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  • Quelques pistes pour ne plus faire n'importe quoi

    Une des raisons pour lesquelles « on fait n’importe quoi » est qu’on est sans arrêt en train de gérer l’urgence.

    Les livres sur la gestion du temps le disent bien : on fait en priorité ce qui est urgent sur ce qui est important. Et c’est bien là tout le problème.

    Par exemple on envoie une lettre au dernier moment en utilisant un service de messagerie rapide dont la raison d’être est uniquement la gestion de l’urgence. C’est ainsi que des livreurs pressés sillonnent le monde dans tous les sens. Le nom d’un de ces services est d’ailleurs très parlant « Juste à temps ». On pourrait dire aussi « In extremis ».

    C’est ainsi que le héro moderne se procure sa bouffée d’adrénaline en ayant l’impression d’avoir accompli un exploit.

    A côté de ces exploits, combien de contentieux, de problèmes d’emballages, d’erreurs de livraison, de matériel détérioré finissant à la poubelle, autant d’évènements dont le coût humain et matériel est immense.

    Exemple j’ai reçu par erreur un colis à cent balles qui ne m’était pas destiné. J’ai eu l’honnêteté d’en prévenir le fabricant. Qui a envoyé sans me prévenir un livreur pour le récupérer. Lequel livreur (pressé) s’en est retourné par deux fois les mains vides parce que personne n’était au courant. J’attends que cette affaire soit réglée pour récupérer un colis à cent balles qui a probablement été livré à l’autre destinataire.

    Je pourrais multiplier les exemples, parler de ce banquier qui, n’ayant pas monté son dossier de prêt à temps m’a fait courir la ville et tricher  sur les dates des délais de rétractation. Ou de ce gouvernement qui dans l’urgence, donne aux centrales nucléaires l’autorisation de déverser des eaux trop chaudes dans les rivières en France, tuant ainsi les poissons en aval (la pollution nucléaire, c’est le rejet d’eau chaude qui diminue la solubilité de l’oxygène). Pas le temps de planifier, il y avait d’autres urgences à régler. Des urgences électorales par exemple. Ou l’urgence de ne pas appliquer une loi votée par des députés absents (débordés du fait du cumul des mandats ?). L’urgence d’infantiliser les vieux en leur disant de boire, une tâche hautement importante à laquelle s’appliquent les maires en cet été (élections quand tu nous tiens).

    A force de faire n’importe quoi, on ne fait plus rien (de bien).

    Alors ?

    Il est bon de s’accorder cinq minutes de réflexion chaque jour. Sauf lorsqu’on est débordé, auquel cas il faut s’accorder un quart d’heure de réflexion.

    Partir à temps pour être à l’heure.

    Etre réaliste dans l’attribution du temps à une tâche donnée.

    Commencer par se refuser l’utilisation des services de messagerie rapide.

    Commencer par lire les instructions pour ne pas faire d’erreur.

    Vérifier pour ne pas enclencher toute la machinerie de gestion des erreurs.

    Ne pas accepter plus de responsabilités que l’on n’en peut assumer en 24h.

    Refuser les invitations flatteuses, les doctorats honoris causa, les présidences d’honneur, les cumuls de mandats.

    Ne pas être une girouette qui change sans arrêt de cap sous le vent électoral.

    Avoir une (petite) idée de la destination.

  • Intermède

    medium_Le_monstre.jpgParfois il est nécessaire de s'abstraire de la dure réalité, de profiter de la douceur de vivre en France.
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    Seul bémol, les randonneurs ont trop tendance à donner du pain aux animaux, risquant ainsi de bouleverser l'écosystème.

    On est loin de la France poubelle et les espèces sont protégées.

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    Malheureusement il faut bien rentrer.
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  • Points de détail

    Jean-Marie Le Pen a été renvoyé en correctionnelle le 13 juillet 2006 pour ses propos concernant la seconde guerre mondiale. Il aurait dit, entre autres choses, que les chambres à gaz étaient un point de détail. C'est du moins ce que ses adversaires retiennent.

