12/01/2010
La tomate Kokopelli chez Baumaux : hallucinant
Je relaie ici le communiqué reçu par les membres de l'association Kokopelli.
Le communiqué de Blanche Magarinos-Rey, avocate de Kokopelli, est disponible sur le blog de Kokopelli
Dans son catalogue de printemps 2010, la société GRAINES BAUMAUX propose à la vente, en page 491, un mélange de 15 variétés de tomates que son dirigeant a choisi d’appeler "TOMATE KOKOPELLI", cette appellation étant suivi d’un petit signe © indiquant qu’il est propriétaire de la marque.
Cette initiative, de la part d’un adversaire judiciaire notoire, a semé le doute et la confusion dans les esprits des adhérents, clients et sympathisants de l’association, qui ont demandé à ce qu’un éclaircissement soit donné sur la réalité de cette incompréhensible et absurde assimilation des tendances.
En effet, le procès initié depuis décembre 2005 par la société BAUMAUX contre l’association KOKOPELLI est toujours en cours. Dans celui-ci, aujourd’hui au stade de l’appel, BAUMAUX se fait redresseur de torts et, sans pouvoir démontrer aucun préjudice lié aux activités de l’association, réclame l’application stricte de la législation sur l’inscription des semences au catalogue officiel. Prenant ainsi le rôle du Ministère Public, et sortant du cadre de la concurrence déloyale sur laquelle il prétend se baser, il remet ainsi en scène le triste procès qu’a mené l’Etat contre l’association KOKOPELLI pendant plus de quatre ans, et qui s’est conclu récemment, en Cour de Cassation, par la condamnation de l’association à plus de 17.000 € d’amende.
Non content vraisemblablement des conditions d’exécution de cette condamnation, qui a vu certains membres du gouvernement qualifier de "service public" le travail de KOKOPELLI et l’Etat renoncer au recouvrement de l’amende, la société BAUMAUX réclame aujourd’hui à l’association quelques 100.000 € de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de ses activités.
C’est donc un véritable acharnement que subit ici, par ce nouveau procès, l’association KOKOPELLI.
Mais le dépôt de la marque "TOMATE KOKOPELLI" par son propre adversaire constitue une étape nouvelle dans cette croisade contre le travail de diffusion de la biodiversité agricole et de l’autonomie semencière que réalise l’association.
Or, renseignements pris auprès de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle, le dépôt de la marque "TOMATE KOKOPELLI" par la société BAUMAUX remonte au 31 octobre 2007, soit lorsque le procès initié par celle-ci battait son plein en première instance.
Pour cet enregistrement de marque, la société BAUMAUX ne pourra dès lors pas arguer de sa bonne foi, c’est une évidence. Pire encore, réalisé dans l’intention de nuire, il doit être considéré comme frauduleux, au sens de notre jurisprudence en la matière.
Mais ce qui est plus grave, dans la mesure où l’association KOKOPELLI bénéficie, à n’en pas douter, d’une « marque notoirement connue », cet enregistrement est également constitutif d’un acte de contrefaçon, qui est un délit pénal puni de quatre ans d’emprisonnement et de 400.000 euros d’amende.
On s’interroge donc sur les raisons qui ont poussé la société BAUMAUX à de telles extrémités.
En définitive, cette démarche outrancière s’apparente à de la provocation pure et simple, à laquelle le pacifisme de KOKOPELLI hésite à répondre. Cependant, la société BAUMAUX a peut-être prévu, dans le cadre d’une nouvelle procédure judiciaire, d’interdire à l’association d’utiliser sa propre dénomination…?
Enfin, et pour couronner le tout, il est encore affligeant de constater que la marque déposée par BAUMAUX l’a été pour deux catégories : les semences, d’une part, et les produits "phytosanitaires", de l’autre.
Alors, Monsieur BAUMAUX, pour quand avez-vous programmé la sortie des "Pesticides KOKOPELLI"?
Blanche MAGARINOS-REY.
Avocate au Barreau de Brest
Lire un article précédent sur les soucis de l'association Kokopelli, qui se charge de préserver les semences et la biodiversité.
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30/12/2009
La haine de l'Occident
Jean Ziegler, professeur de sociologie à l'Université de Genève dénonce l'amnésie, le mépris, le cynisme, les comparaisons indécentes autour de pratiques abjectes qui ont déshonoré et déshonorent l'humanité et dont s'abreuve la haine de l'occident.
