Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Séminaire freemen (atelier Etat du monde)

Etaient présents, pas mal d’utopistes, quelques autodidactes et un jean-foutre auto-proclamé.
Ce compte-rendu n’engage que moi. Voici ce que j’ai entendu et noté. Aucun nom d’homme ou de femme politique ne fut prononcé.
Si le capitalisme a d’abord été un générateur de richesses, il est de plus en plus un générateur d’inégalités. Ce monde est un monde d’aberrations gouverné par la rentabilité.
Exemple : « On nous met au chômage pour payer nos retraites » (le placement des fonds de retraite dans les entreprises conduit celles-ci à licencier pour maintenir leurs profits).
Des voix s’élèvent pour dénoncer les aberrations (exemples détaillés ici) et les manipulations de la publicité, pour dire qu’on est là parce que  « Je suis dans un monde que je ne comprends pas » et pour souligner que ceux qui sont dans l’extrême pauvreté ont bien d’autres préoccupations quotidiennes que le réchauffement climatique. AberrationsScandales: « on meurt encore de faim et on détruit des excédents » « quelque part un homme tue un autre homme et nous sommes responsables ».
Certains ont tenté d’infiltrer le système pour le changer de l’intérieur, mais ils se heurtent à une grande inertie, à une bonne conscience facile à acquérir. Par exemple, le commerce équitable est devenu un produit de marketing, les pollueurs et les rallyes se dédouanent d’une obole à l’humanitaire.
Certains déclarent : « Je ne crois pas aux idéologies. L’idéologie néo-libérale ment. Je suis pour une gouvernance mondiale ». Certains camarades veulent aussi supprimer la bourse et partager équitablement la richesse mondiale entre tous. Cela peut sembler utopique mais l’équilibre actuel est si précaire qu’il suffirait d’une guerre pour enrayer la machine et obliger à des changements drastiques. A moins qu’il ne soit trop tard : « Je n’ai aucun espoir » dit la voix la plus pessimiste.
Certains pensent que cette utopie est inopérationnelle, qu’il faut prendre des mesures à un rythme de transition, commencer par interdire certaines pratiques, telles que les transports inutiles, il faut donc que l’énergie devienne de plus en plus chère. Mais cette mesure toucherait en tout premier lieu les plus pauvres.
La coupe étant vraiment pleine, il faut préparer le débordement.
« Faire par la raison, déborder le vase »
Certains sont encore plus radicaux : « Nous sommes en guerre, la guerre que chacun semble redouter, elle est déjà là. Nous sommes responsables des morts dans les guerres actuelles, notre responsabilité est indissociable de notre liberté. »
L’ennemi est devenu désincarné. Le capitalisme désincarné est en guerre contre l’humanité.
Le capitalisme est un intégrisme.
Ils citent des paroles de résistant de la première heure (pendant la seconde guerre mondiale) à qui on disait : « des résistants, il y en avait peu !». Réponse : « Des résistants, il y en avait quand même ! ». 1% de résistants suffiraient à rendre au monde de l’humanité.
Des voix optimistes se font entendre : « J’aime cette époque où l’on a le choix entre participation ou démission, où l’on peut innover, inventer. » Nous avons besoin de rêver, de recommencer à se parler. Nous pouvons privilégier les expériences locales pour construire quelque chose de beau.
Les raisonnables soulignent le risque « Cette guerre provoquera le massacre de milliards de personnes ». Les puissances militaires ne se laisseront pas déposséder de la richesse.
Mais nous ne sommes pas seuls et partout dans le monde, d’autres groupes entament la même réflexion.
Quelles pistes alors pour les projets freemen ?
« Le projet se construit dans l’action. » Les projets clé-en-main rencontrent toujours des oppositions, ils ne peuvent être appliqués.
Notre job, c’est de fournir du sens : par les autoroutes de l’information (Internet), échanger des histoires.  Il s’agit de vaincre l’inertie de ceux qui veulent éviter de prendre le risque de l’inconnu. Les hommes libres se définissent par leur capacité à penser différemment.
Comment agir ? Commencer par changer son comportement. Il nous faut petit à petit baisser le niveau de collaboration et augmenter le niveau de résistance.
Badigeonner la publicité de nez rouges, empêcher les réunions de ceux que l’on juge responsables (OMC, G8), prendre les armes commes les zapatistes, détruire la bourse, aboutir à l’interdiction du profit et du capital.
Envisager de prendre des risques et de se battre physiquement pour protéger les minorités menacées. La résistance devra sans doute, quand le moment sera venu, prendre des formes très dures et très radicales, à la Gandhi. Un jour viendra où il faudra franchir le pas de ne plus collaborer au système actuel, ne plus payer ses impôts, ne plus travailler, risquer la prison, et pire encore…