    Ainsi vont les débats : ils achoppent sur un point de détail, et c'est parti dans les définitions, les justifications, les citations partielles et partiales. Et celui qui est pris dans l'engrenage ne se rend pas compte d'une chose, c'est que même son contradicteur ne l'écoute pas. Son contradicteur est juste là à l'affut du mot pour rebondir, relancer, reprendre l'avantage et débattre encore et toujours.

    C'est pourquoi je n'aime pas débattre, on se perd toujours dans les points de détail.

    Pour en revenir à notre débat du jour, je soutiens quant à moi que Le Pen a raison et que les chambres à gaz étaient bel et bien un point de détail. Voyez un peu dans le film Shoah de Claude Lanzmann ces malheureux nazis qui n'arrivaient pas à tuer assez efficacement pour remplir leurs quotas. La mort dans les chambres à gaz, n'était-elle pas moins cruelle que la mort de faim des squelettes épuisés, ou que la mort de froid lors des appels interminables ? Vous me direz que les squelettes épuisés avaient au moins l'espoir...

    Je bondis toujours lorsqu'on s'affole contre les mines anti-personnelles. Elles mutilent les innocents, les enfants ? Parce que les armes "propres" respectent les innocents ? Les gaz toxiques, vecteurs invisibles de la mort et leur neurotoxicité, il faut les interdire ? En quoi diffèrent-ils tant des bombes nucléaires ? Croyez-vous qu'on meurt proprement les membres arrachés, ou le corps déchiqueté de mitraille, ou l'abdomen en bouillie ? Qu'est-ce qui est pire comme séquelle, l'inconscience, le handicap ou la folie ? Croyez-vous qu'il y ait une guerre propre ?

    Il n'y a rien à débattre, le détail qui tue, c'est la guerre !

     

  • Destruction du Liban par Israël

    Je suis triste parce que je ne peux plus parler à mes amis israëliens qui puisqu'ils ne disent rien sont complices. Une amitié d'ailleurs fragile parce que préservée en évitant toute question politique. Sans doute dois-je dire adieu à mes rêves d'errances dans Jérusalem. Peut-être sous peu n'y aura-t-il plus de Jérusalem d'ailleurs...

    Je ne les comprends pas les israëliens, j'ai essayé pourtant. Mais les plus modérés, même des personnes d'une grande morale personnelle,  m'affirment qu'ils ont besoin d'un pays pour vivre, parce que même s'ils ne sont pas religieux, ils ont leurs coutumes, et que leur pays c'est ici. Point. Ils ne semblent pas préoccupés par la façon dont sont traités les palestiniens, parqués, sans travail, ou humiliés à chaque instant pour effectuer les plus basses besognes.

    L'identité juive, semble si difficile à assumer qu'il faille la revendiquer en suscitant la haine !

    Dans l'autre camp, je suis pleine de mépris pour ces dirigeants iraniens qui menacent de riposte si Israël s'en prend à la Syrie ! Parce que, qu'Israël détruise le Liban, tout le monde s'en fout évidemment. Ou je rage d'entendre des déclarations molles de condamnation. Déjà, pendant la "guerre du Liban", personne n'avait pris la défense de ce pays, et surtout pas les américains pourtant appelés au secours, eux qui allaient déclarer la "première guerre du golfe" lorsque leurs intérêts pétroliers furent menacés par l'invasion du Koweit.

    Au Liban, il n'y a pas de pétrole.

    Alors prenant prétexte de quelques provocations (l'enlèvement de deux soldats israëlien) et de la menace du Hezbollah (concrétisée jusqu'ici par un tir de roquette sur Haïfa), l'armée israélienne qui n'a même pas pris les leçons du grand frère américain pour les frappes chirurgicales, se met à détruire systématiquement les ponts, l'aéroport, les centrales électriques, les réserves de pétrole, les centres téléphoniques. Puis avec des ultimatums de deux heures ordonnant aux habitants de fuir, vient frapper systématiquement les villages du sud, tuant des innocents.

    J'essaie de réfréner la haine, mais je la comprends si bien. Lors de ma première visite au Liban en 1992 dans la famille de mon mari, et dans les années qui ont suivi, la puanteur, les décharges sauvages, les bouchons épouvantables étaient le témoignage de la désorganisation du pays par la guerre qui avait à peine pris fin. Nous voilà revenus à la situation antérieure, tout le lent travail de reconstruction est perdu, tout est à refaire. Pas d'électricité, pas de congélateur, pas de transports, pas d'approvisionnement, pas de fuite possible. (Dites vous bien que si cela arrivait en France, ce serait la famine !).