Un pas est franchi dans l'escalade de l'horreur, de l'indicible, de l'impensable lorsque le dumping agricole et la spéculation provoquent des émeutes de la faim, lorsque 2,2 milliards d'humains connaissent la pauvreté absolue, lorsque 37 millions meurent de la faim et de ses conséquences (2007), et 6 millions d'haïtiens en sont réduits à manger des galettes de boue.
Impitoyablement, Ziegler cite nombre de génocides qui concernent des millions d'individus : "Sans Auschwitz, les européens n'auraient jamais su ce qu'ils ont fait aux africains".
L'Occident est schizophrène et par une curieuse "éclipse de la raison", sa pratique dément constamment les valeurs qu'il proclame. Les rédacteurs des droits de l'homme eux-mêmes étaient esclavagistes et colonialistes, deux situations à l'origine de "cruautés si grandes qu'on n'oserait pas les imaginer". Ce ne sont qu'actes d'horreur, tortures monstrueuses, férocité sans mesure, viols, indicibles turpitudes, épouvantables massacres, mises aux fers, mains coupés, viols, répression impitoyable, terreur coloniale, villages brûlés, enfumades, ratonades, viols, sources empoisonnées, punitions mutilantes, chasses à courre génocidaires...
Il existe une filiation abominable entre tous les systèmes d'exploitation et d'oppression. Les esclavagistes ne sont pas morts, ils se sont transformés en spéculateurs boursiers. Sous prétexte de partenariat économique, l'occident pratique le dumping agricole, impose la suppression des protections douanières, continue de piller les sous-sols. C'est le capitalisme et ses oligarchies locales (Chine, Inde) qui règne par la corruption, organise des guerres, paie des sociétés de communication pour colporter des mensonges d'état comme dans l'exemple de la cécession du Biafra, provoque faillites, suicides, immigration, bidonvilles, rapts d'enfants, prostitution, chômage et désespoir, pollution, abolition de la protection sociale, répression, conditions de travail inhumaines, racket policier, extorsions, enlèvements, vols, assassinats, rapts et esclavage d'enfants.
Y a-t-il un espoir ? Peut-être mais il est fragile. L'auteur explique comment Evo Morales, le premier président indien de la Bolivie, a réussi à mettre fin à l'état colonial est à se réapproprier le pétrole et le gaz. Il se heurte à de nombreuses oppositions dont celle des oustachis (descendants des SS en fuite).
En attendant l'Occident bien pensant, menace d'utiliser l'arme atomique pour punir les pays qu'il a conduits à violer les droits de l'homme.
commentaire du livre de Jean Ziegler, Albin Michel
les expressions entre guillemets sont des citations trouvées dans le livre
18:09 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/05/2009
Décroissance, transports, déchets et journaux gratuits
Bonjour, bonjour, je vis mon petit bonhomme de chemin, sans guère de possibilité de décroître davantage depuis mon abonnement transports en commun (j'habite en province). Je compte sur la crise économique pour limiter le réchauffement climatique.
Je vis la solidarité avec ceux qui n'ont pas d'autres choix que de subir jour après jour les prises d'otages des grêves aux heures de pointe (alternent au fil des jours un tram sur deux puis sur trois puis sur quatre, etc...). Les utilisateurs sont d'une patience et d'une résignation exemplaires !
Je m'interroge parce que les utilisateurs de transports en commun se voient remettre une lecture obligatoire, un journal gratuit !
J'ai jusqu'ici refusé d'un non merci poli mais une conversation a suscité mon intérêt :
- il faut les prendre et les jeter, car les personnes qui distribuent, quand elles ont fini leur pile, elles peuvent partir !
J'ai remarqué aussi que certaines sociétés de publicité emploient des handicapés pour distribuer leurs prospectus, et ça me fait très mal au coeur de refuser à ces employés leur gagne-pain. Je soupçonne les sociétés d'exploiter la corde sensible !
J'ai donc décidé de ne pas prendre ces lectures.
Par ailleurs, j'ai constaté que l'autocollant anti-pub de ma boite aux lettres a peu d'effet puisque les piles publicitaires sont déposées sur une tablette.
Et enfin en effet, le rapport du CNID m'apprend que pour l'éco-recyclage, c'est loin d'être gagné !
Au fait, je suis adhérente au CNID (Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets), que j'ai découvert en lisant la liste des projets financés par la NEF !
