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  • Non aux violences de la consommation

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    Que dire sinon que c'est à hurler ?

    Comme chaque année, les grandes surfaces s'apprêtent à faire le maximum de chiffre d'affaire sur le dos du consommateur moyen. En envoyant des pubs du genre "Voici venu le temps tant attendu des fêtes !" (comme si les gens aimaient les fêtes) et de vous proposer des crédits revolving à 18%, cachés derrière des offres à 8% sur trois mois. Tiens ça me fait penser à cette publicité pour un crédit à 3,95% (en microscopique, on lit : à partir de, et on découvre en étudiant les taux que ce taux n'est proposé que pour 20000 Euros sur 12 mois !!!).

    Comme d'habitude certains vont mettre plusieurs mois à s'en remettre, privés de tout en janvier, février, mars, faute d'argent. Et dans leur désespoir, il vont rêver de gagner au grattage et au tirage et paieront leur impôt indirect à la Française des Jeux.

    Ce dernier week-end de novembre, certains ne vont pas consommer, et ce n'est pas à cause de la journée sans achats. C'est juste qu'ils n'ont pas reçu leur paie ou leurs allocations, ou leur retraite, et qu'ils ont commencé à être saignés à blanc depuis le début du mois. Au total, ça fait presque une moitié d'année de privations, pour une poussée consommatrice compulsive de fin d'année.

    En attendant, les grandes surfaces se font encore du fric sur le dos du donateur, sensibilisé ou culpabilisé, qui achète des produits pour les placer dans les caddies de la banque alimentaire.

    Et à quoi sert la banque alimentaire ? A fournir des denrées alimentaires aux familles nécessiteuses, alors que nous tous crevons de suralimentation. Il y a un problème, là. Que faire ?

    C'est facile, le champagne, ça sert aux milliardaires à se baigner dedans et quand on y pense, c'est dégueulasse !

    Le saumon fumé, c'est bien connu, il est bourré de mercure et de teintures adaptées au goût (vous y croyez vous que c'est au goût ?) de chaque pays, il est plus jaune en italie par exemple, et le rose est réservé à la truite.

    Le foie gras, il est grand temps d'y renoncer quand on voit les tortures infligées aux malheureuses oies gavées.

    La dinde aux marrons, c'est drôlement étouffe-chrétien, comme dirait le chanteur Renaud. "Je voudrais tous les voir crever étouffés de dinde au marron"

    De plus en plus de personnes souffrent de migraines pour avoir abusé des chocolats. Je suis sûre que certains n'y survivent pas à cette épreuve des fêtes de fin d'année, qu'ils se suicident de devoir se priver toute l'année et se gaver de Slim Fast pour ne pas ressembler à des porcelets. Holà ne savez-vous pas que les régimes accordéon sont la principale cause de l'obésité ? Que le corps sait ce dont il a besoin et ne se laisse pas leurrer par des produits de substitution. Que tôt ou tard, il se révoltera.

    Refusons la violence : violence des après-midi perdus dans les queues surchauffées des supermarchés. Violence des tickets de caisse qui nous mettent à découvert et nous plombent l'horizon. Violence des estomacs distendus et des malaises des soirs de gueuleton. Violence des emballages qui s'empilent et des achats qui débordent des placards. Violence de l'envahissement de l'espace vital par des objets. Violence des régimes salade ou ananas. Violence des privations volontaires ou forcées.

  • 46ème anniversaire Alcooliques Anonymes France

    medium_tryptiqueG.2.jpgC'est aussi l'anniversaire des 30 ans d'abstinence de Jean qui se présente : Alcoolique, Vivant, Abstinant, Reconnaissant.

    Il décrit la bouteille de bourbon Four Roses qu'il a bue pour se donner le courage d'arriver en rampant au 2ème étage où avait lieu une des toutes premières réunions des AA de sa ville.

    Depuis plus de 70 ans, le mouvement AA a conduit des millions d'alcooliques à travers le monde à se rétablir de cette cruelle maladie, maladie de la peur, de la non-expression des émotions, de la solitude, selon Bill, le co-fondateur des AA.

    Une fois que l'alcoolique a tout tenté, a lutté seul, a touché son fond, il se peut qu'une Puissance Supérieure l'incite à pousser la porte et à partager autour de cette table, avec ses semblables, à faire sa première étape, c'est à dire avouer sa défaite et son impuissance car l'alcool est un ennemi puissant, déroutant, sournois.

