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  • SHOAH

    Le film de Claude Lanzmann a certainement contribué à imposer le nom de Shoah pour l’extermination des juifs par les nazis.

    Le DVD sort peu de la médiathèque, chaque fois que j’ai cherché à le localiser, il était là. Dommage. Non, c’est tout à fait faisable de visionner 9h30 de ce document. Le rythme est plutôt lent car l’intégralité des témoignages est laissée, peut-être pour que personne ne puisse contester la traduction.

    Raul Hilberg, historien, nous apprend que les nazis n’ont inventé qu’une chose parmi la liste des horreurs infligées aux juifs de tous temps, la « solution finale », dont le succès nécessitait un engagement au secret (signé) par ses protagonistes, mais aucun document écrit la décrivant.

    « Si je sors d’ici, il ne restera que moi au monde », se dit l’un des deux survivants de Chelmno, au début du film.

    « Je suis le dernier juif », pense le dernier survivant du ghetto de Varsovie, à la fin du film.

    « Survivre n’a aucun sens », se dit Filip Müller, un membre du commando spécial et il entre lui aussi dans la chambre à gaz. Mourir non plus, lui fait-on comprendre. Ainsi il pourra témoigner.

    D’autres témoins se sont évadés dans le but d’alerter le monde sur ce qui se passait à Auschwitz.

    Des SS interviewés en caméra cachée, on apprend comment les nazis ont perfectionné une machinerie d’extermination faute de quoi les corps pourrissaient à la chaleur. Au début, les gaz d’échappement, puis les camions à gaz eux-mêmes, les fosses communes puis les fours crématoires pour qu’il ne reste aucune trace. Le camouflage du boyau menant à la chambre à gaz, les détails pour rendre véridique le scénario de la douche de désinfection, visant à huiler le fonctionnement de la machinerie d’extermination, pour maintenir le rendement. Les hommes du commando spécial travaillant à la chambre à gaz, étaient tout d’abord liquidés quotidiennement, ceux qui survécurent le doivent aussi à un souci d’efficacité. Lorsque le rythme des transports diminue, survient la famine, et son compagnon, le typhus.

    L’ordre de route N°587 des trains de la mort vers Treblinka : le train porte un numéro dans les 980, aller à plein, retour à vide, un numéro pour le train aller, un pour le train retour, 50 wagons de 200 personnes chacun. Le compte est presque bon. Les juifs ont payé eux-mêmes leur voyage aux chemins de fer allemands.

    Etait-il possible d’ignorer ce qui se passait ? La réaction du bureaucrate allemand gérant le trafic ferroviaire. Il ignorait tout et sans doute n’aurait-il pas été prudent de se douter de quelque chose. On n’osait rien évoquer.

    L’antisémitisme latent des voisins polonais qui occupent désormais les maisons juives : les juifs étaient riches. Oui, on savait qu’ils étaient exterminés. On prévenait les arrivants en faisant le signe de se trancher la gorge.

    Et le monde extérieur ?

    Des responsables du ghetto chargent Jan Karski, un diplomate clandestin du gouvernement polonais en exil, d’informer le plus de monde possible du génocide intenté contre le peuple juif. Ils demandent des mesures exceptionnelles aux alliés, ils demandent des armes pour la résistance du ghetto de Varsovie. Pour qu’il témoigne mieux de ce qu’il a vu de ses propres yeux, ils l’emmènent visiter le ghetto, où il peut se rendre compte de la déshumanisation qui y règne (cadavres nus dans la rue, enfants qui font semblant de jouer, mendicité, troc, peur, terreur, faim, meurtres). Karski transmettra le message et notamment à Roosevelt en 1943.