Tout cela pour vous dire que l'ami Aureliano vient de pondre des nouvelles pas très très bonnes sur la situation du capitalisme mondial !
22:21 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : transports en commun, tri des déchets, manipulation
18/01/2009
Bilal sur la route des clandestins
A la roulette de l’immigration clandestine, il est encore possible de gagner un certificat d’expulsion qu’il suffit de déchirer. Pour des centaines de milliers d’africains, le chemin vers le bon côté du monde passe par Agadez au Niger, traverse le désert du Ténéré pour rejoindre la Libye, puis la Tunisie et enfin l’Ile de Lampedusa ou la Sicile. Dans ce voyage, il y a tant d’occasions de tout perdre y compris la vie : tomber du camion surchargé, que le camion préhistorique soit victime d’une avarie, être dépouillé par les policiers nigériens qui réclament un droit de passage aux « riches » qui possèdent les quelques 3000€ nécessaires, être abandonné en plein désert… On se retrouve stranded* à Agadez ou à Dirkou sans possibilité d’aller plus loin ni de revenir sur ses pas. Un simple coup de téléphone, on ne peut se le permettre quand on vend ses vêtements pour survivre en buvant de l’eau sucrée, ou quand on se loue comme esclave sans salaire…
En 2004, la Libye, dont le sous-sol contient de précieux gisements de gaz**, devient amie avec l’Italie et une coopération se met en place pour lutter contre l’immigration clandestine et organiser le rapatriement vers la case départ. C’est alors une véritable chasse à l’homme noir qui se met en place en Libye, touchant aussi les immigrés en règle. Au lieu d’un rapatriement en avion vers leur pays d’origine, les noirs sont déportés dans des camps de concentration dans le désert, torturés, affamés, dépouillés, prostituées, jetés sans eau dans des camions de rapatriés « volontaires ». Le trafic tourne désormais dans les deux sens, sur des pistes parallèles au circuit de la cocaïne (Colombie, Brésil, Nigéria, Niger, Libye, Europe, Etats-Unis), lequel utilise des camions dans un état impeccable : la marchandise, on ne peut pas se permettre de la perdre comme un clandestin qui a payé d’avance !

En 1992, la mairie de Milan a fermé son zoo, jugé contraire aux droits des animaux. Fabrizio Gatti est l’un des rares journalistes à avoir séjourné dans la cage de Milan, via Corelli, construite en 1999, et dans celle de Lampedusa. Lampedusa est le point de l’Europe le plus proche de l’Afrique et les garde-côtes y recueillent des centaines de naufragés par jour, entassés dans des canots pneumatiques aux moteurs rafistolés, ou dans des épaves de barques payées à prix d’or.
L’auteur raconte que selon la rotation des équipes de gardiens, le traitement des clandestins peut être infiniment humain, ou plutôt fascisant avec des violences et de la corruption. S’y organisent les trafics de cigarettes et de cartes téléphoniques sensées être fournies aux immigrants. L’argent des mineurs est confisqué, et le circuit retour (passant par d’autres cages plus perméables) est aménagé pour les passeurs.
Pendant ce temps, 5000 égyptiens (l’Egypte à la différence des pays africains, recense ses ressortissants) ont disparu en quelques années : on suppose qu’ils se sont noyés en empruntant une route maritime plus longue, vers la Grèce !
Que faire ?
C’est un ancien clandestin, qui parle :
« Pourquoi l’Europe ne fait pas pression sur nos pays pour qu’ils nous accordent plus de libertés… J’arrêterai jamais d’aimer votre liberté : c’est pour ça, je le jure, que je reviendrai en Italie »
*échoué
**qui alimentent aussi la France
10:48 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : trafic d'immigrés, immigration clandestine, libye
01/08/2008
Une vérité qui dérange… encore plus…
Voici un résumé de la Conférence de Jean-Marc Jancovici disponible en vidéo [lire l’introduction de Thierry Meyer]
La population mondiale est passée de 0,5 millions à 6,7 milliards en un siècle (depuis la révolution industrielle). La consommation d’énergie en tep/habitant a été multipliée par 8. (Remarque : elle a été multipliée par 3 dans les 30 années appelées les « 30 Glorieuses » de la croissance économique). [Remarque : 1 tep (tonne.équivalent.pétrole)= 11 600 kWh]
Ces 2 paramètres : population et consommation d’énergie exercent une pression sur l’environnement, dont l’ordre de grandeur est sans commune mesure avec celle des siècles passés. En effet, l’énergie finit sous forme de CO2 et les émissions de CO2 augmentent en parallèle à la croissance économique (et diminuent pendant les récessions !). La moitié du CO2 persiste dans l’atmosphère et il faut 1000 ans pour l’éliminer totalement. IL est responsable de l'effet de serre et du réchauffement climatique. Du fait de sa persistance, il faudrait diminuer par 2 les émissions actuelles pour stabiliser la situation. L’augmentation de température moyenne à prévoir est de 2° si et seulement si les émissions de CO2 restaient constantes et pourrait atteindre 4 à 5°C supplémentaires (ce qui correspond à l’augmentation depuis la dernière glaciation) si l’on essayait d’assurer à 10 Milliards d’individus le niveau de vie d’un polonais.
