvement chiite "Hezbollah" pro-syrien**, afin de rallier une majorité des députés. Cette alliance n'est pas tellement contre nature lorsqu'on songe que suite aux frappes de l'été 2006***, le Hezbollah est devenu le symbole de la résistance libanaise.

Les libanais sont inquiets. Ils craignent une nouvelle guerre civile qui opposerait chiites et sunnites, chrétiens ou musulmans divisés entre opposition et pro-gouvernementaux, chrétiens et musulmans. Les troubles risqueraient d'entraîner une nouvelle invasion syrienne et/ou israëlienne, de renforcer la puissance chiite pro-iranienne de la Syrie et du Hezbollah, de menacer les forces d'interposition de l'ONU et par là même les frontières d'Israël, et de donner naissance à un islamisme terroriste.

Pourtant le président sortant a annoncé qu'il ne laisserait pas la démocratie vacante et prendrait une décision qui reflète le désir du peuple. Peut-être nommera-t-il le chef de l'armée, lui aussi chrétien maronite, comme premier ministre d'un gouvernement militaire pour assurer la transition démocratique (comme l'avait fait le président Amine Gemayel en 1988 lorsqu'il nomma Michel Aoun premier ministre). L'armée libanaise a en effet la confiance de tous les libanais, surtout après le succès de l'éradication du mouvement terroriste Fatah al Islam. 

Au soir de la 64ème fête de l'Indépendance, le dernier compromis vient d'être refusé. Et l'armée libanaise - garante de la démocratie ? - vient d'investir les rues de Beyrouth...

*pas de président à vie

**Le Hezbollah, littéralement "parti de Dieu" a été créé en 1984 suite à l'invasion du Liban par Israël, avec la volonté affichée de "créer une nation islamique sur les cendres de l'état d'Israël".

***Le Liban, grand comme un département français (10452 km2), possède officiellement 4 millions d'habitants sans compter les émigrés, les palestiniens et les syriens. Dix-sept confessions y coexistent. Du 12 juillet au 14 août 2006, le pays a subi des frappes israéliennes destinées à neutraliser le "Hezbollah".

 

 

 

 

Commentaires

  • Excellent ton article. Il clarifie bien la situation merdique de ce pays. Un fois de plus les américains ont fait le jeu des arabes en ne faisant pas pression sur Israël.

    Mais je crois franchement que la cause des chrétiens est perdue. Bush et les leaders arabes extrémistes ont voulu une croisade. Ils vont l'avoir. Et le front est au Liban entre les pro et les anti syriens. Pourvu qu'on cela ne finisse pas en massacre.

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