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  • Internet Romance -33b-

    Mary-Ann s’était d’abord dit qu’elle repartirait le lendemain, qu’elle trouverait un prétexte. Mais très vite, elle s’était rendu compte que ce n’était pas possible. Nico était bien trop accroché. Et surtout bien trop heureux. Chaque matin, elle cherchait en elle le courage de rompre, et chaque soir ses actes prouvaient le contraire à un Nico amoureux. Elle se reprochait alors ses préjugés et tâchait de les effacer en redoublant de prévenances amoureuses. D’un certain côté, le voyage en Europe était fabuleux, Nico était si généreux. La journée, elle était épatée par ce gentil garçon, et il elle arrivait à se convaincre que la vie avec lui était possible. Et puis si elle avait un enfant, il devrait bien vivre avec son père. C’est ainsi que presque malgré elle, mais pour des raisons logiques, elle avait fini par accepter le mariage.
    Elle avait raconté tout cela avec force détails à Louise. Les confidences concernaient aussi le soir et Mary-Ann parlait aussi de ses déceptions avec Nico au lit. Rien à voir avec les ébats qu’elle connaissait avec Tom. Mais elle n’osait rien lui dire. Elle supportait sans mot dire l’expression d’une sexualité qu’elle devinait très perturbée. Ce n’était d’ailleurs pas le seul domaine dont elle se plaignait. Elle disait sa honte de devoir voyager dans cette R5 minable, de traîner ce plouc avec elle, car dans les grands restaurants, Nico n’était vraiment pas à la hauteur. Plus le temps passait et plus elle décrivait impitoyablement ses habitudes de vieux garçon.

    J’avais copié tous les fichiers et je les relisais chez moi, de plus en plus perplexe. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi dans ces conditions avoir accepté le mariage, démissionné de TKN ? Pourquoi avoir menti pendant tout ce temps, caché ses sentiments contradictoires ? Le désir d’enfant à lui seul pouvait-il expliquer cela ?

    Tandis que je lisais et relisais les messages de Mary-Ann, j’étais de plus en plus en colère contre la belle australienne que je ne trouvais plus belle du tout. Je décidai de me mettre à la recherche d’un Paris-Sydney, à bas prix car mes finances n’étaient guère brillantes.

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  • Koh-Lanta et le féminisme

    Si j'avoue avoir regardé quelques épisodes de Koh-Lanta, c'est uniquement dans le but de glaner quelques trucs de survie, n'est-ce pas ? Et aussi par un intérêt socio-culturel pour ce qui passionne 10% de la population française.
    Et que vois-je, les femmes à la popote, les hommes à la pêche ?
    Une femme gagne une épreuve parce que par galanterie, on ne lui a pas fait porter de sacs de lest ?
    En 2005 ?
    Pas ça !
    La femme n'a pas besoin de galanterie pour s'imposer sur une épreuve de course à pied de 236 km dans le désert.
    Si on se réjouit de l'arrivée d'un bébé-fille pour lui offrir une jolie jupette, on ne se rend pas compte que ladite petite fille, si elle veut jouer, va devoir montrer sa culotte !
    Par quelle aberration, une jeune femme qui se met en couple dans les années 2000 va se mettre à faire le repassage pour deux ?
    Et pourquoi la même jeune femme se tient-elle plantée avec un grand sourire à côté de son pneu crevé au lieu de sortir le cric ?
    Je ne comprends vraiment pas.

    Si un petit groupe devait survivre à la fin annoncée de l'humanité, serait-ce pour refonder une société aussi archaïque ?
    Sans moi.
    De toute façon, dans l'urgence ceux qui perdront du temps à tenir les portes ne s'en sortiront pas.

  • Internet Romance -32b-

    Trois semaines plus tard…

    Nico n’avait pas donné de nouvelles à TKN. Il n’était pas non plus passé sur French et n’avait apparemment pas relevé son compte hotmail. Quant à Mary-Ann, elle semblait tout aussi silencieuse. A mon retour en janvier, un regard appuyé de Louise m’alerta. Elle savait. Je n’en étais pas pour autant étonné. Elle me demanda négligemment si j’avais des nouvelles et je répondis que non. Je n’avais qu’une hâte, avoir un peu de temps libre pour pirater sa messagerie.
    J’ai passé la nuit à lire les échanges entre Mary-Ann et Louise. Savourant le plaisir interdit de voyeur, je réfrénais mon désir de savoir tout, tout de suite, et je remontais au premier message. La correspondance durait depuis un an et très vite Mary-Ann s’était confiée à notre bienveillante secrétaire.
    Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que Mary-Ann avait été très choquée en voyant Nico. Il lui avait fallu faire un gros effort mental pour réconcilier l’image qu’elle s’en faisait et ce qu’il était réellement. Curieusement, Mary-Ann insistait sur les yeux qui selon elle reflétaient une folie latente. Lorsqu’elle fermait les yeux ou se mettait au piano, elle se sentait en confiance, pouvait véritablement communier avec Nico. Mais lorsqu’elle regardait Nico en face, elle se sentait prise d’une terrible angoisse. En fait, elle ne supportait pas de le regarder. J’avais du mal à comprendre. Pour moi, Nico était quelqu’un dans la limite de la normale, pas un Apollon certes, mais la beauté est-elle si importante pour l’homme ? Elle avait pris l’habitude de cacher sa gène en souriant avec excès ou en s’installant au piano dès qu’ils étaient seuls.