    Qui dit guerre dit aussi chômage, désoeuvrement, et retour en arrière pour les fragiles avancées. A part qu'au Liban, on n'est pas au chômage, on est dans les affaires... Chacun vivote comme il peut. Qui dit désoeuvrement dit politisation à outrance par une télévision qui repasse en boucle les déclarations des dirigeants sans pouvoir vendus à la Syrie et les photos de martyrs - et ils sont nombreux à avoir ce titre de martyr accolé à son nom - , qui s'affole aujourd'hui à la rumeur d'utilisation de gaz toxiques par les israëliens. Qui attise la haine et comment pourrait-il en être autrement ?

    Mais les civils innocents des villages du sud sont-ils si innocents que ça après tout, car ils ont tous un fils, un neveu, un frère qui est devenu Hezbollah. Pourquoi ? Par désoeuvrement, endoctrinement, conviction ou grâce aux cent dollars mensuels versés aux femmes qui portent le tchador ? On le reconnaît aisément à sa barbe et au fait qu'il ne serre plus la main aux femmes. Le chef de mon village, un homme au visage noble, qui a sauvé des chrétiens pendant la guerre et protégera encore ma belle-famille, a lui aussi un fils Hezbollah. Je crois qu'il s'en attriste. Mais qu'y peut-il ? Et est-ce une raison pour le tuer ?

    Je crois qu'Israël avant d'affronter peut-être l'Iran ou la Syrie, se fait la main sur les plus faibles. Je n'appelle pas cela de la fermeté, mais de la lâcheté. Hélas. J'ai bien peur que ce ne soit irrémédiable. Nombreux sont désormais les libanais de toutes confessions qui se mettent à fantasmer d'aller se faire sauter sur une place de Tel-Aviv.

  • N'attendez pas d'être mort pour profiter de la vie

    Dépensez tout, vivez heureux, de Stephen M. Pollan, le Cherche midi éditeur

    Ce livre m'est d'actualité parce que j'ai démarré une action de résistance qui consiste à payer en liquide un maximum de choses. Rappelez-vous les films d'espionnage où le héro en fuite est dénoncé par sa carte de crédit. J'en ai assez d'être fliquée ! Il faut donc commencer par jeter sa carte bleue à la poubelle !

    Donc payer en liquide, permet déjà de connaître la valeur des choses, et a sans doute une action anti-consommation aveugle. Combien de fois en effet ai-je tapé mon code de carte bleue sans regarder le montant de mes achats ? Payer en liquide, cela implique des sacrifices, comme renoncer à une carte de client privilégié et faire une queue plus longue dans le supermarché ou au guichet de la sncf.

    Deuxième résolution : ne plus utiliser le crédit sauf cas d'extrême nécessité. Ce qui implique d'attendre d'avoir suffisamment d'économies pour pouvoir s'offrir le dernier gadget de la consommation. Peut-être que d'ici là l'envie suscitée par la publicité aura passé. Résister aux sirènes des crédits revolving qui proposent la satisfaction immédiate de besoins factices à des taux avoisinants ceux de l'usure. Ainsi on économise, on rembourse peu à peu ses crédits au lieu de boursicoter...

    Troisième résolution : ne pas se soucier de sa retraite. Etant entendu que si l'on travaille, c'est bien sûr pour vivre, mais qu'on a le choix de faire un travail qui nous plait, pourquoi faudrait-il s'arrêter ? Au contraire, on peut planifier de travailler moins maintenant et d'avoir toujours des activités rémunérées quand le grand âge sera venu. Si l'on n'est pas satisfait de ses conditions de travail, on pourra toujours en changer, au pire lors d'une mise d'office à la retraite. Ainsi pas de plan d'épargne retraite, pas de rachat de points, pas de placement immobilier dans des résidences pour étudiants aux loyers exorbitants...

