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Oaxaca

  • Souscription café zapatiste

    Les zapatistes (si vous ne savez pas qui ils sont c'est que vous ne suivez pas) vendent leur café par souscription.

    Livraison par bateau et non pas par avion. Distribution à Paris et Bruxelles, et livraison prévue en province.

    Attention, il n'y en aura pas pour tout le monde, bon de commande valable jusqu'à la fin décembre ici.

    En attendant, n'oublions pas Oaxaca :

    Le mardi 19 décembre, il n'y aura pas de rassemblement, car appel de Marcos pour un rassemblement partout dans le monde le 22 décembre. (départ de Beaubourg en direction du Consulat). 

     

  • Oaxaca ne se rend pas

    30-11-06 (source : Chroniques du Mexique en lutte)

    Repli de l’APPO et menaces sur les prisonniers

    En raison des nombreuses arrestations des derniers jours, la barricade du carrefour Cinco Señores, dernière barricade d’Oaxaca, qui défendait notamment l’accés à l’université, est restée sans défenseurs durant la nuit du 28 au 29, de sorte qu’à 4 heures du matin des bulldozers sont arrivés, accompagnés d’une centaine de nettoyeurs et défendus par une vingtaine de camionnettes de policiers fortement armés ; ils ont complètement démembré la barricade et dégagé les dernières routes coupées, annihilant ainsi une occupation qui durait depuis six mois. Dans l’après-midi du 29, comme un groupe important de policiers se massait devant la porte de Radio Universidad, les membres de l’APPO qui émettaient encore ont préféré remettre la radio entre les mains de l’Universtité plutôt que de laisser la police s’en emparer par la force. La PFP occupe désormais toute la ville. Toutes les maisons sont systématiquement fouillées à la recherche d’activistes. La criminalisation du mouvement entre dans sa phase judiciaire avec des centaines d’inculpations pour délits de droit commun tels que : dégradations, vols, destructions de bâtiments publics, etc.

    Manifestation du 2-12-06 (source : Indymedia Liège)

    medium_manif2dec.3.jpg 

    Oaxaca ne se rend pas

    Noticias 4/12/2006
    http://www.noticias-oax.com.mx/articulos.php?id_sec=1&id_art=49299&id_ejemplar=1296
    (trad. Tonton)

    Le peuple a vaincu sa peur de la répression et a osé hier descendre dans les rues pour demander la destitution du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, le départ de la Police Fédérale Préventive (PFP) et la libération des "prisonniers politiques".

    Malgré les forces fédérales patrouillant sur le trajet [Ndt : de la manifastation] et la présence évidente de policiers locaux habillés de civil, au moins cinq mille personnes, notamment des instituteurs/professeurs et des membres et des sympathisants de l'Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca (APPO), ainsi que du Comité de Familiers des Prisonniers, des Disparus et des Victimes du conflit, ont marché depuis l'Institut Étatique d'Education Publique d'Oaxaca (IEEPO), sur la Route "Cristóbal Colón" jusqu’à la Place de la Danse, criant des slogans et chantant des cantiques.

    "Il est tombé, il est tombé, Ulises est déjà tombé!": "Epaule contre épaule, coude contre coude, l'APPO, l'APPO, l'APPO, nous en sommes tous!": "Oaxaca n'est pas un cartel, c’est une Armée": "Ils les ont pris vivants, nous les voulons vivants !" et : "Les prisonniers de Nayarit, nous voulons les voir ici!".

    Que vive Oaxaca  par Raoul Vaneigem Le 28 novembre 2006 (source rebellyon.info)

    On sent que la lutte d’Oaxaca est à un tournant. Le gouverneur tyran Ulises Ruiz dit qu’il a repris les choses en main. La répression est à son comble avec son lot d’assassinats, d’arrestations, de personnes blessées, torturées, de personnes disparues... Raoul Vanegeim insiste pour que nous apportions notre soutien le plus fort possible à cette lutte.

    Il existe aujourd’hui, dans un monde dominé par la lâcheté, la résignation et la servitude volontaire, une ville et une région résolues de résister à un gouvernement local et mondial qui ne connaît d’autres lois que celles de la corruption et du profit.

    Depuis plusieurs mois, la population d’Oaxaca refuse les diktats d’une administration corrompue, qui n’hésite pas à tuer les opposants à sa politique de malversation. Le mouvement n’a cessé de se développer et a donné naissance à une assemblée populaire, encore noyautée par la vieille politique clientéliste, mais qui s’oriente de plus en plus vers un refus de tout pouvoir et vers une priorité : améliorer la vie quotidienne des enfants, des femmes et des hommes.