    Le doyen des AA de France nous dit que la trajectoire de l'alcoolique ne s'arrête pas mais commence lorsqu'il rencontre les AA. Le groupe est un collectif d'où émane une force indéfinissable, qui permet d'arrêter de boire, pour 24h à la fois, qui aide à ne pas prendre le premiere verre. Force faite d'amour, de compréhension, de tolérance, d'entraide mutuelle.

    Il décrit le malade alcoolique, comme quelqu'un qui manque de maturité émotive, qui se cherche des souffrances, qui porte son propre ennemi en soi-même, qui ne peut se donner la permission d'être heureux.

    Bill et Bob ont découvert que le rétablissement passe par un programme en Douze Etapes, qui va procéder à une véritable rénovation mentale, un programme spirituel...

    AA est aussi un fabuleux exemple de démocratie qui fonctionne depuis plus de 70 ans, sans chefs, les dirigeants étant au service des membres, pour des mandats limités dans le temps. De plus AA ne demande aucune subvention et subsiste uniquement par les contributions de ses membres en fonction de leurs moyens.

    Et pour ceux qui n'ont pas la chance d'être AA ?

    L'alcoolisme est un mal familial, et pour chaque malade alcoolique, quatre à cinq personnes sont affectées. Le témoignage des ces époux qui deviennent cinglés à force de vouloir contrôler l'incontrôlable, est insoutenable. L'est aussi celui de ces enfants déchirés, confrontés qu'ils sont à la violence parfois meurtrière des malades en phase active, et à l'attitude insensée de leurs conjoints, terrorisés parfois. Tout cela dans la honte, le secret, le déni, le non-dit. Ces personnes habituées à la survie en conditions extrêmes nous donnent un message d'espoir :

    medium_tryptiqueD.2.jpgOui, nous sommes drôlement costaux. Oui, nous pouvons survivre et au delà de la survie, nous rétablir, grâce au programme en Douze Etapes, grâce au groupe et à la Puissance Supérieure.

    Ces principes sont appliqués par de nombreux groupes en Douze Etapes de par le monde. Que ce soit Al-Anon, fondé par les compagnes des premiers AA pour aider l'entourage, AlAteen, destiné aux enfants et adolescents vivant dans le contexte de l'alcoolisme, OA, Outremangeurs Anonymes qui apportent une aide efficaces aux boulimiques, anorexiques et mangeurs compulsifs, Emotifs Anonymes, Débiteurs Anonymes, Narcotiques Anonymes, etc...

    Illustration : parties du tryptique décorant le palais des congrès de Metz pour le congrès national AA 2006

    Où trouver les AA ? rien n'est plus facile, mais il est bon de connaître aussi l'existence des autres groupes, pour les conjoints, enfants, parents de malades.

    Remarque : il existe des réunions en ligne sur Internet

    Liens : Al-Anon, OA, Groupes en Douze étapes, AA

  • La fièvre monte à Oaxaca

    ... mais les médias n'en parlent pas.

    L'insurrection a commencé en mai suite aux revendications salariales des instituteurs. Répression, insurrection, et notamment à Oaxaca où des barricades se sont élevées. Luttes contre les milices paragouvernementales, meurtres, et exactions en tous genre, comme il se doit.

    Vous pouvez suivre les évènements sur Carnets de Nuit.

    Ou si vous parlez l'espagnol, sur le site du journal La Jornada.

    Ce lundi 20 novembre : 

    A Paris, un rassemblement est prévu, à partir de 18h30, sur le parvis de Beaubourg.
    A Lyon, rassemblement à 18h, place de la Comédie.
    A Rouen, le rendez-vous est à 18h30, au Théâtre des Arts.

  • Hommage à Brad Will Roland, journaliste d'Indymedia, mort à Oaxaca

    medium_bradwill.pngMon ami Brad Will (Roland) a été tué par balle à Oaxaca

    (par David Rovics) 31-10-2006 (traduction perfectible)

    Brad Will était un ami cher, et un vrai révolutionnaire. Il est mort de la même façon que d'innombrables et incomptées belles personnes sont mortes dans les siècles récents -- il a été atteint à la poitrine par des paramilitaires de droite. Il filmait la scène près d'une des centaines de barricades qui ont bloqué la ville d'Oaxaca depuis juin dernier, quand le gouverneur a essayé de rendre hors la loi l'expression publique des dissidents, jetant ainsi une allumette historique de plus sur un baril de poudre de plus.

    Brad personnalisait l'esprit d'Indymedia. Non seulement il couvrait des histoires que la presse "courante" ignore, comme ce moment excitant, violent et révolutionnaire qui a attrapé Oaxaca il y a plusieurs mois maintenant. Brad ne risquait pas sa vie pour avoir un bon tirage d'une confrontation sur une barricade parce qu'il pourrait avoir une photo sur la couverture d'un journal, avoir quelque célébrité et argent (peut-être pourtant mérités) -- il postait ses communiqués sur Indymedia, gratuitement.