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  • Internet Romance -31b-

    De : YSATIS::nicolas.larue
    A : louise.lachaume

    Cette nuit-là je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je passais et repassais dans ma tête tous les évènements survenus depuis mon arrivée à Sydney.
    Et pourtant j’ai dû m’assoupir car soudain, l’évidence me sauta aux yeux comme je me réveillai en sursaut tout baigné de sueur.
    « Elle a couché avec Tom et elle est enceinte, voilà l’explication ! »
    Au matin, il ne me fallut pas longtemps pour obtenir les aveux de la belle.
    Je ne dis plus rien pendant qu’elle me bombardait d’un flot d’explications confuses, essayait de me faire rire. Je ne souris pas non plus.
    Je lui demandai simplement d’appeler l’aéroport pour prendre au plus tôt un billet de retour.
    A ce moment-là, j’étais encore anesthésié intérieurement et je me pris à sourire en pensant à tous les billets que j’avais réservés et dont malheureusement je ne pouvais modifier le nom d’utilisateur.
    Je trouvais un Sydney-Paris dans la soirée. La journée fut presque agréable, Mary-Ann était gentille, elle m’emmena visiter sa ville et acheter quelques souvenirs.
    Le soir à l’aéroport, je la convainquis de ne pas s’attarder, je la raccompagnai à sa voiture avant d’entrer en salle d’embarquement. Une bise très chaste servit d’adieu. Je ne me retournai pas.

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    Joël ayant lancé un défi à ses lecteurs, et comme les défis sont faits pour être relevés...

  • Bienvenue à Gattaca

    Vite, à vos aspirateurs !
    Ce n'est déjà plus de la science fiction, ce qui est décrit dans ce film, l'identification grâce à l'ADN et la sélection basée sur des test génétiques.
    Non ?
    Alors, pour les futurs résistants à big brother, il est temps de se constituer des stocks d'ADN étranger.
    C'est simple, on peut aspirer l'ADN de son collègue ou de son chef sur le clavier de son ordinateur.
    L'idéal aussi c'est d'aller passer l'aspirateur dans la tente d'un campeur, c'est fou comme ces lieux regorgent d'ADN !
    Il en existe aussi dans les lits et sur les moquettes, sources bien connues des inspecteurs de police.
    Ensuite on répartit tout cela dans des petits flacons, bien étiquetés (mettre des gants).
    Cela servira à brouiller les pistes, à affoler les détecteurs, à se moquer de big brother (j'écris ce nom avec des minuscules pour ne pas attirer l'attention), à se faire passer pour son chef... à moins qu'on ne garde le secret, pour s'en asperger lorsqu'on devra passer du courrier ou distribuer des tracts, comme au bon vieux temps de la résistance.
    Mais chut...

  • Le temps du respect

    Je vais une fois de plus me faire mal voir avec une note sans aucun humour, qui ressemblera plus à un prêche dans le désert, mais tant pis.
    Vous me direz pourquoi protester contre les photos érotiques sur les blogs alors que tout un chacun ne peut les éviter sur les abri-bus ?
    Oui, pourquoi donc ?
    Tout d'abord parce que je me demande si, faire comme tout le monde, c'est du raccolage ?
    Ensuite parce quand on commence à montrer le cul de sa femme à trente ans, il n'est pas sûr de s'en tenir à Aubade à cinquante. Ainsi on n'a même plus besoin d'aller sur des sites porno pour voir du porno, il suffit d'aller sur les blogs.
    Et le filtre parental qui pensera à l'activer ?
    Pourtant ce n'est pas tellement les enfants que je voudrais protéger.
    Je m'inquiète pour tous ceux qui souffrent de misère sexuelle et qui cherchent désespérément une réponse sur le net, et qui se font sans arrêt agresser par des images, ici comme dans la vraie vie. Ce qui entretient et la frustration et le mensonge.

    Conclusion : que chacun tire la conclusion qu'il veut.