    J’appelle à se manifester en faveur d’Oaxaca celles et ceux qui n’ont d’autre force que leur volonté de vivre, car c’est de là que vient aujourd’hui la seule pensée qui ne soit pas à la botte des commanditaires du marché planétaire.

    Je les appelle à défendre par tous les moyens de leur inventivité la libre Commune d’Oaxaca afin qu’en son assemblée populaire se développent la démocratie directe et la pratique autogestionnaire que les barricadiers, la population urbaine et les communautés paysannes indigènes sont en train de consolider.

    Je les appelle à alerter toutes les forces vives, qui peu à peu
    s’éveillent pour sortir des millions d’êtres humains du cauchemar que fait peser sur eux le totalitarisme économique. Il faut empêcher que le gouverneur Ulises Ruiz et ses tueurs, soutenus par Fecal (Felipe Calderon), le nouveau président du Mexique, n’écrasent l’expérience d’autonomie régionale - urbaine et paysanne - qui s’esquisse dans la lignée de la Commune de Paris et des collectivités andalouses, aragonaises et catalanes des années 1936-1938.

    Ce qui se passe à Oaxaca est un espoir pour tous ceux qui désespèrent d’accéder à une existence, digne de ce nom, sous le joug du capitalisme financier réduisant la vie et l’environnement à une marchandise.

    Souvenons-nous ! C’est une prise de conscience mondiale qui a aidé le mouvement zapatiste encore fragile à échapper à la répression du gouvernement et de son armée, en janvier 1994 et en février 1995. Ce que les zapatistes ont réussi pour les communautés paysannes indigènes du Chiapas, la population d’Oaxaca est en train de le tenter en milieu urbain. L’enjeu est considérable. Faisons en sorte que se conforte la chance d’instaurer la Commune d’Oaxaca, car cette chance est la nôtre, celle de l’émancipation existentielle et sociale qui nous tient à cœur.

  • La fièvre monte à Oaxaca

    ... mais les médias n'en parlent pas.

    L'insurrection a commencé en mai suite aux revendications salariales des instituteurs. Répression, insurrection, et notamment à Oaxaca où des barricades se sont élevées. Luttes contre les milices paragouvernementales, meurtres, et exactions en tous genre, comme il se doit.

    Vous pouvez suivre les évènements sur Carnets de Nuit.

    Ou si vous parlez l'espagnol, sur le site du journal La Jornada.

    Ce lundi 20 novembre : 

    A Paris, un rassemblement est prévu, à partir de 18h30, sur le parvis de Beaubourg.
    A Lyon, rassemblement à 18h, place de la Comédie.
    A Rouen, le rendez-vous est à 18h30, au Théâtre des Arts.

  • Hommage à Brad Will Roland, journaliste d'Indymedia, mort à Oaxaca

    medium_bradwill.pngMon ami Brad Will (Roland) a été tué par balle à Oaxaca

    (par David Rovics) 31-10-2006 (traduction perfectible)

    Brad Will était un ami cher, et un vrai révolutionnaire. Il est mort de la même façon que d'innombrables et incomptées belles personnes sont mortes dans les siècles récents -- il a été atteint à la poitrine par des paramilitaires de droite. Il filmait la scène près d'une des centaines de barricades qui ont bloqué la ville d'Oaxaca depuis juin dernier, quand le gouverneur a essayé de rendre hors la loi l'expression publique des dissidents, jetant ainsi une allumette historique de plus sur un baril de poudre de plus.

    Brad personnalisait l'esprit d'Indymedia. Non seulement il couvrait des histoires que la presse "courante" ignore, comme ce moment excitant, violent et révolutionnaire qui a attrapé Oaxaca il y a plusieurs mois maintenant. Brad ne risquait pas sa vie pour avoir un bon tirage d'une confrontation sur une barricade parce qu'il pourrait avoir une photo sur la couverture d'un journal, avoir quelque célébrité et argent (peut-être pourtant mérités) -- il postait ses communiqués sur Indymedia, gratuitement.

    C'est sûr, Brad filmait pour couvrir l'histoire mais il était là bas aussi pour faire l'histoire. Brad savait qu'une caméra est une arme, ou au moins une espèce de bouclier, et qu'elle pouvait parfois servir à désescalader une situation, à protéger les gens contre le viol, les coups, les meurtres. Et Brad savait que si les média indépendants ne documentent pas l'histoire, personne d'autre ne le ferait.