    C'est sûr, Brad filmait pour couvrir l'histoire mais il était là bas aussi pour faire l'histoire. Brad savait qu'une caméra est une arme, ou au moins une espèce de bouclier, et qu'elle pouvait parfois servir à désescalader une situation, à protéger les gens contre le viol, les coups, les meurtres. Et Brad savait que si les média indépendants ne documentent pas l'histoire, personne d'autre ne le ferait.

    ...

    Brad a été un radical longtemps avant que ce soit à la mode aux US (avec les deux manifestations à Seattle), et longtemps après que ce ne soit plus à la mode là-bas (11 septembre 2001). Les formes tactiques et politiques pour lesquelles le mouvement pour la justice globale est devenu connu étaient pratiqués par des gens comme Brad dans les mouvements de "squatters" à New-York City et dans le mouvement radical environnemental sur la côté ouest dans les années 1990. Brad était à ces deux endroits et dans beaucoup d'autres. Brad était quelque part près de la base de nombreuses autres institutions anarchistes récentes -- "de la nourriture pas de bombres", "masse critique", "réclamez les rues", "guerilla plus de jardins", "Indymedia". Il voyait les connections, comprenait profondément le concept "des commons", et y alla, comme activiste, video-journaliste, musicien et "pompomboy".

    Je n'ai jamais connu le nom de famille de Brad jusqu'à ce qu'il soit tué. Pour moi c'était juste Brad. Je ne me rappelle pas avoir parlé beaucoup avec lui à propos de son passé, de où il a grandi, comment il est devenu un révolutionnaire, bien qu'on ait dû parler de ce genre de choses. Mais en général, je le voyais au cours des évènements, que ce soit un film, un show ou un concert sur un toit de Brooklyn, une occupation de terrain dans le Bronx, ou, tout aussi souvent, une grande manifestation contre une organisation financière maléfique quelque part dans le monde.

    J'ai chanté à beaucoup de ces évènements, et Brad était présent à la plupart d'entre eux -- et il a été présent à de nombreux évènements où je n'ai pas été, aussi. Ils sont tous si flous, je ne me souviens plus lesquels. Mais les nombreuses rencontres commencent toujours avec un chaud sourire et une accolade, et habituellement impliquent qu'une sorte de chaos se produit, avec Brad confortablement au milieu du chaos. Parfois -- trop rarement, je le réalise soudain, les rencontres continuaient après que le chaos ait pris fin, et nous pouvions être dans un endroit calme avec un petit groupe de gens, se détendant et parlant de la vie, mes affaires favorites.

    Il y a eu de nombreux débats pour savoir si c'était plus utile d'organiser de grands évènements ou de se concentrer sur des communautés organisant localement, pour savoir s'il fallait se concentrer sur "couvrir" l'histoire, ou la faire, pour savoir s'il fallait éduquer ou agir, s'il fallait faire une fête ou un meeting. Brad décidait clairement que la réponse correcte était "tout cela". C'est facile de démontrer qu'il avait raison -- parlez à quelqu'un de New York City impliqué dans n'importe quel aspect d'un mouvement progressiste. C'est une ville de 8 millions d'habitants, mais si ils sont des participants sérieux de la partie la plus à la base du mouvement, ils connaissent Brad. Bien qu'ils ne connaissent pas son nom de famille. Il est juste Brad le grand gars maigre avec des cheveux longs qui se fend souvent d'un gentil sourire et d'un éclair intelligent et plein de compassion dans le regard. On l'appelle souvent avec un nom de connecteur "Brad de Indymedia" ou "Brad de "plus de jardins" ou "Brad le musicien".

    Je ne l'avais pas vu depuis un moment, au moins plusieurs mois. Mais soudain il me manque tellement. Ca me manque de marcher avec lui dans le Bas East Side, relax,  à sa place là-bas, échangeant des histoires. La chaleur de sa présence re-juvénisante me manque. L'admiration mutuelle non dite me manque. Le sentiment me manque d'être en présence de quelqu'un qui ressentait si profondément sa connection au monde. Le sentiment qu'il y avait ici quelqu'un qui pourrait mourir pour moi, et moi pour lui, pas de doute là-dessus. Et maintenant, comme tant d'autres avant lui, il vient de le faire.

