20/05/2009
Décroissance, transports, déchets et journaux gratuits
Bonjour, bonjour, je vis mon petit bonhomme de chemin, sans guère de possibilité de décroître davantage depuis mon abonnement transports en commun (j'habite en province). Je compte sur la crise économique pour limiter le réchauffement climatique.
Je vis la solidarité avec ceux qui n'ont pas d'autres choix que de subir jour après jour les prises d'otages des grêves aux heures de pointe (alternent au fil des jours un tram sur deux puis sur trois puis sur quatre, etc...). Les utilisateurs sont d'une patience et d'une résignation exemplaires !
Je m'interroge parce que les utilisateurs de transports en commun se voient remettre une lecture obligatoire, un journal gratuit !
J'ai jusqu'ici refusé d'un non merci poli mais une conversation a suscité mon intérêt :
- il faut les prendre et les jeter, car les personnes qui distribuent, quand elles ont fini leur pile, elles peuvent partir !
J'ai remarqué aussi que certaines sociétés de publicité emploient des handicapés pour distribuer leurs prospectus, et ça me fait très mal au coeur de refuser à ces employés leur gagne-pain. Je soupçonne les sociétés d'exploiter la corde sensible !
J'ai donc décidé de ne pas prendre ces lectures.
Par ailleurs, j'ai constaté que l'autocollant anti-pub de ma boite aux lettres a peu d'effet puisque les piles publicitaires sont déposées sur une tablette.
Et enfin en effet, le rapport du CNID m'apprend que pour l'éco-recyclage, c'est loin d'être gagné !
Au fait, je suis adhérente au CNID (Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets), que j'ai découvert en lisant la liste des projets financés par la NEF !
Tout cela pour vous dire que l'ami Aureliano vient de pondre des nouvelles pas très très bonnes sur la situation du capitalisme mondial !
22:21 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : transports en commun, tri des déchets, manipulation
18/01/2009
Bilal sur la route des clandestins
A la roulette de l’immigration clandestine, il est encore possible de gagner un certificat d’expulsion qu’il suffit de déchirer. Pour des centaines de milliers d’africains, le chemin vers le bon côté du monde passe par Agadez au Niger, traverse le désert du Ténéré pour rejoindre la Libye, puis la Tunisie et enfin l’Ile de Lampedusa ou la Sicile. Dans ce voyage, il y a tant d’occasions de tout perdre y compris la vie : tomber du camion surchargé, que le camion préhistorique soit victime d’une avarie, être dépouillé par les policiers nigériens qui réclament un droit de passage aux « riches » qui possèdent les quelques 3000€ nécessaires, être abandonné en plein désert… On se retrouve stranded* à Agadez ou à Dirkou sans possibilité d’aller plus loin ni de revenir sur ses pas. Un simple coup de téléphone, on ne peut se le permettre quand on vend ses vêtements pour survivre en buvant de l’eau sucrée, ou quand on se loue comme esclave sans salaire…
En 2004, la Libye, dont le sous-sol contient de précieux gisements de gaz**, devient amie avec l’Italie et une coopération se met en place pour lutter contre l’immigration clandestine et organiser le rapatriement vers la case départ. C’est alors une véritable chasse à l’homme noir qui se met en place en Libye, touchant aussi les immigrés en règle. Au lieu d’un rapatriement en avion vers leur pays d’origine, les noirs sont déportés dans des camps de concentration dans le désert, torturés, affamés, dépouillés, prostituées, jetés sans eau dans des camions de rapatriés « volontaires ». Le trafic tourne désormais dans les deux sens, sur des pistes parallèles au circuit de la cocaïne (Colombie, Brésil, Nigéria, Niger, Libye, Europe, Etats-Unis), lequel utilise des camions dans un état impeccable : la marchandise, on ne peut pas se permettre de la perdre comme un clandestin qui a payé d’avance !