La limitation des rejets de CO2 se produira forcément tôt ou tard du fait de l’état limité des ressources énergétiques.
Les débats sur les ressources énergétiques et sur le changement climatique sont donc liés. La question n’est pas de savoir s’il y aura épuisement de ces ressources mais quand.
L’extrapolation de la courbe de découvertes de réserves de pétrole permet d’évaluer l’emplacement du pic de pétrole avant 2015 (données glanées par « Janco » à la cantine de Total). Divers scénarios sont possibles selon les investissements et le coût consenti pour déplacer le pic (recherche de gisements, amélioration de l’extraction, etc…). On pourrait déplacer le problème - d’une génération seulement (pic vers 2050) - en forçant sur l’utilisation du charbon comme source d’électricité, ce qui empirerait le réchauffement climatique. Remarque : tous les scénarios reposent sur l’hypothèse (erronée) qu’aucune catastrophe ne se produira d’ici au terme du scénario.
A ne pas gérer volontairement le problème, on s’expose à des risques +++. Il est malheureusement possible que la combinaison d’une récession massive et d’une pression environnementale accrue ait un effet sur la population (instabilité politique, guerres, famines…). Noter par exemple une corrélation entre le prix du pétrole et le chômage l’année suivante. Noter également que la dette de la France date du 1er choc pétrolier. Au passage, Jancovici qui est connu comme pro-nucléaire, ne considère pas l’énergie nucléaire comme solution-miracle (problème d’échelle de grandeur dit-il).
Que faire ?
Le PIB ne prévoit pas de "dotation aux amortissements" pour la consommation des ressources naturelles lors de la production de produits manufacturés. Ni de "provision pour risque". Il est impératif de changer d'indicateur, et de réintroduire le prix énergétique dans le prix des produits manufacturés.
Avoir conscience que le « droit à émettre » devrait être divisé par 4 pour un français et que ce droit est épuisé en un seul vol Paris/New-York, ou si l’on achète un ordinateur (coût énergétique de fabrication), ou si l’on persiste à se déplacer en voiture en ville…
18:28 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Jancovici, croissance énonomique, pic pétrole, épuisement ressources, réchauffement climatique
15/07/2008
Ecotaxe volontaire sur les objets inutiles
Le débat qui se noue sur le ning Freemencafé aborde entre autre la remise en cause de la croissance.
Comme la vie est bien faite finalement : le prix du baril de pétrole s'envole, ce qui devrait forcément limiter les émissions de CO2 ! Devant mon immeuble, il n'est plus difficile de trouver une place de parking, le nombre de voiture a diminué. Une valeur sûre se dessine pour la bourse qui s'effondre : l'industrie de la bicyclette.
Le pouvoir d'achat est le mot-clé de l'été et Jeffe nous rappelle que pour un quart, il sert à financer des objets inutiles [Lire Société de l'inutile].
Alors suivant l'exemple de mes amis de Vie Rurale, des décroissants purs et durs qui se taxent de la valeur de leurs achats de carburant, je propose une écotaxe volontaire sur les objets inutiles.
Ainsi je me taxe de l'équivalent de sa valeur si d'aventure je voulais changer mon ordinateur portable qui est comme neuf depuis qu'il a crashé et que je lui ai lifté le disque dur, si je changeais mon téléphone portable pour un autre qui me plaît bien parce que j'ai des points à dépenser en renouvellement, si je cédais à la pulsion de l'écran plat pour ma petite télévision qui ne sert jamais de télévision, ou si je voulais changer ma voiture alors que je n'ai pas besoin de voiture...
