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  • Moins raciste que moi tu meurs...

    Je ne suis pas raciste mais...

    il faut bien se rendre à l'évidence, le seul qui double dans la queue chez l'épicier arménien, était un juif, venu acheter du pain azyme...

    je trouve que tout de même, il y a beaucoup d'arabes dans le centre commercial, près de chez moi, personne ne peut le nier. Si seulement ils n'étaient pas désoeuvrés, à passer des journées autour d'un seul café. Ou alors saoûls. Je ne supporte pas les arabes alcooliques, ils sont bien pires que les français saoûls. Remarquez, je n'ai rien contre les arabes, j'en ai même épousé un. Mais ne me parlez pas de sa famille ! Tous des assistés, des fainéants, des profiteurs, des arnaqueurs !

    je n'ai rien contre les noirs, je les trouve même beaux, en général. Tiens, il y en a même un qui travaille avec moi en ce moment. Je n'ai pas osé répondre à sa demande de stage que le cv ne pouvait pas convenir (surtout à cause du lieu de naissance). Si seulement il n'envahissait pas mon espace olfactif avec l'odeur de graillon qui colle à ses vêtements. Et sa nonchalance, je ne supporte pas sa nonchalance. J'ai toujours envie de le frapper pour qu'il se dépêche.

    dans ma boite, les étrangers sont nombreux, en ce moment c'est la filière russe qui est en train de devenir florissante, après la filière polonaise. J'aime assez les étrangers, surtout les blonds aux yeux bleu, mais tout de même...

    je rage de devoir croiser tous les jours Audrey. Peu de gens connaissent son prénom. Audrey est femme de ménage dans la boite où je travaille. Elle traîne derrière elle tous les matins une odeur de soupe, et aussi de sueur. Tout le monde dit bonjour à Audrey, il faut bien être hypocrite, hélas, car tout le monde critique son travail que personne ne respecte. Je suis gênée de manger des gâteaux auxquels Audrey n'est pas invitée, et de disperser des miettes sur le sol qui sera tout collant. Je trouve que Audrey exagère quand elle se permet de m'interdire l'accès d'une pièce qu'elle vient de laver. Et qu'elle pourrait faire attention à ne pas m'écraser avec son charriot de ménage. Je n'aime pas les fréquentations d'Audrey, un type de son milieu avec qui elle parle et rigole, un homme de ménage. Je trouve que Audrey ne devrait pas se plaindre, cela fait mauvaise impression.

    c'est dur de réaliser que cet employé handicapé est parfaitement lucide et intelligent, et qu'il faudrait lui parler normalement. La barbe de toujours devoir parler aux gens. Il faut dire que je ne le comprends pas bien, avec son fort accent du midi, il est un peu différent, vous ne trouvez pas ? Il est aussi obèse : les obèses ont vraiment un problème, pas étonnant qu'ils soient obèses. En plus ils occupent de la place, et ils ne sont pas habiles avec leurs gros doigts. Et ils sont d'une susceptibilité maladive ! Et aussi pourquoi diable est-ce qu'on laisse sortir dans la rue tous ces malades, tous ces chimiothérapés avec leurs perruques qui nous sapent le moral ?

    je voudrais bien ne pas être obligée de persécuter les locataires du rez-de-chaussée, qui prennent le frais devant l'immeuble, mais tout de même ça fait mauvaise impression pour les copropriétaires qui voudraient vendre. S'ils n'étaient pas propriétaires d'animaux, qui font leurs besoins un peu partout ! Et en plus ils sont pauvres, évidemment, pour accepter de loger dans ces conditions...

    ces gens ont une allure, je ne vous dis pas, ils ne donnent pas une bonne image. En plus ils fument, et les fumeurs, c'est un fléau, avec l'odeur de tabac qui leur colle à la peau, leur sans-gène ! Enfin ils ne sont pas pires que les bourgeois, car les bourgeois, avec leurs piscines, leurs blessures au tennis et leurs week-ends à Cannes, ils font de la provocation, il faudrait les faire taire ! Et les français, ce sont les rois des cons, J'aimerais - comme Renaud - les voir crever, étouffés de dinde aux marrons.

    Je ne suis vraiment pas raciste... mais je vais vous dire le racisme, c'est dans les gènes c'est pourquoi Le Pen est dangereux...

  • Quand j'étais pauvre...

    Ce titre me tire les larmes des yeux. J'adore ces belles histoires. Du vécu, donc...

