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  • OGM les dangers (II)

    Nous avons vu précédemment que les OGM sont massivement utilisés en recherche, qu'ils sont d'ores et déjà des sources de médicaments, et cela en milieu confiné et contrôlé. C'est la généralisation des cultures d'OGM en plein champ qui pose problème.

    Un rapport scientifique anti-OGM, trouvé sur le site Oulala.net passe en revue les divers dangers de ces composants. Je reprends également ici l'argumentaire d'un article scientifique publié dans la revue : "Rivista di Biologia" The ecological risks of transgenic plants (Riv. Biol. 2003, 96, 207-223) par Manuela Giovannetti.

    La question qui se pose est la suivante : faut-il craindre des évènements inattendus ? ou bien se conforter dans l'idée que tout est sûr tant que le contraire n'est pas prouvé ?

    Risques inattendus : Les évènements que l'on craint ne sont pas tellement inattendus. En règle général, les gènes étrangers vont s'intégrer quelque part dans le génome de la plante, et le site de cette intégration est aléatoire. Rien n'empêche donc le gène étranger de déréguler un promoteur, ou de séparer un domaine régulateur d'un domaine catalytique, les effets "inattendus" pouvant être infiniment variés, jusqu'à produire des enzymes anormales ou en quantités anormales.

    Risques probables : Le second évènement infiniment prévisible est la diffusion des gènes étrangers par le vent et les abeilles lors de la pollinisation, vers les plantes voisines. Le fait que des méthodes mécaniques (canons à gènes) sont utilisées pour faire entrer les gènes dans les plantes rend plus que probable la possibilité de transfert d'une plante à l'autre à l'occasion d'un simple traumatisme. Ce même type de transfert génique pourrait avoir lieu avec les microorganismes qui sont au contact de la plante transgénique. Ainsi le transfert de la résistance aux insecticides touchera à plus ou moins long terme les plantes voisines.

    Risques avérés : La résistance des OGM aux insecticides pose deux types de problèmes différents. D'une part, l'augmentation des doses d'insecticides à large spectre, qui s'avèrent toxiques pour l'espèce animale et pour l'homme, et cela sera agravé par le transfert de la résistance aux plantes voisines. Ensuite, l'utilisation de toxines bactériennes modifiées comme la toxine Bt (Bacillus Thuringiensis) qui diffusent dans toute la plante, et empoisonnent les insectes nuisibles, mais également leurs prédateurs. 

    Risques éthiques et économiques : certains fabricants d'OGM utilisent un procédé appelé Terminator qui empêche la germination (ce qui est tout de même une modification majeure du cycle de la plante !!!) et qui rend les semences stériles et ainsi les paysans dépendants de leur fournisseur chaque année.

    Question de la faim dans le monde : Il existe assez de ressources agricoles pour nourrir la population de la planète, et ce jusqu'à 2003, sans avoir recours à aucun OGM (et pourtant un milliard d'habitants est mal nourri, avec ou sans OGM !). Les discours pseudo-humanitaires sont le fait de grandes sociétés multinationales dont le but unique est le profit. Or, il est probable que la généralisation des OGM, on désorganisant les systèmes agricoles traditionnels, en ruinant la biodiversité, en éliminant les petits paysans, en les rendant dépendants, sera plutôt une cause de famine agravée pour le milliard de déjà mal nourris.

    Le principal argument contre les cultures d'OGM en plein champ est donc le suivant : nous n'en avons pas besoin. 

    Le second argument est : tirons les conséquences des expériences passées où l'on a joué à l'apprenti sorcier. A ce titre l'expérience de l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine et de sa transmission à l'homme sous forme de maladie de Creutzfeld Jacob, a montré clairement que la barrière d'espèce peut être franchie. Le risque zéro n'existe pas et ne laissons pas les multinationales compromettre encore plus la santé de vos enfants !

  • Le pot de terre et le pot de fer

    Je suis fatiguée.

    Lasse d'écrire au directeur du centre commercial d'à côté pour dénoncer les travaux nocturnes qui m'ont tenue éveillée deux nuits de suite et les portes métalliques claquées à 5 heures du mat. Quand ce ne sont pas des alarmes qui se déclenchent le week-end...

    Lasse de voir des manifestations de dix personnes lorsque les droits syndicaux sont menacés (cf l'affaire Roland Veuillet).

    Lasse de voir des pétitions, comme celle pour le pluralisme démocratique ou pour la levée de la sanction administrative contre Roland Veuillet, qui ne décollent pas des quelques milliers de signatures.

    Lasse de participer à des débats qui rassemblent "de 20 à 40 personnes selon les organisateurs".

    Lasse de voir les stats de ce blog me démontrer chaque jour davantage que ceux qui ont atterri ici, l'ont fait par erreur. 