En 1992, la mairie de Milan a fermé son zoo, jugé contraire aux droits des animaux. Fabrizio Gatti est l’un des rares journalistes à avoir séjourné dans la cage de Milan, via Corelli, construite en 1999, et dans celle de Lampedusa. Lampedusa est le point de l’Europe le plus proche de l’Afrique et les garde-côtes y recueillent des centaines de naufragés par jour, entassés dans des canots pneumatiques aux moteurs rafistolés, ou dans des épaves de barques payées à prix d’or.
L’auteur raconte que selon la rotation des équipes de gardiens, le traitement des clandestins peut être infiniment humain, ou plutôt fascisant avec des violences et de la corruption. S’y organisent les trafics de cigarettes et de cartes téléphoniques sensées être fournies aux immigrants. L’argent des mineurs est confisqué, et le circuit retour (passant par d’autres cages plus perméables) est aménagé pour les passeurs.
Pendant ce temps, 5000 égyptiens (l’Egypte à la différence des pays africains, recense ses ressortissants) ont disparu en quelques années : on suppose qu’ils se sont noyés en empruntant une route maritime plus longue, vers la Grèce !
Que faire ?
C’est un ancien clandestin, qui parle :
« Pourquoi l’Europe ne fait pas pression sur nos pays pour qu’ils nous accordent plus de libertés… J’arrêterai jamais d’aimer votre liberté : c’est pour ça, je le jure, que je reviendrai en Italie »
*échoué
**qui alimentent aussi la France
10:48 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : trafic d'immigrés, immigration clandestine, libye
08/01/2009
L'avenir de l'eau
Ce livre se termine par le constat suivant :
- L’accès à l’eau est un droit humain fondamental d’où une nécessaire solidarité
- L’assainissement et la distribution font de l’eau un produit manufacturé qui ne peut être gratuit
- Les disparités régionales importantes imposent un traitement politique et local des problèmes
- Le problème de l’eau est indissociable de celui d’une agriculture capable de nourrir 9 milliards d’êtres humains.
Erik Orsenna a enquêté pendant deux ans sur les méthodes trouvées par les différents pays pour assurer leur autonomie en eau : barrages, réservoirs, canaux, pompages, retraitement, désalage, distribution, irrigation au compte-goutte, achats, ensemencement des nuages pour provoquer la pluie… Il nous raconte des histoires et des rencontres. Le dialogue se poursuit sur son blog : http://www.erik-orsenna.com/blog
Comment résumer en quelques lignes ces écrits riches et variés ?
J’ai choisi deux histoires qui m’ont particulièrement intéressée, des histoires de réfugiés (les titres sont de moi) :
1- La guerre de l’eau a commencé (un exemple pas tout à fait au hasard)
2- Réfugiés climatiques
Et quelques citations et mots-clés :
Le compteur d’eau : le garant d’un système de distribution qui fonctionne
Le mal de dos, symbole d’une mauvaise distribution, lorsque l’eau ne vient pas, il faut aller à elle avec des jerrycans. « Toute fillette porteuse de jerrycan est perdue pour l’alphabétisation. » En Algérie, les problèmes de distribution sont en train de se régler par une volonté politique doublée d’appel à des compétences extérieures.
Le livre s’appelle aussi : Petit traité de mondialisation. Le chapitre : « La logique du sushi » explique comment la concurrence des bateaux de pêche japonais ultramodernes conduit à un arrêt de la pêche et de la vente de poisson avec à la place une augmentation de la consommation de viande en Afrique avec pour conséquence l’épuisement des nappes phréatiques.
Il nous explique aussi que l’exportation de végétaux correspond à une exportation nette d’eau virtuelle. En effet, chaque kilo de végétal ne nécessite pas moins de 500 litres d’eau en moyenne pour sa croissance. Et l’élevage est de loin l’activité la plus coûteuse : jusqu’à 13500 litres par kg de bœuf. Ainsi la prise en compte de cette eau virtuelle devrait orienter le commerce mondial : quand on manque d’eau, devrait-on exporter de la viande ? Est-il bien utile de « faire fleurir le désert » pour produire des tomates-cerises au risque d’allumer le feu chez ses voisins ?
