Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

décroissance

  • Vers un Noël sans cadeaux...

    J'ai l'habitude de me déchaîner chaque année contre l'épreuve des "fêtes de fin d'année", matérialisée par la question rituelle qui suit les bises du premier de l'an "Ca s'est bien passé ?" et à chanter avec Renaud "Je voudrais tous les voir crever étouffés de dinde aux marrons".

    Je n'utilise plus mes cartes de fidélité depuis quelques mois et cela me tient à distance des parfumeries, gadgets électroniques, maroquineries, bijouteries où l'on peut trouver des cadeaux coûteux destinés à exprimer aux proches l'amour et l'estime dans lesquels on les tient. D'ailleurs ma famille n'a jamais exigé de cadeaux et mon père comprendra si je ne lui offre pas un énième cuir inutile à sa carrière de retraité aisé. Mais ne vais-je pas craquer au dernier moment et lui acheter une pochette de la Française des jeux, ce serait le comble ? Quel cadeau symbolique pourrais-je trouver pour lui ?

    Je lis dans un commentaire sur les carnets politiques de José : "Une alternative à la hausse du pouvoir d'achat serait une baisse des outils de frustration : publicité & assimilé".

    La baisse des outils de frustration ne supprimerait pas les causes de frustration à savoir, ne pas posséder tel ou tel objet, attendre la paie dès le premier du mois, ou être surendetté (pour ceux qui ont un toit et qui mangent à leur faim). Ainsi on ne peut pas demander à quelqu'un de renoncer à ce qu'il n'a pas encore possédé. La décroissance est tout d'abord un luxe de privilégié. On ne peut aller à la décroissance sans avoir connu un jour la croissance, le bien-être, la prospérité.

    Pour mon père, j'ai pensé à un petit mot avec une jolie carte : "J'ai offert de ta part à un tel qui n'en avait pas le cadeau dont tu n'avais pas besoin". Il ne s'agit que d'une redistribution des cadeaux de ses proches à son prochain.

    D'un autre côté, la personne qui n'a rien demandé et qui recevra le cadeau "coûteux" en question risque fort de se sentir terriblement en dette, voire d'être entraînée dans une spirale de surenchère. C'est pourquoi il est impératif de faire passer aussi le message suivant : "Je ne t'offre pas mon superflu, je te le rends".

    Petit cadeau à José : "J'ai offert de ta part une contrepartie de ta généreuse hospitalité à une jeune algérienne qui attend depuis quatre mois que la télévision algérienne se décide à lui verser son salaire".

     

     

  • Isegoria

    Je voudrais me faire ici l'écho de débats qui ont lieu sur un forum privé que je fréquente et qui seraient certainement plus à leur place sur une place publique nommée Isegoria. Le principe d'Isegoria, à savoir l'accès libre et égal à la parole dans l'assemblée des citoyens, est trop beau, trop égalitaire, pour être abandonné.

    Ces débats sont : publicité et consommation, consommation et liberté d'expression, pollution informatique, décroissance. Ils ont porté à l'occasion sur l'augmentation du prix du pétrole.

    Commençons par la décroissance. C'est une erreur de présupposer que quiconque prétend alerter sur le réchauffement climatique et remettre en cause la croissance est forcément un décroissant. Il a seulement mis un pied dans un processus de prise de conscience progressive. Qui passera (ou non) par une attitude plus respectueuse de l'environnement, une remise en cause de la consommation, de la publicité, pour aboutir dans un souci de cohérence à la vie en autarcie (par exemple). Certains vont sortir de la matrice et d'autres vont s'accrocher à leur privilèges de nantis dont le plus emblématique est la possession d'un ordinateur, et prôneront une altercroissance (dont le couvercle sur la casserole et la bouillote ne sont pas exclus).