    Faut-il cesser d'être des pétitionnaires ? Faut-il oublier Ingrid Bétancourt, et Clara Rojas, privées de liberté depuis 5 ans ?  medium_ingrid.jpg

    Faut-il garder de l'espoir et se dire non pas que "des résistants il y en avait peu" mais que "oui, des résistants, il y en avait encore" ? 

    Alors que faire ? Comment être plus efficace ? Comment ne pas s'épuiser à des causes perdues, ne pas se perdre dans des culs-de-sacs ? 

    Tiens, pour aujourd'hui, je voudrais seulement relayer le cri de désespoir d'un enseignant :

    J’enseigne depuis 21 ans, 21 ans de galère en tant que maître auxiliaire salaire de misère, regard en coin des titulaires puis TZR. 54 remplacements plus tard je me retrouve muté à 520 kms de mon domicile. C’est pourtant si facile aux fils à papa et filles à maman d’avoir un poste définitif de l’autre côté de la rue . Qu’on ne me demande plus de m’investir,de sourire aujourd’hui je suis aux abandonnés absents...

  • Le Goulag en France

    Où les excès d'une société fasciste rejoignent  ont failli rejoindre ceux du communisme...

    Roland Veuillet, syndicaliste en grêve de la faim depuis plus de 50 jours a été interné d'office en psychiatrie sur ordre du préfet.

    Cette décision concerne normalement les personnes dangereuses pour l'ordre public.

    Evidemment Roland Veuillet est en train de déclencher une épidémie de grêves de la faim parmi les enseignants, ça fait désordre !!! 

    Pour l'heure on ne peut que prier pour que la dose de psychotropes ou la camisole de force ne lui portent pas le coup fatal.

    On me dira bien sûr que la mesure est prise au vu du danger sur sa propre vie. 

    Au lieu d'examiner ses revendications... 

    Le psychiatre de l'établissement n'a pas confirmé le diagnostic et Roland Veuillet est sorti cet après-midi le 15 février 2007.

    Sa vie est donc toujours et encore en danger. Mobilisez-vous sur le site, signez la pétition, écrivez aux ministres, téléphonez.

    A défaut d'avoir son premier ? prisonnier politique, le syndicalisme risque fort d'avoir bientôt son martyr !!! 

     

    Note technique :

    Le placement volontaire : le médecin établit à la demande d'une tierce personne que la personne est dangereuse pour elle-même. Elle est alors hospitalisée en psychiatrie.

    Le placement d'office : décidé à l'instigation du préfet, lorsqu'une personne présente un danger pour les autres. Le psychiatre de l'établissement (j'ai toujours envie de dire pénitentiaire !) doit confirmer le diagnostic dans les 24h. 

     

     

  • OGM mode d'emploi (I)

    La difficulté d'un discours cohérent sur les OGM (organismes génétiquement modifiés) vient de la grande diversité de ces derniers.

    Dans les années 80, la découverte d'outils, essentiellement des enzymes permettant de couper l'ADN ou de le répliquer, a permis le développement de la biologie moléculaire ou génie génétique. Le clonage, c'est à dire l'isolement de molécule d'ADN unique, s'est développé. Dès lors la manipulation des génomes en laboratoire a conduit à la production des premiers OGM. Ceux-ci peuvent être des bactéries, des virus, des levures, des plantes ou des mouches drosophiles. Lorsqu'on introduit un gène étranger dans un organisme, celui-ci est dit transgénique.

    Les végétalistes ont sans doute une vision à part des OGM, puisqu'ils ont de tous temps sélectionnés des espèces obtenues par mutation ou croisement dans le but d'améliorer leurs propriétés. Pour eux, introduire le gène de résistance à un herbicide dans une plante n'est pas différent de sélectionner une plante résistante aux herbicides. Très au fait de l'utilisation des végétaux dans l'agriculture, ils pensent que l'amélioration des espèces est une bonne chose, limitant l'utilisation des pesticides, et permettant de faire face aux problèmes d'alimentation de la population croissante de la planète. Ils fustigent l'arrachage de plantes génétiquement modifiées destinée à des études scientifiques qui auraient permis de vérifier l'inocuité de cette méthode. Leur parcours en fait les défenseurs naturels des OGM (voir par exemple).