    ...

    Brad a été un radical longtemps avant que ce soit à la mode aux US (avec les deux manifestations à Seattle), et longtemps après que ce ne soit plus à la mode là-bas (11 septembre 2001). Les formes tactiques et politiques pour lesquelles le mouvement pour la justice globale est devenu connu étaient pratiqués par des gens comme Brad dans les mouvements de "squatters" à New-York City et dans le mouvement radical environnemental sur la côté ouest dans les années 1990. Brad était à ces deux endroits et dans beaucoup d'autres. Brad était quelque part près de la base de nombreuses autres institutions anarchistes récentes -- "de la nourriture pas de bombres", "masse critique", "réclamez les rues", "guerilla plus de jardins", "Indymedia". Il voyait les connections, comprenait profondément le concept "des commons", et y alla, comme activiste, video-journaliste, musicien et "pompomboy".

    Je n'ai jamais connu le nom de famille de Brad jusqu'à ce qu'il soit tué. Pour moi c'était juste Brad. Je ne me rappelle pas avoir parlé beaucoup avec lui à propos de son passé, de où il a grandi, comment il est devenu un révolutionnaire, bien qu'on ait dû parler de ce genre de choses. Mais en général, je le voyais au cours des évènements, que ce soit un film, un show ou un concert sur un toit de Brooklyn, une occupation de terrain dans le Bronx, ou, tout aussi souvent, une grande manifestation contre une organisation financière maléfique quelque part dans le monde.

    J'ai chanté à beaucoup de ces évènements, et Brad était présent à la plupart d'entre eux -- et il a été présent à de nombreux évènements où je n'ai pas été, aussi. Ils sont tous si flous, je ne me souviens plus lesquels. Mais les nombreuses rencontres commencent toujours avec un chaud sourire et une accolade, et habituellement impliquent qu'une sorte de chaos se produit, avec Brad confortablement au milieu du chaos. Parfois -- trop rarement, je le réalise soudain, les rencontres continuaient après que le chaos ait pris fin, et nous pouvions être dans un endroit calme avec un petit groupe de gens, se détendant et parlant de la vie, mes affaires favorites.

    Il y a eu de nombreux débats pour savoir si c'était plus utile d'organiser de grands évènements ou de se concentrer sur des communautés organisant localement, pour savoir s'il fallait se concentrer sur "couvrir" l'histoire, ou la faire, pour savoir s'il fallait éduquer ou agir, s'il fallait faire une fête ou un meeting. Brad décidait clairement que la réponse correcte était "tout cela". C'est facile de démontrer qu'il avait raison -- parlez à quelqu'un de New York City impliqué dans n'importe quel aspect d'un mouvement progressiste. C'est une ville de 8 millions d'habitants, mais si ils sont des participants sérieux de la partie la plus à la base du mouvement, ils connaissent Brad. Bien qu'ils ne connaissent pas son nom de famille. Il est juste Brad le grand gars maigre avec des cheveux longs qui se fend souvent d'un gentil sourire et d'un éclair intelligent et plein de compassion dans le regard. On l'appelle souvent avec un nom de connecteur "Brad de Indymedia" ou "Brad de "plus de jardins" ou "Brad le musicien".

    Je ne l'avais pas vu depuis un moment, au moins plusieurs mois. Mais soudain il me manque tellement. Ca me manque de marcher avec lui dans le Bas East Side, relax,  à sa place là-bas, échangeant des histoires. La chaleur de sa présence re-juvénisante me manque. L'admiration mutuelle non dite me manque. Le sentiment me manque d'être en présence de quelqu'un qui ressentait si profondément sa connection au monde. Le sentiment qu'il y avait ici quelqu'un qui pourrait mourir pour moi, et moi pour lui, pas de doute là-dessus. Et maintenant, comme tant d'autres avant lui, il vient de le faire.