    Le débat a été lancé sur la pollution informatique et a pris un chemin de traverse sur la publicité, la consommation, et la liberté d'expression. Ah, mais non, je me trompe, d'aucuns fustigeaient Facebook et la publicité sur internet et insistaient sur le flicage résultant du recoupement d'informations réelles saisies par les internautes sur leurs réseaux sociaux. Les participants étaient d'accord que la publicité consomme de l'énergie que ce soient les sucettes Decaux, mais surtout que (je cite) : la pub entretient l'individu dans la frustration, le réduisant à son comportement de consommation qui vient satisfaire ses besoins (réduire ses frustrations), renforçant la société consumériste... La pub participe de la soumission.

    A ceux qui sont pour l'augmentation du prix du pétrole, je voudrais souligner et c'est juste un aparté que c'est très inégalitaire et cela me semble mener tout droit vers le "sauve qui peut général et durable" évoqué par un contributeur.  L'un des moyens pour éviter d'en arriver à ce stade serait que les "nantis" réduisent nettement leur consommation quitte à ce que cela provoque une chûte sensible de la "croissance" mais aussi et surtout une diminution de la consommation de ce qui ne répond pas à un critère "vital".

    Dans cet ordre d'idée je serais favorable à une réorientation de la pratique du cadeau de noël vers des offrandes beaucoup plus symboliques que coûteuses et répondant à des réflexes d'achat. J'applaudis !!!!

    On en vient à vouloir respecter la publicité au nom de la liberté d'expression. Ce à quoi il est rétorqué article d'Acrimed, La liberté d'expression n'est pas une marchandise) que "La liberté d'expression s'adresse aux citoyens, pas aux sociétés commerciales (qui la tuent, au contraire !). Les publicitaires aiment beaucoup user de cet argument de sacro-sainte "liberté d'expression"... mais curieusement quand quelqu'un taggue leur panneau, ce n'est plus de la liberté d'expression ! 

    L'animateur du débat ne s'en laissant pas conter, on revient sur la pollution informatique. C'est effarant, elle est au moins de 6 ordres :

    1. La consommation de matières premières, surtout pétrole mais aussi divers métaux.

    2. La transformation de ces matières premières, au point de vue de la consommation énergétique mais aussi du recours massif à l'industrie chimique.

    3. La consommation énergétique des utilisateurs.

    4. Et bien entendu le problème des déchets, dont certains sont extrêmement toxiques. "Après avoir pris l’essentiel revendable, les récupérateurs disséminent dans la nature, enterrent ou brûlent le reste à l’air libre, ce qui émet des gaz nocifs, et empoisonne les nappes d’eau sur des km alentours".

    5. La consommation d'eau.

    6. Les conflits pour l'extraction des métaux rares. "Il ne s'agit que d'un des dégats collatéraux créés dans les pays pauvres par la consommation en électronique des habitants des pays riches"

    Résultat, il pourrait donc se produire une balance entre la pollution informatique (utilisée dans un but social) et celle due aux transports.

    Que faire à tout cela ? Les propositions sont à ce jour peu nombreuses : étendre les garanties des appareils, aller vers la fin du jetable... 

     

     

  • Plus écotartuffe que moi tu meurs...

    En cherchant à me documenter pour cette note, je suis tombée sur cette définition sur le blog de Melfrid :

    Alors, Melfrid est-il un pur? Par le passé, il a barbouillé quelques publicités ; il persiste à rouler à vélo, il achète ses légumes au maraîcher local. En même temps, il mange de la viande tous les jours - mais de la bonne; il lui arrive souvent de prendre plaisir à acheter un objet technologique dont il n’a pas besoin, et il lui arrive même parfois de prendre l’avion. S’il était un peu célèbre, cela suffirait à le ranger dans le camp des «écotartuffes»

    Tartuffe, rappelons le est le nom d'un personnage de Molière, et ce terme est synonyme d'hypocrite, et de faux dévot.