Je jure de payer double si j'achète un parfum avec son monstrueux emballage, si je craque pour une chemise Ushuaia à 65€, si je raffle deux paires de chaussures parce qu'elles sont en solde, si je me laisse aller à vouloir des baskets... bleues comme les coureurs du tour de France, ou un manteau en cuir...
Je me taxe d'un euro si j'ai honte de refuser le sac que me propose le commerçant (une petite voix me susurre que c'est sa publicité !), si je vais au supermarché sans mon cabat, si je me laisse tenter par une offre trois pour le prix de deux, si j'accepte un de ces objets cadeaux envoyés avec les catalogues, en plastoque et qui fonctionne à piles, ou un échantillon gratuit, ou si je me laisser refiler de ces "menus formules" au soda obligatoire qui vous mènent tout droit au Slim fast, ou un produit qui nettoie tout seul...
Vous suivrez ces péripéties dans ma nouvelle tirelire virtuelle...
22:25 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : société de l'inutile, chemise Ushuaïa, écotaxe volontaire
24/04/2008
L'apartheid palestinien
Cette ville nouvelle qui défigure la terre promise, c'est cela une colonie ! 
Deux millions de juifs y vivent désormais, pour les 4/5 plus par incitation économique que par conviction idéologique. Ils quittent le matin ces villes-dortoirs pour rejoindre leur lieu de travail en empruntant des couloirs autoroutiers sécurisés palestinian-free. Et reviennent le soir profiter du beau paysage et des piscines sans se préoccuper des maisons et des cultures palestiniennes détruites par la progression du mur.
L'implantation des colonies a été pratiquée depuis 1977 par tous les gouvernements israëliens successifs comme une politique du "fait accompli" visant à morceler et amputer les territoires palestiniens de Cis-Jordanie et à interdire de facto la possibilité d'un état palestinien autonome. En 2002, l'apartheid a été matérialisé par la construction du mur dont la longueur est deux fois celle de la frontière car elle serpente pour englober les colonies, détruisant les oliviers et les moyens d'irrigation, coupant en deux des terres agricoles, séparant les enfants de leurs écoles, et bientôt modifiant la population de Jérusalem puisque les palestiniens n'auront plus la possibilité de s'y rendre.
A Hébron, lieu autrefois touristique qui abrite le tombeau des patriarches, 450 000 colons idéologiques pour qui sionisme égale colonisation, violents, intégristes et armés, protégés par l'armée, ont choisi de s'implanter au contact de 150 000 palestiniens, pour les chasser par la violence, l'intimidation, et les exactions de toute sorte (incendies, coups, humiliations, meurtres impunis, au fait ça ne vous rappelle aucun pogrome ?). Les journalistes ne s'aventurent pas de peur d'être lapidés, la police elle-même a peur des colons, seuls certains soldats écoeurés de s'entraîner à tirer à vue sur des cibles inoffensives ont rompu le silence. Les rues du ghetto sont réservées aux israëliens, les palestiniens subissent mille vexations sous prétexte de couvre-feu aux 180 points de contrôle.
C'est le documentaire de Mohammed Alatar : "Le mur de fer", qui m'inspire cet article.
Je suis aussi en train de lire un livre qui fait la lumière sur l'expulsion des palestiniens peu après la naissance de l'état d'Israël en 1948*. J'y ai appris notamment qu'au départ, deux états, un état israëlien et un état palestinien, avaient été créés par l'ONU. Le saviez-vous.
* source Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) de Dominique Vidal et Sébastien Boussois, Les éditions de l'atelier
23:05 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : apartheid palestinien, mur de protection, colonies israëliennes, cis-jordanie
07/03/2008
Peut-on encore sauver Ingrid Betancourt et les autres otages de Colombie ?
Au lendemain des 2.200 jours de prise d’otage d’Ingrid, le Comité de soutien tient à faire part de sa position quant à plusieurs informations qui nous sont parvenues.
Nous avons pris connaissance des déclarations de Rafael Correa, le président équatorien, où il explique que l’attaque contre Raul Reyes a saboté l’espoir d’une libération d’Ingrid et de 11 otages, en mars. Le Comité de soutien n’a pas de mots pour exprimer sa déception et sa désillusion : quand la porte de sortie était grande ouverte, des intentions obscures ont préféré la claquer violemment et avec fracas. Or, nous n’avons plus de temps à perdre avec ce type d’attitude peu propice alors qu’Ingrid et d’autres otages sont en train de mourir.
