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  • Alcooliques Anonymes : 50 ans, toujours le même et pourtant si différent !

    Ils sont venus d’Allemagne, du Canada, de Belgique, et de toute la France, par bus entiers, pour ce 50ème anniversaire !

    Ils se sont mêlés aux quelques 1600 personnes qui se pressaient en réunions plénières, ou débordaient des salles de réunion Al-Anon et Alateen, organisés par l’entourage des alcooliques. Pour les proches d’alcooliques, il s’agit d’apprendre à cesser de croire que l’on est responsable ou qu’on peut sauver le malade.

     

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    La moyenne d’âge des AA est celle du mouvement. AA a vieilli et surtout AA a changé. Une majorité de femmes a témoigné en plénière. Et surtout :

    … les alcooliques jeunes sont particulièrement vulnérables parce que souvent dépendants d'autres produits. Plus de la moitié des alcooliques de 25 ans sont poly-usagers. Ils consomment surtout du cannabis, mais aussi des médicaments ou des opiacés.

    dit le Docteur Palomino, psychiatre et président du Conseil d’administration de l’association.

    A la réunion « Poly-dépendance », le climat de confiance que permet l’anonymat a fait fuser de joyeux partages. Nous sommes tous poly-dépendants finalement, jonglant d’une dépendance à l’autre. On constate que beaucoup des alcooliques, anorexiques-boulimiques, dépendants affectifs et sexuels, dépendants aux drogues, au travail, joueurs compulsifs, les gens qui se mutilent aussi, sont des enfants d’alcooliques. Et la prévention consisterait peut-être à créer plus de groupes pour les jeunes, afin de verbaliser plus tôt le chaos dans la tête, l’anesthésie des sentiments, le mal être indicible. Certains poly-dépendants disent avoir mis à jour des souvenirs refoulés d’inceste. D’ailleurs, l’inceste ou les comportements incestueux ne sont jamais loin lorsque les inhibitions de l’alcoolique en phase active sont levées. Et l’éclatement des familles et la garde alternée font que les enfants se retrouvent souvent seuls avec le parent alcoolisé.

    En AA, on ne fait pas de culte de la personnalité, mais on chérit les « dinosaures » qui ont fondé le mouvement en France. Ils avaient rêvé qu’un jour on serait des milliers !

    Ils nous rappellent qu’être AA est un privilège, qu’en AA, l’alcoolique apprend à se tenir debout. Qu’il faut toucher le fond de la culpabilité, de l’humiliation, pour en venir à pousser la porte des AA. Que les médecins et les prêtres sont impuissants à traiter cette maladie. Qu’à la place de l’alcool, il faut mettre quelque chose, et que ce quelque chose est un programme spirituel, un programme d’amour qui n’est pas réservé aux alcooliques.

    Ceux qui ont mis au point le langage du cœur ont trouvé la formule pour aider l’humanité.

    A la réunion plénière du dimanche, il est d’usage d’appeler les alcooliques à se lever, en fonction de leur nombre d’années d’abstinence. Certains ont été délivrés de l’envie de boire, dès le premier jour, d’autres ont dû lutter pendant des années avant d’atteindre la sobriété. Notre méthode exige une rigoureuse honnêteté. Ceux qui ont eu le courage de ne pas se lever, avouant ainsi qu’ils ont rechuté, ceux-là sont sur la bonne voie !