    Si j'étais un peu célèbre, mes collègues devant qui je milite pour le tri des plastiques, la récupération de l'aluminium, la construction d'un bâtiment à très haute qualité environnementale (HQE), le vélo, le covoiturage, les transports en commun, me fustigeraient lorsqu'ils me voient arriver en voiture, une personne par voiture évidemment. Je crois d'ailleurs lire l'incompréhension dans leurs regards. Si je tentais de leur expliquer que ma voiture est gpl c'est à dire qu'elle émet un peu moins de particules ce qui me vaut une économie de 33% sur le carburant et l'éligibilité à un crédit d'impots de 2000€, ils commenceraient peut-être à m'interpeller. Ma voiture est légèrement verdâtre, ce qui devrait les rassurer sur la pureté de mes intentions. Non ?

    J'ai signé le pacte écologique de Nicolas Hulot mais je n'ai pas tenu tous mes engagements. Je persiste à prendre des notes sur du papier qui n'est pas brouillon. Parfois j'imprime de longs documents écrits par d'autres collègues bavards, parce que j'ai beaucoup de mal à lire à l'écran. Je réclame avec tous mes collègues la climatisation dans mon bureau et je tire les stores pour allumer la lumière artificielle, tout en exigeant à hauts cris (c'est faux je n'ai pas de voix) que mon lieu de travail soit autonome énergétiquement. Je me gargarise de mes économies de CO2 au point de m'inscrire à des cours de l'autre côté de la ville pour avoir le plaisir de prendre les transports en commun.

    Je fustige les supermarchés mais j'y suis accro. J'ai la flemme de m'arrêter dans plusieurs magasins différents pour faire mes courses. D'ailleurs chez l'épicier du coin, celui qui fait partie de Court-circuit, je ne trouve pas de carottes bio. Hier j'avais froid et j'ai monté le thermostat à 20°C afin que le chauffage se mette en route.  Je ne dédaigne pas un bain de temps en temps même si je m'amuse à essayer de prendre une douche avec cinq litres d'eau. 

    J'essaie, de devenir végétarienne. Le lundi j'ai cessé de manger de la viande pour compenser les excès du week-end. Je choisis les saucisses de volaille même si je reste très accro aux petits lardons dans la salade. Et s'il m'arrive de craquer devant une entrecôte et alors tant qu'à faire prenons-la bien bovine et bien géante ! Et compensons par un jour de jeûne qualifié de militant et qui milite surtout pour éviter que je ne devienne trop vite la petite grosse de service.

    A celui qui est moins écotartuffe que moi, seulement, je donne le droit de me jeter la première pierre ! Aux auteurs du site Vierurale.com et de Appel de Raspail qui ont le courage de vivre selon leurs convictions. Pour les autres, nous cheminons tous ensemble, que nous soyons connus ou pas, en modifiant petit à petit nos comportements, en faisant des efforts auxquels personne ne nous oblige.

  • Idées bonheur

    medium_carnet2.2.jpg

    Le problème du bonheur, c'est qu'on l'oublie trop souvent.

    Je note mes idées bonheur dans mon carnet bonheur.

    Ce sont par exemple :

    • manger des carottes, des sardines ou des falafel. Ou alors des lentilles.
    • pique-niquer au bord d'un lac, ou prendre un sandwich dans un parc
    • aller au cinéma
    • entretenir une belle amitié

    Agir de façon décroissante et volontaire me rend particulièrement heureuse. 

    Le bonheur d'un co-voiturage avec mon cher et tendre, le bonheur de combiner trajet et course à pied, le bonheur de sentir le vent sur ma peau lorsque je prends le vélo, le bonheur de côtoyer de nouvelles personnes et de râler dans les transports en commun, le bonheur d'offrir des fleurs du marché, et des cadeaux solidaires, le bonheur d'aller au séminaire freemen en train et non pas en voiture comme l'année dernière, le bonheur de me passer de voiture, le bonheur de donner le superflu, le bonheur de comptabiliser mes efforts dans ma tirelire virtuelle, et d'en donner le contenu, le bonheur d'avoir toujours un cabat pliable sur moi, le bonheur de refuser les cartes de fidélité...