D’autre part, nous avons également lu les documents récupérés sur l’ordinateur de Raul Reyes. Si nous ne doutons pas de leur authenticité, nous tenons à attirer votre attention sur les propos du guérillero à l’égard d’Ingrid : il en parle comme d’une femme « volcanique et grossière » vis-à-vis des FARC, la considère comme un « point noir » car elle sait manier « l’art de l’image et de la sémiologie ». Visiblement excédé par Ingrid, Raul Reyes semble surtout dépassé. Nous nous réjouissons de ces propos qui montrent combien Ingrid est fidèle à elle-même : plus qu’une combattante, elle est une armée à elle toute seule qui ne baisse pas la garde face aux FARC. En dépit qu’elle soit sur le point de mourir, les FARC ne parviennent pas à la dompter.
Vidéo : L’Appel de Lorenzo Betancourt : Maintenant ou jamais !
La Journée de la Femme dédiée à Ingrid : organisez vos actions
Participez aux actions organisées en France et dans le monde
Mobilisez-vous pour la libération des otages restés aux mains des FARC
Vous aussi, affichez votre soutien :
| Signez la pétition en ligne et transmettez le lien à vos proches | |
| Téléchargez la pétition et imprimez-la : faites-la signer autour de vous, proposez-la à vos mairies et commerçants | |
| Affichez votre soutien en portant le badge ou le t-shirt de solidarité |
08:21 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Colombie, otages, Ingrid Bétancourt
18/02/2008
Cri de colère et de détresse, cri de révolte !
- Laure Véziant professeur des écoles à Montélimar -
Je suis la maîtresse de Gevorg, le fils de Karin et Armen, qui est arrivé en Cours Préparatoire dans ma classe l'an dernier.
Je suis la maîtresse de Gevorg qui a disparu de ma classe vendredi 16 novembre en laissant toutes ses affaires, même ce gros bâton de colle dont il est si fier.
Je suis la maîtresse de Gevorg et d'autres encore dans la même situation, qui voient sa chaise vide tous les jours et qui savent que leur tour peut arriver.
Je suis la maîtresse de 22 enfants de 6 ans qui apprennent qu'en France un enfant peut être obligé de s'enfuir de nuit avec sa famille parce qu'il n'est pas français.
Je suis une maîtresse qui doit enseigner à 22 enfants, qu'on est tous égaux, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, que les lois sont faites pour nous protéger, que c'est ce qu'on appelle les droits de l'homme dont on est si fiers en France.
Je suis une maîtresse qui doit arriver à faire comprendre à 22 enfants que l'on doit résoudre les problèmes en s'expliquant, et que lorsqu'on est dans son droit on sera écouté et protégé... « parce que c'est ça la justice, hein maîtresse ? »
Je suis la maîtresse d'autres enfants sans papiers qui me regardent faire l'appel sans Gevorg et qui continuent à apprendre à lire dans la langue d'un pays qui ne veut pas d'eux.
Je suis une maîtresse parmi tant d'autres qui devraient tous les jours essayer d'expliquer l'inexplicable, accepter l'inacceptable, et ravaler cette rage et ce dégoût d'être la fonctionnaire d'un Etat qui mène une chasse à l'homme abjecte et dégradante.
Aujourd'hui je voudrais vous faire comprendre à quel point mes collègues et moi-même sommes choqués par ces drames humains, par cette politique de chiffres, de pourcentages et de quotas appliquée à des personnes, des hommes, des femmes et des enfants.
Je voudrais vous faire comprendre à quel point cette souffrance engendrée par cette politique, devient ingérable, insupportable pour nous, comme pour les enfants et les familles concernées. Je voudrais vous dire à quel point nous avons mal devant ces bureaux vides, ces cahiers abandonnés et ces stylos que personne ne vient réclamer.
Je voudrais vous dire à quel point j'ai peur d'arriver en classe et d'avoir perdu Gevorg ou Alexandre ou un autre encore, parce que, non, ce ne sont pas des numéros ou des quotas, mais parce que je les connais, je connais leurs sourires, je connais leurs yeux.
Nous n'en pouvons plus de nous taire et de voir des familles en danger rejetées en toute connaissance de cause ! Nous n'en pouvons plus de nous demander en permanence ce qui va leur arriver là bas !