22:35 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
1-La guerre de l’eau a commencé
Israël a fait disparaître le Jourdain dès sa sortie du lac de Tibériade, et accapare l’eau de la région en maîtrisant le Golan, suscitant ressentiments et tensions.
En même temps, ce pays est à la pointe de recherches de haute technologie permettant la maîtrise de l’eau, son recyclage, son désalage…
Tandis que nombre de palestiniens ne sont pas raccordés à un réseau d’eau potable, ils sont nargués par le bleu des piscines dans les colonies israéliennes. « Chaque piscine, c’est cent terroristes en puissance ». Les israéliens se défendent en dénonçant l’absence de traitements des rejets qui ruissellent depuis la Cis-Jordanie ou se déversent en mer depuis Gaza non loin de l’usine de désalage d’Ashkelon.
Les deux camps se livrent une guerre démographique avec des taux de croissance avoisinant les 5%. La population palestinienne devrait doubler d’ici 16 à 17 ans.
Je laisse Orsenna conclure :
Comment cette foule, « dans 16 ou 17 ans », va-t-elle vivre, emprisonnée par le mur, sur une terre si petite et si sèche ?...
…
Qui peut penser bâtir sa sécurité future en condamnant au chômage ses voisins les plus proches ?...

source de l'image :
22:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2-Réfugiés climatiques
Sur les traces du choléra, la maladie des eaux souillées et de la déshydratation, l’auteur nous transporte dans un Calcutta qui n’a rien à envier à La Cité de la Joie. Avec ce message d’un chauffeur de taxi aux bengladeshis : « Il n’y a déjà pas assez pour nous ici, donc rien à espérer pour vous ».
Pourtant, 180 millions d’habitants se pressent dans un territoire représentant le tiers de la superficie de la France, pris en étau entre la montée des eaux salées dans le Golfe du Bengale, et la diminution de débit des deux fleuves (Gange et Bramapoutre) : ensablement, barrages. Sur les chars, îles de sable mouvantes situées dans le delta, l’extrême pauvreté consiste en ne pas pouvoir payer les quelques centimes au passeur pour rejoindre la terre ferme. Les cohortes de réfugiés climatiques s’étendent en une traînée de misère le long de la voie ferrée vers Dakha. Beaucoup tentent de franchir les frontières avec l’Inde. Le destin le plus enviable est encore de monter dans les avions qui emportent une main d’œuvre d’esclaves vers les pays du Golfe.
(librement résumé à partir du livre d'Erik Orsenna : l'avenir de l'eau)
22:13 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24/08/2008
L'élégance du hérisson
Dans un immeuble luxueux de Paris, les destins s'entrecroisent. Une amatrice d'art clandestine joue à la concierge et prend le thé avec une femme de ménage aristocrate, tandis qu'une pré-adolescente surdouée extra lucide en quête de "vrais projets de vivants" s'entraîne à lire des mangas dans le texte.
L'arrivée d'un nouveau propriétaire, japonais, au nom de cinéaste, va semer le trouble dans un quotidien rythmé par l'arosage des camélias.
Dans un style précis, enlevé, léger, l'auteur se livre à une dissertation subtile sur l'art, l'absurde, la lutte des classes, et à une mordante satire sociale. Un pur bonheur !
Soudain, c'est l'angoisse. Je me demande comment l'auteur va pouvoir soutenir ses personnages et son intrigue jusqu'à la chute. Mais si, elle y parvient. En apothéose. Flamboyante. Sublime. Qui m'arrache des larmes d'intense plaisir esthétique.
Un chef d'oeuvre.