 

Commentaires

  • Yés !!! Trés en forme à ce que je vois ! Bises de Nath.

  • C'est le début du grand soir si je comprends bien.

    Il faut relire certains textes de l'époque de l'an 01 et de la "Gueule ouverte" avec Gébé, Fournier et Isabelle, la compagne de Cabu. Qu'est ce qu'il en reste presque 40 ans plus tard? Certes la situation ne s'est pas améliorée mais si on regarde les détails, ces utopistes se plantaient pas mal et le diable est dans les détails...
    Il y a un constante avec 68 c'est le nombre de flacons.

    Autre remarque:
    "Par exemple, le commerce équitable est devenu un produit de marketing"
    ...et pourquoi pas? C'est quand même mieux que de laisser les intermédiaires s'engraisser sans rien faire. Ce genre de remarque ne cache-t-elle pas une inadaptation, une sorte d'angoisse et de névrose de la part des gens qui l'émettent?

  • Joël,
    J'ai de graves lacunes culturelles et je ne connais pas la littérature dont tu parles, à découvrir sans doute.
    Aussi je n'ai pas connu mai 68, j'étais un peu jeune et en vacances avec mes parents.

    Inadaptation, angoisse et névrose : à mon avis, ne pas être angoissé, c'est être inconscient. Comme le dit le titre de ce blog, je suis persuadée que Le XXIème siècle sera utopie ou ne sera pas. Il n'est plus temps d'être adapté, la situation est grave, il y a urgence, le monde actuel est foutu, à moins d'un changement drastique.

    Il est sans doute déjà trop tard mais on aura essayé...
    Ceci dit, être désespéré n'empêche pas de prendre la vie qui reste avec humour... en attendant que la gravité s'impose...

  • C'est une question d'âge, tu as raison, mais sans vouloir donner de leçon, il n'est pas inutile de lire ce que d'autres ont écrit dans d'autres époques pour relativiser la gravité de la situation actuelle. La réflexion écologiste n'est pas nouvelle et on voit avec le recul que le pire n'est jamais sûr.

    "Inadaptation, angoisse et névrose : à mon avis, ne pas être angoissé, c'est être inconscient."
    Il me semble que tu m'as mal compris. J'ai voulu dire que les gens (de ton compte-rendu) qui faisaient la remarque sur l'aspect marketing du commerce équitable étaient névrosés. C'est à dire qu'ils ont tellement peur du monde dans lequel ils vivent qu'ils ne supportent pas que l'on puisse développer un marché (marketing) avec des produits du commerce équitable. Je pense personnellement que c'est un bonne chose (le marketing) pour pousser cette idée qui consiste à payer un prix correct aux producteurs en évitant les fluctuations spéculatives du marché des matières premières.

    Il faut garder son humour mais aussi son optimisme: Le pire n'est jamais sûr. Il y a sur cette planète pas mal de gens qui pensent que la situation s'améliorent et ce ne sont pas tous des nababs. Tu auras compris que je ne suis pas du camp des preneurs d'armes.