Nous ne voulons plus être complices de non assistance à personne en danger.
Je voudrais vous faire partager cette réflexion de William Faulkner :
" Le suprême degré de la sagesse est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu'on les poursuit." Alors merci à tous d'être là et de partager le rêve de Karin, Armen, Alexandre, Gevorg et Grigory leurs enfants : Vivre sereinement auprès de nous, venir chaque matin à l'école, et que ce rêve, avec eux et avec tous ceux qu'on veut chasser hors de notre pays, on ne le perde pas de vue.
Amour et respect
(à diffuser sans modération, j'ai pu lire ce texte grâce au blog : C'est quand le bonheur ?)
07:55 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chasse à l'enfant, quotas
26/01/2008
Agir ensemble pour un autre monde le 26 janvier
Journée mondiale de mobilisations et d’actions
26 janvier 2008
Nous sommes des millions de femmes et d’hommes, d’organisations, de réseaux, de mouvements et syndicats de tous les coins de la planète, régions et villages, zones rurales et urbaines, de tous les peuples, de tout âge, culture et croyances unis par la ferme conviction que
UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE
Riches de nos diversités, de notre pluralisme, de nos alternatives et propositions, nous luttons contre le néolibéralisme, la guerre, la colonisation, le racisme et le patriarcat qui génèrent violence, exploitation, exclusions, pauvreté, faim, désastres écologiques et négations des droits humains.
source : A tous les hommes libres...
Nous avons commencé à changer le monde en écrivant dans nos blogs d'autres vérités que celles que nous assènent les médias, en exerçant notre esprit critique acquis au contact d'autres hommes et femmes libres, en relayant les articles qui nous semblent vrais, en nous mobilisant sur des actions comme celle du jour dans la mesure de nos possibilités, en parrainant une semence libre de l'association Kokopelli, ou en écrivant sur Indymedia qui respecte la liberté d'expression en modérant a posteriori.
Nous le changeons dans notre vie quotidienne, en modérant notre production de CO2 dans les transports en commun, en nous aguerrissant par des jeûnes militants en vue d'actions futures, en apprenant à ne pas manger plus que notre part de viande, en privilégiant la consommation de produits locaux grâce à Court-circuit, en recyclant grâce à Freecycle, en consultant la barre d'outils Ecolo-info de notre Firefox, en adhérant au CNIID, une association d'information sur les déchets.
Nous repérons les caméras de vidéo surveillance, sommes déterminés à refuser les prélèvements d'ADN, nous contestons l'autorité jusqu'à ce qu'elle fournisse la preuve de sa légitimité, ce qui est une définition de l'anarchie. Conscients de nos privilèges, nous sommes disposés à les partager en tirant un trait sur notre racisme ordinaire.
Nous oublions nos cartes d'identité pour être tous des sans-papiers.
Nous suivons les soubresauts du capitalisme financier moribond sur les Carnets Politiques, et nous agrégeons le flux RSS de La fin du capitalisme pour connaître l'avis du camarade Aureliano. Nous ne faisons pas confiance aux banques qui prêtent aux marchands d'armes de l'argent qu'elles n'ont pas, nous voulons destiner nos économies à des actions solidaires et c'est pour cela que nous nous intéressons à une autre banque, la NEF, qui permet de renoncer à ses intérêts pour des associations de notre choix. Ou alors, nous donnons directement nos économies à l'AUTRE, celui dont le cv n'a qu'un défaut, le pays de naissance !
Maintenant il nous faut quitter le cocon douillet du monde des convaincus et le confort de l'internet, et aller au contact des milliards de personnes qui n'ont pas encore ouvert les yeux, et qui ont des arguments à nous opposer. Nous devons apprendre à assumer nos idées sans rompre d'emblée le dialogue, à faire un bout de chemin vers la négociation, à nous parler sans nous agresser, à affronter l'opposition parfois violente, la critique. Cet après-midi je participerai au rassemblement anti-guerre de la place Félix Poulat à Grenoble dans le cadre de la journée d'action d'aujourd'hui (évènement trouvé sur le site du Forum Social Mondial). Demain je continuerai à dialoguer sur le thème du conflit israëlo-palestinien avec mon amie juive.
Au rassemblement anti-guerre, j'ai eu le bonheur (et les larmes qui vont avec) de découvrir : la chorale des barricades.
09:25 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : un autre monde, 26 janvier 2008, Forum Social Mondial