L'élégance du hérisson, Muriel Barbery, éditions Gallimard
11:10 Publié dans Ils l'ont dit mieux que moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature
01/08/2008
Une vérité qui dérange… encore plus…
Voici un résumé de la Conférence de Jean-Marc Jancovici disponible en vidéo [lire l’introduction de Thierry Meyer]
La population mondiale est passée de 0,5 millions à 6,7 milliards en un siècle (depuis la révolution industrielle). La consommation d’énergie en tep/habitant a été multipliée par 8. (Remarque : elle a été multipliée par 3 dans les 30 années appelées les « 30 Glorieuses » de la croissance économique). [Remarque : 1 tep (tonne.équivalent.pétrole)= 11 600 kWh]
Ces 2 paramètres : population et consommation d’énergie exercent une pression sur l’environnement, dont l’ordre de grandeur est sans commune mesure avec celle des siècles passés. En effet, l’énergie finit sous forme de CO2 et les émissions de CO2 augmentent en parallèle à la croissance économique (et diminuent pendant les récessions !). La moitié du CO2 persiste dans l’atmosphère et il faut 1000 ans pour l’éliminer totalement. IL est responsable de l'effet de serre et du réchauffement climatique. Du fait de sa persistance, il faudrait diminuer par 2 les émissions actuelles pour stabiliser la situation. L’augmentation de température moyenne à prévoir est de 2° si et seulement si les émissions de CO2 restaient constantes et pourrait atteindre 4 à 5°C supplémentaires (ce qui correspond à l’augmentation depuis la dernière glaciation) si l’on essayait d’assurer à 10 Milliards d’individus le niveau de vie d’un polonais.
La limitation des rejets de CO2 se produira forcément tôt ou tard du fait de l’état limité des ressources énergétiques.
Les débats sur les ressources énergétiques et sur le changement climatique sont donc liés. La question n’est pas de savoir s’il y aura épuisement de ces ressources mais quand.
L’extrapolation de la courbe de découvertes de réserves de pétrole permet d’évaluer l’emplacement du pic de pétrole avant 2015 (données glanées par « Janco » à la cantine de Total). Divers scénarios sont possibles selon les investissements et le coût consenti pour déplacer le pic (recherche de gisements, amélioration de l’extraction, etc…). On pourrait déplacer le problème - d’une génération seulement (pic vers 2050) - en forçant sur l’utilisation du charbon comme source d’électricité, ce qui empirerait le réchauffement climatique. Remarque : tous les scénarios reposent sur l’hypothèse (erronée) qu’aucune catastrophe ne se produira d’ici au terme du scénario.
A ne pas gérer volontairement le problème, on s’expose à des risques +++. Il est malheureusement possible que la combinaison d’une récession massive et d’une pression environnementale accrue ait un effet sur la population (instabilité politique, guerres, famines…). Noter par exemple une corrélation entre le prix du pétrole et le chômage l’année suivante. Noter également que la dette de la France date du 1er choc pétrolier. Au passage, Jancovici qui est connu comme pro-nucléaire, ne considère pas l’énergie nucléaire comme solution-miracle (problème d’échelle de grandeur dit-il).
Que faire ?
Le PIB ne prévoit pas de "dotation aux amortissements" pour la consommation des ressources naturelles lors de la production de produits manufacturés. Ni de "provision pour risque". Il est impératif de changer d'indicateur, et de réintroduire le prix énergétique dans le prix des produits manufacturés.
Avoir conscience que le « droit à émettre » devrait être divisé par 4 pour un français et que ce droit est épuisé en un seul vol Paris/New-York, ou si l’on achète un ordinateur (coût énergétique de fabrication), ou si l’on persiste à se déplacer en voiture en ville…
18:28 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Jancovici, croissance énonomique, pic pétrole, épuisement ressources, réchauffement climatique
15/07/2008
Ecotaxe volontaire sur les objets inutiles
Le débat qui se noue sur le ning Freemencafé aborde entre autre la remise en cause de la croissance.