    Je n'oublie pas que c'est l'extrême gauche de Laguiller/Krivine qui a fait capoter une motion au parlement européen qui proposait une mise en place de la Taxe Tobin à l'essai avec un taux infime voire nul pour commencer. Un faux départ qui aura coûter qq années.

  • Il s'est effectivement évoqué des méthodes plutôt radicales, comme "interdire la bourse" et à terme "prendre les armes" peut-être....

    Pour autant que je me souvienne de notre conversation il me semble y avoir identifié le mélange de propos très idéalistes vers des actions très largement hors de notre portée (interdire la bourse) et l'évocation d'issues conflictuelles, de conflits que nous n'aurions pas initiés mais dans lesquels nous serions pris avec la conséquence que notamment la protection des plus défavorisés nous contraindrait à prendre les armes : s'armer en désespoir de cause pour "sauver ce qui peut l'être" et tenter de créer un certain équilibre car toutes les autres moyens d'actions seraient devenus inopérants.

    Concernant la lutte armée etait-ce bien là le sens de ce qui s'est dit et celui de nos intentions ?

    Je n'ai pas senti de la part des Freemen impliqués dans cette discussion ce jour là d'intentions belliqueuses a priori mais l'évocation de situations extrêmes nécessitant l'emploi de moyens extrêmes, et le souhait que ce type d'extrémités ne soit pas atteint.

    En somme nous avons passé assez rapidement en revue un certain nombre d'hypothèses et de méthodes qui, chacune, aurait nécessité un approfondissement qui nous aurait demandé quelques heures.

    De mon point de vue il ressort essentiellement de cet atelier ces quelques points :
    - le monde souffre de déséquilibres graves qui mettent aujourd'hui en danger la survie, la vie d'une partie de la population mondiale
    - les voies empruntées aujourd'hui par "le capitalisme" sont en grande partie responsables de ces déséquilibres
    - Il n'y a pas d'autre solution que de réformer ce capitalisme
    - notre devoir est de lui résister et de travailler à cette réforme

    Et un questionnement auquel nous n'avons fourni aucune réponse qui tracerait notre feuille de route : comment résister ?

    C'est très heureux car c'est une question difficile qu'on ne pourrait régler en quelques discussions tant les points sur lesquels il faudrait agir et les méthodes que nous pourrions utiliser sont nombreux et variés dans leur nature.

    Et c'est très cohérent avec l'atelier de la veille qui se questionnait sur ce qu'étaient les Freemen et ce qu'ils voulaient, qui s'est conclu ainsi :
    - Les Freemen sont des personnes qui se sont établies en réseau en accord avec 2 phrases fondatrices (A tous les hommes libres, lien ci-contre)
    - Ces personnes demeurent libres de leurs pensées, de leurs propos et de leurs actions et ne sont liées par aucune obligation
    - Aucune hiérarchie, aucune contrainte, aucun mot d'ordre chez les Freemen

    Nous sommes donc très loin du "groupe clandestin d'activistes décidés et puissamment armés" dont l'ombre pourrait se profiler quand on lit "détruire la bourse", "se battre physiquement"...

    Heureusement car appartenir à un tel groupe ne fait partie d'aucun de mes rêves, considérant que les formes physiques de combat marquent systématiquement l'échec et les limites de l'intelligence, dans laquelle je place toujours - encore - quelques miettes d'espoir.

    Alors certes l'intelligence n'a pas toujours été au rendez-vous, l'histoire nous l'a montré, mais tentons de la partager, entre nous et avec "nos adversaires"...

  • Ecrire un compte-rendu est un exercice difficile où un mot de trop peut entraîner une polémique et nous aliéner nos amis.

    Ainsi, j'ai déjà modifié le texte qui évoquait précédemment un projet freemen, alors qu'aucun projet ne peut se définir freemen, tant les sensibilités sont différentes.

    En relisant mes notes, je me suis aperçue que prendre les armes référait aux zapatistes dont l'organisation en armée ne semble pas s'accompagner d'actions violentes.