  • L'Odyssée de l'Endurance

    Depuis le temps que je vous parle de Shackleton, je vais vous parler de son livre, qui retrace sa plus grande aventure dans l'Antarctique. Un livre où il ne se passe rien pendant des pages et des pages - pas de scène de sexe, n'est-ce-pas Joël - mais qui vous tient cependant en haleine du début à la fin, parce qu'on se demande quand les provisions vont manquer, et si les éléments déchaînés n'auront pas raison du groupe.
    Le but de l'expédition est de traverser l'Antarctique. Mais l'Endurance qui transporte Shackleton et ses quarante hommes est pris dans les glaces et finit par être broyé après huit mois de dérive. Il faut abandonner le navire et monter le camp sur un glaçon à la dérive car les efforts surhumains pour se déplacer n'ont pas abouti. Cinq mois plus tard, il faut quitter le dernier glaçon qui se fragmente. Trois jours de navigation par -20° mènent les naufragés à l'Ile de l'Elephant, première rencontre avec la terre ferme qu'aucun pied humain n'a encore foulé. A peine débarqués il leur faut redéménager pour se mettre à l'abri. Et songer à aller chercher de l'aide, en Georgie du Sud, à 800 miles marins de là. Le voyage dure 16 jours pour Shackleton et cinq de ses compagnons. Malheureusement, ils abordent la face inhibitée de l'Ile, qu'ils vont devoir traverser pour trouver des secours. Récits d'escalades et de glissades fabuleuses. Sans perdre une minute Shackleton organise le sauvetage de ses hommes restés à l'île de l'Eléphant. Il faudra saisir l'occasion où la glace qui entoure l'île s'écarte. Les autres rescapés auront passé encore quatre mois et demi sur l'île de l'Eléphant.

  • Ne prononcez pas le mot vacances ou je vais hurler

    Je sens que je vais encore me faire mal voir.

    Tout comme à la rentrée de janvier, je voulais arborer un tee-shirt disant : Ne me demandez pas si ca s'est bien passé.

    Je voudrais que l'on cesse de parler des vacances. Avez-vous remarqué qu'on ne cesse de demander Alors toi, pas encore parti, pas encore rentré ? La raison pour poser sans arret la meme question stupide, c'est que les vacances des autres, on s'en fout, donc on oublie aussitot ce qu'ils peuvent bien en dire.

    Et ne parlons pas du retour ! Ca s'est bien passe ? Tu parles, super-genial ! Il faut bien donner le change...

    Alors que, au sud, il fait trop chaud et on transpire sur les sieges en skai, au nord il fait pas beau et il y a aussi des moustiques.

    Les vacances, quel gachis d'argent, sans parler de temps.

    On aurait le temps mais on n'a pas pu demenager toute sa maison avec soi. On manque d'ordinateur, on n'a pas ses bouquins, ni ses halteres pour se mettre enfin au sport, ni son aspirateur pour faire enfin le menage a fond.

    Vous me direz on visite d'autres pays, alors c'est bien. Meuh non. S'il n'y a pas la misere pour vous gacher le plaisir, il y a la barriere de la langue. Puis le decalage horaire. Et les moustiques. A l'hotel, il faut degager pour que les femmes de menage fassent la chambre. Pas moyen de cuisiner les vrais fruits et legumes trouves pour une fois sur le marche. De toute facon on n'a pas les accessoires.

    Vous me direz les vacances c'est le temps de la sensualite. Meuh non, il fait trop chaud, et les cloisons sont trop minces et les enfants sont dans les pattes.

    Alors à quoi servent les vacances ?

    Les vacances sont la pénitence qui nous permet de mieux apprécier la rentrée.

  • Kit de survie

    Moi j'ai déjà :
    - 1000 dragées (qui combinent un peu de douceur et des lipido-protéines, les amandes aux vertus aphrodisiaques bien connues)
    - un pot de fleur planté d'un tomatier-cerisier (source de vitamine C et substitut de fleur, c'est la cerise sur le gateau)

    Vous y prévoieriez quoi vous ?

  • J'ai honte

    Par une surprenante contorsion dont mon esprit est friant, voilà tout juste trente ans que j'offris ma bouche en holocauste pour résoudre le problème de la faim dans le monde.
    Ce jour-là j'avais accepté un appareil dentaire (je dis bien, pour résoudre le problème de la faim dans le monde).
    Et là, j'apprends qu'on meurt de faim au Niger ?
    Sérieusement, je suis très mal de vivre dans un monde comme ça.
    Il y a de quoi se suicider tout de suite, sans attendre la veille de la fin du monde (voir ci-contre).
    En attendant, je grossis inéluctablement comme tous mes concitoyens.
    Et les petites déprimes me poussent vers les plaisirs de la table.
    Heureusement que la boulangerie est fermée en août, car j'aurais bien craqué pour un énorme pain aux raisins.
    Le mouvement des mâchoires
    Permet d'éviter les pensées noires

    Même Shackleton soignait le moral de ses naufragés de l'Antarctique par une petite douceur de temps en temps.
    Finalement, je me dis qu'en prévision de jours apocalyptiques, il est peut-être bon de transporter ses réserves sur soi.