Comme la vie est bien faite finalement : le prix du baril de pétrole s'envole, ce qui devrait forcément limiter les émissions de CO2 ! Devant mon immeuble, il n'est plus difficile de trouver une place de parking, le nombre de voiture a diminué. Une valeur sûre se dessine pour la bourse qui s'effondre : l'industrie de la bicyclette.
Le pouvoir d'achat est le mot-clé de l'été et Jeffe nous rappelle que pour un quart, il sert à financer des objets inutiles [Lire Société de l'inutile].
Alors suivant l'exemple de mes amis de Vie Rurale, des décroissants purs et durs qui se taxent de la valeur de leurs achats de carburant, je propose une écotaxe volontaire sur les objets inutiles.
Ainsi je me taxe de l'équivalent de sa valeur si d'aventure je voulais changer mon ordinateur portable qui est comme neuf depuis qu'il a crashé et que je lui ai lifté le disque dur, si je changeais mon téléphone portable pour un autre qui me plaît bien parce que j'ai des points à dépenser en renouvellement, si je cédais à la pulsion de l'écran plat pour ma petite télévision qui ne sert jamais de télévision, ou si je voulais changer ma voiture alors que je n'ai pas besoin de voiture...
Je jure de payer double si j'achète un parfum avec son monstrueux emballage, si je craque pour une chemise Ushuaia à 65€, si je raffle deux paires de chaussures parce qu'elles sont en solde, si je me laisse aller à vouloir des baskets... bleues comme les coureurs du tour de France, ou un manteau en cuir...
Je me taxe d'un euro si j'ai honte de refuser le sac que me propose le commerçant (une petite voix me susurre que c'est sa publicité !), si je vais au supermarché sans mon cabat, si je me laisse tenter par une offre trois pour le prix de deux, si j'accepte un de ces objets cadeaux envoyés avec les catalogues, en plastoque et qui fonctionne à piles, ou un échantillon gratuit, ou si je me laisser refiler de ces "menus formules" au soda obligatoire qui vous mènent tout droit au Slim fast, ou un produit qui nettoie tout seul...
Vous suivrez ces péripéties dans ma nouvelle tirelire virtuelle...
22:25 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : société de l'inutile, chemise Ushuaïa, écotaxe volontaire
24/04/2008
L'apartheid palestinien
Cette ville nouvelle qui défigure la terre promise, c'est cela une colonie ! 
Deux millions de juifs y vivent désormais, pour les 4/5 plus par incitation économique que par conviction idéologique. Ils quittent le matin ces villes-dortoirs pour rejoindre leur lieu de travail en empruntant des couloirs autoroutiers sécurisés palestinian-free. Et reviennent le soir profiter du beau paysage et des piscines sans se préoccuper des maisons et des cultures palestiniennes détruites par la progression du mur.
L'implantation des colonies a été pratiquée depuis 1977 par tous les gouvernements israëliens successifs comme une politique du "fait accompli" visant à morceler et amputer les territoires palestiniens de Cis-Jordanie et à interdire de facto la possibilité d'un état palestinien autonome. En 2002, l'apartheid a été matérialisé par la construction du mur dont la longueur est deux fois celle de la frontière car elle serpente pour englober les colonies, détruisant les oliviers et les moyens d'irrigation, coupant en deux des terres agricoles, séparant les enfants de leurs écoles, et bientôt modifiant la population de Jérusalem puisque les palestiniens n'auront plus la possibilité de s'y rendre.
A Hébron, lieu autrefois touristique qui abrite le tombeau des patriarches, 450 000 colons idéologiques pour qui sionisme égale colonisation, violents, intégristes et armés, protégés par l'armée, ont choisi de s'implanter au contact de 150 000 palestiniens, pour les chasser par la violence, l'intimidation, et les exactions de toute sorte (incendies, coups, humiliations, meurtres impunis, au fait ça ne vous rappelle aucun pogrome ?). Les journalistes ne s'aventurent pas de peur d'être lapidés, la police elle-même a peur des colons, seuls certains soldats écoeurés de s'entraîner à tirer à vue sur des cibles inoffensives ont rompu le silence. Les rues du ghetto sont réservées aux israëliens, les palestiniens subissent mille vexations sous prétexte de couvre-feu aux 180 points de contrôle.