    Comme pour nous tous, au fil des générations, son souvenir va pâlir et éventuellement disparaître. Mais pour ceux de nous vivants aujourd'hui qui avons eu l'honneur de faire partie du grand cercle d'amis de Brad, son souvenir sera avec nous douloureusement, profondément, aimant, jusqu'à ce que nous le rejoignons tous sous le sol -- espérons seulement après que chacun de nous ait réussi à avoir le type d'impact les uns sur les autres, sur le mouvement, et sur le monde que Brad a assurément eu dans ses brefs 36 ans.

    source

  • Mobilisation pour Oaxaca

    Oaxaca, partiellement occupée par les forces armées mexicaines, reste menacée d'une répression sauvage, déjà responsable d'une quinzaine de morts. Oaxaca a besoin d'un soutien international. Celui-ci s'organise : hier encore, la Commission intergalactique de l’EZLN (Zapatistes du Chiapas) a lancé un appel urgent “à mettre en place des actions de lutte pacifiques [de soutien à l'APPO]. Des prises d’ambassades, des blocages, des manifestations, des sit-in, des meetings, des actions de protestation dans le monde entier, les 1er et 20 novembre.“

    suite du post repris sur le blog de Tristram Shandy (Ghosts of Weimar) 

    La situation empire d'heure en heure à Oaxaca. Petit récapitulatif des évènements.

    Le 15 mai, "journée de l'instituteur", commence à Oaxaca, capitale régionale mexicaine, un mouvement de revendication salariale des instituteurs. Une semaine plus tard, ce sont 70 000 enseignants qui sont en grève et occupent pacifiquement la place principale de la ville. Le 14 juin, la police tente de les déloger violemment. Bilan: 8 morts, 15 disparus. La violence de la repression radicalise le mouvement: ce sont désormais 800.000 citoyens de la province, c'est à dire près de 25% de la population, qui manifestent pour exiger la démission du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz. Les manifestants se sont regroupés au sein de l'APPO (Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca) afin d'organiser une résistance civile non-violente.

    Au mois de septembre, Carlos Beas, de l'APPO, s'exprime ainsi dans la revue CQFD: «Chaque nuit, le fantôme des communards parisiens accompagne les hommes et les femmes rebelles de Oaxaca, et il partage avec eux le mezcal des mineurs, pour le froid. Salud.»

    Et pendant ce temps... tout le monde s'en bat les nageoires. Un article de Nicolas Arraitz, paru en octobre dans CQFD, résume bien la situation. Il faut attendre le 06 octobre pour que le sujet soit traité dans Le Monde, et les remarques du journaliste font froid dans le dos. On y apprend ainsi que «Plus d’un million d’élèves, en grande majorité issus de familles pauvres, sont privés d’enseignement en raison de la grève des 70 000 enseignants de l’État d’Oaxaca» et que «Les barricades érigées dans le centre-ville, jadis haut lieu touristique, et la baisse d’activité des entreprises ont déjà coûté à l’économie régionale quelque 300 millions de dollars.» En plus, ce sont de dangereux gauchistes: «Seul pouvoir réel dans la ville, comme dans une dizaine d’autres municipalités, l’Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca (APPO) a instauré sa propre police et procède à une justice sommaire. Voleurs pris en flagrant délit ou “provocateurs” soupçonnés d’agir pour le gouverneur Ulises Ruiz, dont les rebelles exigent le départ, sont exposés en place publique, mains attachées et yeux bandés.»

    Du côté de Libé, c'est pas mieux: devant l'indigence des articles consacrés au sujet, les lecteurs se plaignent sur le site internet du quotidien. Et Nicolas Arraitz de commenter:

    Que faire quand les lecteurs en savent plus long que le journal censé les informer ? Et la Commune de Paris, passerait-elle aujourd’hui à la télé ? Au Mexique, non contents de réinventer une démocratie vivante, les femmes et les hommes de Oaxaca ont compris que le contrôle de l’info est un enjeu crucial. Ils ont pris possession de radios commerciales et même, pendant vingt jours, de la télé officielle. Une leçon pour les futurs mouvements en France: dès que la presse commence à nous bassiner avec ses «usagers pris en otage», grévistes et usagers devraient occuper journaux, radios et télés pour reprendre enfin la parole !

     

    Le 27 octobre, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait trois morts, dont William Bradley Roland, un caméraman du site Indymédia.org (une des rares rédactions à couvrir les évènements). Hier 29 octobre, les forces armées fédérales ont investi les places fortes de la ville pour déloger/arrêter les insurgés. On compte plusieurs morts. Et maintenant ?

    Sources:

    Carnets de nuit
    Acrimed
    Indymédia
    Wikipédia

    Voir aussi ici (intéressant dossier sur le mouvement d'Oaxaca) et (la radio de l'APPO, pour hispanophones uniquement !).