    Quatrième résolution : mourir sans le sou. Je ne dis pas cela parce que je n'ai pas d'enfants. Si j'en avais, pourquoi devraient-ils attendre ma mort pour recevoir des cadeaux de ma part ? C'est un pousse-au-meurtre ! Et d'ailleurs pourquoi ne leur ferais-je pas assez confiance pour les laisser acquérir eux-mêmes grâce au fruit de leur travail tout ce dont ils ont besoin ? Il y a de par le monde et même en France tant de gens bien plus défavorisés avec qui jouer au Père Noël. Pourquoi ne pas adopter d'autres enfants, et partager avec eux au moins le superflu ? Tout de suite.

  • Quelle particularité française pourrait-on bien défendre ?

    La question est posée à tous ceux qui voudraient bouter hors de France tous les clandestins et autres immigrés régularisés ou non.

    Je ne pense pas que le français diffère de ses voisins dans sa façon d'être scotché au journal télévisé et de s'avaler les mauvaises nouvelles énoncées avec partialité par des journalistes porte-micros du pouvoir. Ni dans celle de parler avec conviction du temps qu'il va faire et des mesures du plan-canicule et de laisser la météo dicter sa conduite. Ni dans sa façon de s'en remettre à un hasard improbable et de payer l'impôt à la française des jeux au lieu de compter sur l'effort personnel. Ni de préférer les aventures des people et autres élections de Miss Monde, à toutes les belles histoires de résistance. Ni, à défaut d'être bien informé par une presse dépendante, croire le dernier qui a parlé, et s'en aller voter Chirac ou Le Pen avec conviction.

    Il existe d'autres pays où les élections ne sont pas libres non plus et où les journalistes coupent la parole aux candidats démocratiquement arrivés au second tour. Où un ministre de la santé peut faire retirer un rapport de l'Inserm diligenté par ses prédécesseurs, à la demande de ses amis psychanalystes. Où pour avoir manifesté contre la folie des grandeurs, on a droit à son prélèvement d'ADN. Où les lois votées sont retirées. Où les gouvernements sont impuissants.

    Je ne pense pas non plus que ce soit une particularité française que le moteur de la plupart des manipulations soit la peur. On a peur de l'étranger et de sa différence, peur qu'avec sa natalité galopante, il fasse du bruit dans nos immeubles, peur qu'il bénéficie à tort de NOTRE sécurité sociale, peur qu'il nous ennuie aux carrefours en vendant un journal de SDF. Peur qu'il vienne camper dans nos monuments et qu'il omette de trier ses déchets dans la poubelle. Peur d'aller dans certains quartiers, réputés à risque, peur de faire une remarque et de se faire rabrouer, peur des gitans et des cambriolages, peur de cette personne à la mine patibulaire, peur des propriétaires de chiens et des violeurs d'enfants.

    A ceux qui croient qu'en accueillant plus d'immigrés la France va devenir une poubelle, je voudrais dire ceci : ce qui fait la poubelle, c'est le manque de qualité de son contenu. Nous faisons de la France une poubelle lorsque nous français, nous nous laissons submerger par la peur, lorsque nous chions dans notre froc. Lorsque, obnubilés par ce que nous racontent les médias achetés,  nous en oublions de prendre le temps de réfléchir et d'avoir une idée personnelle. Lorsque nous oublions d'être fidèles aux principes de générosité auxquels nous avons cru autrefois, ces mêmes principes qui ont conduit nos prédécesseurs à abolir l'esclavage et les privilèges. Lorsque nous oublions notre responsabilité et notre objectivité et que nous préférons rejeter les fautes sur les autres. Lorsque nous sommes infidèles à l'idéal qui nous rendait meilleur. Aussi, la première chose c'est d'avoir du courage. La seconde de refuser les idées toutes faites. La troisième de voir plus loin que le bout de son nez.

    A ceux qui ont peur de l'immigration, je dirais : tremblez ! Un jour viendra où les militaires postés à la frontière du monde privilégié ne pourront se résoudre à tirer sur des enfants, et où les barricades cèderont sous la poussée de la multitude désespérée, des boat-people et des réfugiés arrivés à la nage. Ce jour-là, nous regretterons de n'avoir pas cherché plus tôt comment partager, la vague déferlante risquant bien de tout détruire sur son passage. Et partager cela commence bien sûr par les français défavorisés, tant il est vrai que l'Autre, c'est aussi nous.