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micro-crédit

  • La course au microcrédit

     

    (Editions du Rocher) par Johan Benichou, Loïc Linard, et Benjamin Sierra

    Trois jeunes diplômés parcourent le monde à vélo pour mieux comprendre le micro-crédit.

    Popularisé par l’attribution du prix Nobel de la paix en 2006 pour la banque Grameen et son fondateur Muhammad Yunus, le micro-crédit a pour but de lutter contre la pauvreté. Il intervient lorsque les crédits bancaires classiques ne sont pas accessibles, et même si les taux sont généralement plus élevés que celui des banques, il permet d’éviter de faire appel à des usuriers, qui demandent parfois jusqu’à 300% d’intérêt. Le micro-crédit s’adresse plutôt à des groupes de femmes qui empruntent conjointement et sont solidaires pour le remboursement.

    Mais le micro-crédit n’est que la face cachée de l’iceberg. Même avec la volonté, le travail et l’énergie, entreprendre et produire ne permet pas de sortir de la pauvreté si l’on n’a pas de débouchés. Ainsi les sociétés de micro-crédit mettent en place des systèmes de distribution, par l’intermédiaire par exemple des réseaux de commerce équitable.  A cette micro-finance s’ajoute une micro-assurance incluse dans les mensualités du crédit qui permet de se prémunir contre les coups du sort. Mais rien ne vaut la micro-épargne qui est une arme contre les imprévus et une source de revenus. Tout ce système s’ancre dans une volonté d’éducation, dans le domaine de la gestion, mais aussi de la santé, et une éducation sexuelle, des conseils pour une meilleure grossesse, proposer des soins infirmiers, amener le dentiste vers ceux qui en ont besoin. Car la santé coûte cher et la maladie peut ruiner les entrepreneurs les plus prometteurs.

    Il existe aussi une micro-justice, pour aider à sortir de la pauvreté par voie légale, fournir des papiers d’identité à des exclus sans le savoir, afin qu’ils puissent entreprendre ou emprunter, obtenir des titres de propriétés, affronter les administrations qui font peur.

    Le nec plus ultra du micro-crédit, c’est lorsqu’il peut avoir un impact environnemental, non pas grâce à de beaux discours écologiques mais par une motivation économique. L’achat de panneaux solaires permet l’accès à une électricité gratuite. Au lieu d’acheter de vieux moteurs polluants, on peut promouvoir l’achat de moteurs neufs.

     Le but du micro-crédit : que les gens s’en sortent assez pour avoir recours au crédit classique. Mais il n’est pas une réponse pour ceux qui meurent de faim et n’ont plus envie de se battre. Alors interviennent d’autres ONG, pas celles qui prêtent, mais celles qui donnent…

    http://pourunmondequichange.com

  • 80 hommes (VI- micro-crédit)

    Muhammad Yunus a identifié une des causes de la pauvreté : le coût prohibitif du capital.

    Une marchande des rues qui emprunte le matin un euro à un usurier pour acheter les fruits qu'elle revend, et doit reverser le soir même 20% d'interêt (les 4/5 de son bénéfice), ne pourra jamais sortir de sa condition.

    A moins qu'on lui prête à un taux décent la petite somme dont elle a besoin pour constituer son fonds de commerce.

    La Grameen Bank, créée voilà déjà 25 ans, s'est spécialisée dans le micro-crédit. Elle ne fait signer aucun contrat, n'engage aucune poursuite, et ne demande aucune garantie ou caution à ses clients. Son taux de recouvrement est cependant supérieur à celui des banques traditionnelles.

    Mohammad Yunus conclut l'entretien avec les auteurs de 80 hommes en ces termes : "Pour lutter contre la pauvreté, il ne suffit pas de lancer de gigantesques projets, il faut se préoccuper avant tout du premier maillon de la chaîne : l'homme. En lui redonnant espoir."

    source : 80 hommes pour changer le monde, éditions JC Lattès