    Le bonheur est dans la cohérence.

     

  • La simplicité, oui, mais volontaire alors !

    Je reprends un article du blog : Lune de Neptune qui exprime si bien ce que je ressens et donne plein de liens utiles. Ecoutons donc Neplune :

    Depuis quelque temps, grand vent de changement dans le quotidien. On trie, on jette, on recycle, on donne, on modifie, on adapte doucement ses habitudes à ses convictions,… Bref, on tente de retourner à l’essentiel, de se désencombrer – et la perspective d’un déménagement dans l’année motive énormément! Je n’ai découvert qu’en cours de route, lors de mes pérégrinations sur Internet, que tout cela n’était pas original comme certains pourraient tenter de me le faire penser, mais assez répandu (à comprendre dans le sens d’une minorité, bien entendu – oui c’est logique)(si). Le fait que Reginakakou parlait l’été dernier avec délices d’un livre sur la simplicité aurait dû me mettre la puce à l’oreille…


    Je rentrais sans le savoir dans le mouvement de la Simplicité volontaire… La simplicité volontaire, c’est une manière d’aller vers la frugalité, de se défaire de l’inutile, de vivre avec moins de possessions mais plus d’humanité – un art de vivre souvent associé à l’écologie et qui se retire du chemin de la société de consommation (et de tous ses gadgets gratuits ou non). Une façon de ne plus s’appuyer constamment sur la consommation effrénée qui peut aisément nous transformer en assistés.

    « Volontaire » dans le nom, ce n’est pas là que pour faire pas joli. Volontaire car c’est un choix, une définition de sa propre façon de vivre par soi-même – et non par la pub, par exemple. Reprendre le contrôle de sa vie au lieu de suivre le courant les yeux fermés.

    Le Réseau québécois pour la Simplicité volontaire est né en 2000, et définit cinq raisons qui amènent généralement les gens sur ce chemin :
    - parce que leur situation financière n’a plus de sens, qu’ils n’arrivent pas à rejoindre les deux bouts ;
    - parce qu’ils voient leur vie passer en coup de vent, n’ayant pas de temps pour en prendre conscience, pour la vivre vraiment et pour faire ce qui pourrait réellement lui donner un sens ;
    - parce qu’ils se préoccupent de l’environnement et qu’ils prennent conscience du gaspillage qu’entraîne notre style de société ;
    - parce qu’ils sentent le vide de leur vie meublée par la consommation, mais qui ne laisse pas de place au développement de leur spiritualité ;
    - parce qu’ils prennent conscience des inouïes disparités qui caractérisent ce monde dans lequel nous crevons à cause de notre surconsommation alors qu’ailleurs on manque de l’essentiel.

    Rien n’empêche d’y arriver autrement, voire de ne pas suivre à la lettre toutes leurs pistes – le dogme, en toute chose, est dangereux…

    Une des bouffées d’air frais, c’est l’autonomie qui en découle. Quand on se rend compte qu’on est incapable de produire quoique ce soit par soi-même et que chaque choix passe par la carte de crédit (achat ou appel d’un pro), cela fait froid dans le dos. En (ré)apprenant à faire soi-même, on fait avancer beaucoup de choses, et pas que pour soi. Et l’incroyable satisfaction que cela peut apporter… voire l’éclat de rire aux premiers essais complètement ratés de pain maison et autres folies !


    Pour en savoir plus :
    Présentation sur Wikipedia
    Réseau québécois pour la Simplicité volontaire
    Decroissance.info - Site dédié à la décroissance et à la simplicité volontaire
    Psychologies - un article très léger sur une façon de débuter dans cette voie
    Méthodes pour économiser dans une optique de simplicité volontaire par François Privé
    Groupe de discussion
    Simple pratique - résultats de ces discussions présentés sous forme de dossiers
    La simplicité volontaire sur Bio-Blog