    Outres les achats incompressibles : tabac, crèmes de beauté, essence, il ne restait que 1000 F (150 euros environ mais avec le franc c'était moins cher), pour vivre à deux sur le mois. Autant dire que les sorties en voiture du dimanche étaient limitées aux jours de fête, que les restaus, c'était MacDo une fois l'an (comme disaient des amis pauvres de l'époque : on se fait une fleur !) et au cours de ces sorties on pique-niquait d'une boîte de pâté baptisé fleur.

    Ah, c'était le bon temps. Le temps où j'étais encore capable de calcul mental pour comptabiliser le montant du caddy chez Lidl. Le temps où le dernier week-end du mois on ne sacrifiait pas à la sacro-sainte église de la consommation, mais où on respectait presque le shabbat (c'est encore ce qui coûte le moins).

    C'est grâce à la pauvreté que j'ai pris l'habitude d'aller au travail en courant un jour par semaine, et grâce à l'argent économisé à m'offrir des lilas au marché. Cela a également joué sur ma créativité puisque j'ai inventé un nouveau concept : "apprendre des langues en mangeant". J'avais des élèves étrangers avec qui je conversais en français à l'heure de la cantine. Je faisais aussi des ménages. Je gagnais ainsi mon argent de poche que je donnais à... plus pauvre que moi.

    Etre pauvre est très formateur dans le domaine de la patience.

    Attendre la paie à la fin du mois. Attendre les soldes puis les deuxièmes, puis les troisièmes démarques. En cherchant bien en fin de soldes, on finit par le dénicher, le chemisier à 20F.

    Et de la débrouillardise, car en attendant les soldes on peut s'habiller de pied en cap au MAP (Marché aux Puces) où les bourgeoises se débarrassent de très jolies choses.  Si. Si. Avec le temps, on acquiert même de l'expérience et on n'achète plus jamais ou presque de chaussures trop grandes (ou trop petites), de vêtements trop petits, ou aux couleurs importables.

    Depuis j'ai connu la croissance éhontée (au point de taper mon code de carte bleu sans regarder ce que je paie), j'ai consommé à tort et à travers, j'ai abusé des économies de bourge, et cela suffit : demain je gonfle ma bicyclette. Et j'ouvre une nouvelle tirelire virtuelle de décroissance solidaire.

  • L'anti livre noir de la psychanalyse

    note modifiée

    Oeuvre collective de psychanalystes lacaniens, publié sous la direction de Jacques-Alain Miller, en réplique au Livre noir de la psychanalyse (que je n'ai pas lu). Il semblerait que ce livre noir s'appuie sur un rapport de l'Inserm pour discréditer la psychanalyse. Pour information, ce rapport a été supprimé du site de l'Inserm par le ministre de la santé, à la demande de son ami Jacques-Alain Miller.

    Voir les débats à propos de ce rapport

    Puisque l'on parle de manipulation... de désinformation... de copinage...

    Ce livre démarre sur les chapeaux de roue par une enquête sur ce fameux rapport de l'Inserm

    1- Ce rapport est sensé être réalisé à la demande d'associations de familles de malades (or, la demande des familles est un prétexte à ce rapport).

    2- Ce rapport est sensé être réalisé par des experts indépendants, or la répartition des experts entre les thérapies étudiées est fortement biaisée en faveur des TCC (Thérapies Comportementales et Cognitives)

    3- Comme il fallait s'y attendre, ce rapport arrive à la conclusion pour lequel il était diligenté, à savoir que les TCC sont efficaces.

    4- L'efficacité des TCC a l'avantage d'être chiffrable (d'où le caractère scientifique) grâce à des questionnaires, en termes d'intensité de souffrance ou de reprise du travail.

    Ce n'est pas une dilettante qui pourra vous donner une vue exhaustive de l'affaire. J'ai bondi et foncé sur les accusations de manipulation d'état mais l'étude du cas est certainement plus édifiante, montre les pouvoirs discrétionnaires d'un ministre, le rôle du copinage dans l'équilibre entre le bien et le mal.

    Ensuite la lecture s'essouffle parce que chacun des contributeurs y va de son pamphlet et certains sont moins bons que d'autres. Et parce que je suis décidément réfractaire à la lecture du lacanien. Il semble cependant que les thérapies comportementales et cognitives procèdent d'une sorte de manipulation. On va tâcher de provoquer chez le patient qui souffre de phobie, un réflexe conditionné, on va le convaincre qu'il n'a plus peur, qu'il peut reprendre le travail. On va le conditionner à affronter progressivement la situation anxiogène.

    Ainsi, on pourra mesurer une guérison objective, même si le traitement n'est que symptomatique et pas étiologique (on ne traite pas la cause de la phobie). Et on pourra écrire des protocoles thérapeutiques, réglementer le nombre de séances, les remboursements, etc...