C'est le documentaire de Mohammed Alatar : "Le mur de fer", qui m'inspire cet article.
Je suis aussi en train de lire un livre qui fait la lumière sur l'expulsion des palestiniens peu après la naissance de l'état d'Israël en 1948*. J'y ai appris notamment qu'au départ, deux états, un état israëlien et un état palestinien, avaient été créés par l'ONU. Le saviez-vous.
* source Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) de Dominique Vidal et Sébastien Boussois, Les éditions de l'atelier
23:05 Publié dans Freemen | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : apartheid palestinien, mur de protection, colonies israëliennes, cis-jordanie
31/03/2008
L'alcoolisme, mal familial
Grandir dans une famille où l’un des parents est dans l’alcool est le plus court chemin qui mène à l’alcoolisme et aux autres toxicomanies, à la boulimie, aux troubles mentaux, à l’anorexie, à la codépendance… Comment se construire, en effet, lorsqu’on est partagé entre la peur et la honte, écartelé entre le parent alcoolique qu’il faut ménager et l’autre parent toujours en colère ? Comment connaître ce qu’on éprouve lorsque la situation et les sentiments sont niés ? Comment éviter le chaos dans sa tête lorsqu’on est confronté enfant à la violence ou à la folie meurtrière voire l’inceste ? Comment tout simplement savoir vivre après avoir assumé des responsabilités au dessus de son âge ?
Pour prévenir l’alcoolisme, il faut tout d’abord briser le mur du silence et de non-dits sur cette terrible maladie. Mettre des mots sur la souffrance du malade alcoolique, de sa famille, de ses enfants. Il peut suffire pour cela d’une réunion ou d’un congrès, ou d’une participation régulière à un groupe Alateen, organisé pour les enfants et les adolescents par l’association Al-Anon/Alateen.
Le 5ème congrès Al-Anon Alateen avec participation Alcooliques Anonymes, se tenait ce week-end à Saint Jacut de la Mer, Côtes d’Armor. De nombreux témoignages l’ont montré, comme celui de M., il n’est pas rare que le conjoint ou le parent d’alcoolique, après avoir tout tenté sans succès, précède l’alcoolique sur le chemin du rétablissement en rejoignant les Al-Anon, quittant ainsi son rôle de sauveteur-facilitateur impuissant et se sauvant lui-même de l’obsession, de la déraison et de la dépression.
Pour l’alcoolique, s’il ne meurt pas, ou plutôt ne crêve pas de cette terrible maladie, comme dit D., il faudra attendre d’avoir touché son fond, senti le déclic, même si c’est celui de l’arme à feu enrayée avec laquelle on essaye de se suicider, comme Y., pour se décider à poser le verre et à pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Le témoignage de J., 22 ans, montre aussi que ce déclic peut avoir lieu tôt, pourvu qu’un membre du mouvement montre le chemin, faisant sa douzième étape...
Car pour combler le vide laissé par la boisson, il n’y a qu’un moyen : se tourner vers le programme de rétablissement en douze étapes, qui est dur, mais l’alcoolique en a besoin ! Ce fabuleux programme consiste consiste en 1/ se rendre (avouer son impuissance étapes 1à 3), 2/ procéder à une introspection d’une rigoureuse honnêteté qui ne laisse pas de place à la staccause* (étapes 4 à 7), 3/ réparer (8 à 10) et enfin transmettre le message (12).
*Ce terme, dans le truculent langage des AA, désigne l’auto-apitoiement (C’est à cause de)
21:01 Publié dans Alcoolisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : alcoolisme, prévention alcoolisme, alcoolisme mal familial