    Des protéines thérapeutiques : insuline, hormone de croissance, érythropoïétine sont produites en laboratoire pharmaceutique grâce à la levure de boulanger Saccharomyces cerevisiae ou la bactérie Escherichia coli génétiquement modifiées. A ma connaissance, les plantes malgré leur potentiel pour la production de protéines, ne sont pas des sources de molécules à visée thérapeutique, et quoi qu'il en soit pas à une échelle nécessitant la culture en plein champ. Les chercheurs travaillent actuellement à humaniser les molécules d'anticorps pour la vaccination, en remplaçant les séquences spécifique de l'animal par les séquences humaines, pour éviter les problèmes d'allergie. Dans le cadre de la production d'organes pour les greffes, les porcs transgéniques exprimant une protéine humaine limitant l'immunité ont semblé prometteurs un moment mais l'enthousiasme retombe.

    Des OGM anticancéreux ? les OGM sont des organismes de choix pour améliorer les molécules existantes, et pour produire les protéines cibles permettant de tester l'interaction d'immenses batteries de molécules potentiellement thérapeutique. Mais le cadre du laboratoire est largement suffisant pour ces tests.

    (voir dans mon autre note les précautions prises en laboratoire lors du travail avec les OGM) 

  • Roland Veuillet en danger de mort

    Malgré son hospitalisation samedi, il continue à refuser alimentation et perfusions.

    Son réquisitoire contre ceux qui ont orchestré sa sanction administrative injuste est bien exposé ici :

    http://roland-veuillet.ouvaton.org/?11-raisons-de-courir 

  • OGM : l'avis d'une scientifique

    (le mien).

    José Bové s'est fait connaître par son combat contre les OGM, avant d'incarner l'alternative anti-libérale.

    A ceux qui nous diraient : les OGM ne sont pas dangereux, disent les scientifiques, je réponds : un scientifique digne de ce nom ne peut faire une telle affirmation.

    S'il est une qualité dont devrait se prévaloir tout scientifique digne de ce nom, c'est le doute. Lorsqu'un scientifique trouve des arguments pour confirmer sa thèse, la première chose qu'il doit faire c'est de se demander qu'est-ce qui a pu le tromper. Envisager toutes les hypothèses alternatives. Ainsi, les termes preuve prouver sont bannis de la littérature scientifique car toute découverte sera rapidement remise en cause.

    Dans mon travail de biologiste, j'utilise des OGM tous les jours : mes petites bactéries expriment des gènes étrangers, mes petites cellules infectées par des virus génétiquement modifiées produisent mes protéines d'intérêt, mes collègues font des études génétiques sur des plantes ou des drosophiles génétiquement modifiées.

    Dans les laboratoires, nous prenons bien soin de confiner nos cultures, de javelliser tout ce qui a été en contact avec l'OGM et de stériliser nos déchets. Les exemples sont nombreux, notamment dans la génèse des cancers où des proto-oncogènes portés par exemple par des virus, vont se retrouver insérés dans le génome humain, où des translocations chromosomiques vont - selon des probabilités infimes - produire des protéines anormales et déréguler des fonctions cellulaires qui doivent être très strictement régulées. Ces phénomènes n'étant qu'un élément favorisant dans la genèse de cette maladie multifactorielle qu'est le cancer. Ainsi je redouble de précautions parce que j'utilise mes OGM pour produire certaines protéines de la signalisation activées par des mutations, si bien que mes collègues me haïssent et détestent mon parfum : javel de Dior.

    Alors comment un scientifique pourrait-il clamer qu'il n'y a pas de risque ? Il n'y a pas eu de problème pour l'instant ou bien il n'y a pas de risque jusqu'à preuve du contraire, c'est tout ce qu'un scientifique peut dire. Le passage à l'homme de l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine a montré que les barrières d'espèce ne sont pas infranchissables. On s'apercevra peut-être bientôt du lien entre la grippe aviaire et l'élevage concentrationnaire de volailles...

    Alors oui, arracher les maïs transgéniques plantés en plein champ, ce n'est qu'une application du principe de précaution, c'est un geste de protection pour les générations futures. Et une résistance à l'inconscience de ceux qui jouent à l'apprenti sorcier pour de l'argent.

    Légende de l'image : La bactérie Escherichia coli contient un plasmide (petit ADN circulaire à réplication autonome) où est inséré le gène LAC Z de la beta-galactosidase, un enzyme utilisé pour la dégradation des sucres. L'expression de la beta-galactosidase par dérépression de son promoteur va permettre la dégradation d'un analogue du substrat de l'enzyme qui devient alors bleu. Ce test blanc-bleu est souvent utilisé comme marqueur dans les expériences de sous-clonage (insertion d'un ADN étranger dans un plasmide). Les boites de Petri sur lesquelles est cultivée la bactérie ont été éliminées après stérilisation (20 min à 180°C).

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  • Non à l'arbitraire

    Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à mettre sa vie en danger, et à s'imposer des souffrances extrèmes ? La folie ? La défense de la justice ? L'extrème dépendance aux endorphines ? Le masochisme ?