    La psychanalyse par contre ne possède pas ces critères d'efficacité, puisqu'elle procède au cas par cas, dans une relation analysant-thérapeute unique et particulière. Elle peut remonter à la source du symptôme, et constituer un traitement étiologique.

  • Entrée en Résistance

    “Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

    “Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste.

    “Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

    “Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont
    d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :
    “Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des "féodalités économiques", droit à la culture et à l'éducation pour tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

    “Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales,alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

    “Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "Programme de Résistance" pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

    “Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne
    proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les
    principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

    “Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : "Créer, c'est résister. Résister, c'est créer".

    Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

    texte rédigé il y a deux ans, mais non relayé par les médias de l'époque

  • Pour une nouvelle grille des revenus

    Gagner deux fois plus que son voisin, c'est difficilement justifiable. Le travail est-il deux fois plus pénible ? Deux fois plus stressant ? Mais bon. Dans un premier temps, laissons une échelle de deux. Ainsi le SMIC devrait être revalorisé à 1500 euros, en début de carrière, ou pour les métiers les moins payés, et en aucun cas, on ne pourrait gagner plus de 3000 euros. Qu'en pensez-vous ? (je me situe dans un contexte franco-français).

    On me parlera des études : je ne pense pas que ce soit un bon argument. D'accord on en bave quelques années de plus sur les bancs de la fac, mais on a une réduction au cinéma, et au final on va gagner deux fois plus... à vie ? Mais soit : dans un premier temps disons que les études peuvent justifier de gagner deux fois plus que son voisin.

    Ensuite un paramètre va entrer en jeu, celui d'avoir un ou deux salaires, si l'on reste dans le modèle d'une société qui vit en couple ou en famille. Là j'ai une réponse, tout le monde devrait être égal devant le travail comme devant le service militaire (homme et femme doivent travailler, en français dans le texte note du traducteur). Il reviendra au législateur d'évaluer la rétribution du travail de la personne qui s'occupe des enfants, même si je pense là aussi que cette tâche pourrait être largement collective.

    Comment faire ? Commencer par éraser les retraites. J'entends d'ici les protestations : holà on s'attaque à nos aînés, comme la canicule (tout cela pour ne pas dire aux vieux). Je suis peut-être cynique mais il arrive un moment où l'on n'a pas besoin de plus d'argent qu'il n'en faut pour finir ses jours dans une maison de retraite médicalisée de luxe. Le surplus, on ne peut rien en faire d'autre que de le transmettre à ses enfants ou à ses héritiers. Et si la collectivité récupérait tout ce qui traîne ? Tout ce qui n'a pas été distribué à temps ?

    Car enfin, hériter, n'y a-t-il rien de plus inégalitaire ? C'est comme gagner au loto ou c'est même pire : on s'est donné la peine de naître, et soudain une grosse somme d'argent nous tombe du ciel, sans même qu'on ait cru au Père Noël. Je trouve que c'est délétère pour la confiance en soi, pour le sentiment de sa propre valeur, de ses propres facultés, on ne sait plus ce qu'on a mérité, si tant est d'ailleurs que l'argent soit un vrai cadeau...

    Donc supprimons les héritages, supprimons les bas de laine, supprimons les De-Robien, supprimons le boursicotage, chacun aura droit à sa maison de retraite médicalisée de luxe, et cela créera des emplois. Remarque : au final la terre va ressembler à une maison médicalisée de luxe !

    Ainsi il n'y aura plus besoin de travailler jusqu'à soixante-dix ans pour assurer sa retraite, et ces dix années de travail supplémentaires pourront être avantageusement redistribuées aux jeunes. Même s'ils sont payés deux fois moins, cela fera deux emplois de jeune pour un soixantenaire autorisé à faire valoir son droit à la retraite.

    Ma théorie comporte un gap : la retraite active de 60 à 80 ans. Entre le travail et la maison de retraite sus-mentionnée. Le temps des voyages, des nouvelles amours, de l'université du troisième âge, du travail associatif, la seconde jeunesse quoi. C'est là peut-être qu'un système d'épargne mutualisé (chacun épargne selon ses revenus et chacun touche le même montant) pourrait permettre d'assurer une rente sous forme de chèques seconde jeunesse.

    Moi je ne trouve pas que cela soit utopique.

    Il s'agira d'étendre ensuite ce système des pays privilégiés à ceux qui le sont moins, en favorisant par exemple l'adoption à tous âges, l'accueil des réfugiés pour des vacances plus ou moins longues chez l'habitant, l'aide à l'alphabétisation, à l'intégration, au partage organisé...