    Comme pour nous tous, au fil des générations, son souvenir va pâlir et éventuellement disparaître. Mais pour ceux de nous vivants aujourd'hui qui avons eu l'honneur de faire partie du grand cercle d'amis de Brad, son souvenir sera avec nous douloureusement, profondément, aimant, jusqu'à ce que nous le rejoignons tous sous le sol -- espérons seulement après que chacun de nous ait réussi à avoir le type d'impact les uns sur les autres, sur le mouvement, et sur le monde que Brad a assurément eu dans ses brefs 36 ans.

    source

  • Mobilisation pour Oaxaca

    Oaxaca, partiellement occupée par les forces armées mexicaines, reste menacée d'une répression sauvage, déjà responsable d'une quinzaine de morts. Oaxaca a besoin d'un soutien international. Celui-ci s'organise : hier encore, la Commission intergalactique de l’EZLN (Zapatistes du Chiapas) a lancé un appel urgent “à mettre en place des actions de lutte pacifiques [de soutien à l'APPO]. Des prises d’ambassades, des blocages, des manifestations, des sit-in, des meetings, des actions de protestation dans le monde entier, les 1er et 20 novembre.“

    suite du post repris sur le blog de Tristram Shandy (Ghosts of Weimar) 

    La situation empire d'heure en heure à Oaxaca. Petit récapitulatif des évènements.

    Le 15 mai, "journée de l'instituteur", commence à Oaxaca, capitale régionale mexicaine, un mouvement de revendication salariale des instituteurs. Une semaine plus tard, ce sont 70 000 enseignants qui sont en grève et occupent pacifiquement la place principale de la ville. Le 14 juin, la police tente de les déloger violemment. Bilan: 8 morts, 15 disparus. La violence de la repression radicalise le mouvement: ce sont désormais 800.000 citoyens de la province, c'est à dire près de 25% de la population, qui manifestent pour exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. Les manifestants se sont regroupés au sein de l'APPO (Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca) afin d'organiser une résistance civile non-violente.

    Au mois de septembre, Carlos Beas, de l'APPO, s'exprime ainsi dans la revue CQFD: «Chaque nuit, le fantôme des communards parisiens accompagne les hommes et les femmes rebelles de Oaxaca, et il partage avec eux le mezcal des mineurs, pour le froid. Salud.»

    Et pendant ce temps... tout le monde s'en bat les nageoires. Un article de Nicolas Arraitz, paru en octobre dans CQFD, résume bien la situation. Il faut attendre le 06 octobre pour que le sujet soit traité dans Le Monde, et les remarques du journaliste font froid dans le dos. On y apprend ainsi que «Plus d’un million d’élèves, en grande majorité issus de familles pauvres, sont privés d’enseignement en raison de la grève des 70 000 enseignants de l’État d’Oaxaca» et que «Les barricades érigées dans le centre-ville, jadis haut lieu touristique, et la baisse d’activité des entreprises ont déjà coûté à l’économie régionale quelque 300 millions de dollars.» En plus, ce sont de dangereux gauchistes: «Seul pouvoir réel dans la ville, comme dans une dizaine d’autres municipalités, l’Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca (APPO) a instauré sa propre police et procède à une justice sommaire. Voleurs pris en flagrant délit ou “provocateurs” soupçonnés d’agir pour le gouverneur Ulises Ruiz, dont les rebelles exigent le départ, sont exposés en place publique, mains attachées et yeux bandés.»

    Du côté de Libé, c'est pas mieux: devant l'indigence des articles consacrés au sujet, les lecteurs se plaignent sur le site internet du quotidien. Et Nicolas Arraitz de commenter:

    Que faire quand les lecteurs en savent plus long que le journal censé les informer ? Et la Commune de Paris, passerait-elle aujourd’hui à la télé ? Au Mexique, non contents de réinventer une démocratie vivante, les femmes et les hommes de Oaxaca ont compris que le contrôle de l’info est un enjeu crucial. Ils ont pris possession de radios commerciales et même, pendant vingt jours, de la télé officielle. Une leçon pour les futurs mouvements en France: dès que la presse commence à nous bassiner avec ses «usagers pris en otage», grévistes et usagers devraient occuper journaux, radios et télés pour reprendre enfin la parole !

     

    Le 27 octobre, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait trois morts, dont William Bradley Roland, un caméraman du site Indymédia.org (une des rares rédactions à couvrir les évènements). Hier 29 octobre, les forces armées fédérales ont investi les places fortes de la ville pour déloger/arrêter les insurgés. On compte plusieurs morts. Et maintenant ?

    Sources:

    Carnets de nuit
    Acrimed
    Indymédia
    Wikipédia

    Voir aussi ici (intéressant dossier sur le mouvement d'Oaxaca) et (la radio de l'APPO, pour hispanophones uniquement !).