    Détruire la bourse ou la paralyser, en tant que symbole du capitalisme...

    Aussi, associer commerce équitable et produit de marketing était un raccourci, ce qui a été dénoncé c'est plutôt que certains fassent du profit au nom du commerce équitable.

  • C'est marrant, j'étais juste en train de me dire que c'était une sacrée gageure de faire ce compte-rendu.

    Je m'excuse de revenir sur mes vieilles références mais à la lecture, ce qui m'a frappé c'est le peu de progrès réalisés depuis la Gueule Ouverte. http://lgopje.free.fr/
    Pire, en recherchant ces fameuses références pour éclairer les jeunes générations, je ne trouve rien de bien instructif sur le net, endroit de tous les savoirs s'il en est.

    Qu'en conclure? Sans aucun doute un manque de suivi et de sérieux. Un dilettantisme (désolé) de la part des écolos les plus radicaux qui inquiète et met sérieusement en doute leur soi-disant radicalité.

    Dans le camp des libéraux aveugles, il y a des affreux sans doute mais ce sont des économistes, des politiques qui connaissent bien leur domaine. Si on veut changer les choses, il faut apprendre, comprendre, ou s'aligner derrière les gens qui savent. Foin de bonne volonté, il nous faut du savoir-faire.

  • Oui, un exercice difficile, Dilettante, et il pourrait y avoir autant de compte rendus différents que nous étions de participants.

    Pour ma part je n'en n'écrirai pas, non pour fuir cette difficulté mais parce-que je n'ai pas pris de notes et par manque de temps.

    Cela ne m'empêchera pas de commenter puisque les publications se font sur des blogs mais surtout les commentaires peuvent être vus comme une poursuite de nos réflexions qui ne méritent probablement pas d'être closes.

    Je ne critique pas ton compte rendu ni ton point de vue, j'ai seulement voulu apporter le mien, ce qui montrera au lecteur à quel point nous pouvons être divers : une diversité à laquelle nous tenons tous.

    Et selon moi part la meilleure action que nous puissions avoir serait de « Faire par la raison, déborder le vase » ainsi que tu l'as écrit.

    Et je serais donc assez d'accord avec ces mots de Joël : "Si on veut changer les choses, il faut apprendre, comprendre, ou s'aligner derrière les gens qui savent. Foin de bonne volonté, il nous faut du savoir-faire.".

  • > Joël : sur le commerce équitable, il me semble que ce qui a été évoqué était plus complexe qu'une "névrose" anti-pub. En fait l'idée est que le marketting empêche de réfléchir à ce qu'implique le commerce équitable :
    1) nous consommons des produits dont nous n'avons peut-être pas tant besoin [ou du moin en si grandes quantités]
    2) les coûts de pollution du transport ne sont pas répercutés et les produits concernés viennent souvent de loin [dans l'ensemble, nous étions plutôt ok sur le fait de consommer le plus local possible]
    3) la production de ces denrées modifie l'économie locale du lieu de production, normalise cette économie et oblige les producteurs à acheter des produits qu'ils produisaient eux-mêmes auparavant... et pourtant, elle tourne ;)

  • Excellent !
    il y a des prises de conscience qui se vulgarisent.

  • Vulgarisons, vulgarisons, il en restera peut-être qq chose.

  • دهانات بالرياض

    تنظيف خزانات بجدة

    شركات رش المبيدات حشرية بجدة

    تنظيف خزانات بالرياض

    عملية المرارة بالمنظار

    مكافحة حشرات الفراش

    شركات ابادة الحشرات الرياض

    تنظيف شقق بالمدينة المنورة

    تنظيف فلل بجدة
    كشف تسربات المياه بالرياض
    تنظيف فلل بالرياض

    تنظيف بالرياض

    شركة تنظيف فلل بالدمام

    شركة كشف تسربات بالأحساء

    شركة تنظيف الشبابيك تبوك

Les commentaires sont fermés.