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  • L'Immeuble Yacoubian

    rencontre avec Alaa El Aswany, l'auteur...

    C'est un grand gaillard à la peau sombre, gai et chaleureux. Né en 1957, il a côtoyé Naguib Mahfouz, le prix Nobel égyptien de littérature, ami de son père. Dentiste de son état, il avoue continuer ce travail, plus pour accoucher les âmes de ses patients que pour leur dentition...

    Il distingue très vite la littérature de l'action engagée (il est aussi journaliste engagé et opposant au régime de son pays). Il nous définit l'Egypte comme une dictature et désigne la dictature comme l'unique et ultime cause de la pauvreté. Moi qui croyait que le fait d'avoir un président était un signe de démocratie !

    A la question sur le parallèle entre son roman et la réalité de la société égyptienne contemporaine, il insiste sur la différence entre littérature et essai sociologique. Je suis déçue, moi qui n'aime que l'authentique... Ainsi il ne faut pas prendre comme la réalité la description que je donne de la misère sexuelle égyptienne dans mon compte-rendu du film.

    Il renomme l'intégrisme islamiste intégrisme wahhabite et explique que la lecture du Coran qui le sous-tend a été diffusée de façon volontaire par le régime Wahhabite saoudien, en réaction à la prise de pouvoir des Ayatollah en Iran. Ce n'est pas l'Islam, ce n'en est qu'une lecture, soutenue à grands renforts de capitaux... 

    Sur sa technique littéraire, il déclare être habité par ses personnages qui acquièrent au fil du temps une vie propre dont il est lui-même surpris. Les personnages ne sont pas pure fiction, chacun est la somme de plusieurs modèles rencontrés dans la réalité.

    medium_immeuble.jpgSon éditeur (d'Actes Sud) est présent, tout bourré de tics, il répond avec passion à une question sur le choix de la maquette de couverture, qui est une oeuvre d'art en elle-même et est créée en collaboration avec l'auteur.

    L'immeuble Yacoubian est devenu très rapidement un best-seller dans le monde arabe avec des millions d'exemplaires vendus. Le film qui en a été tiré est très fidèle au roman et a connu également un immense succès dans le monde arabe. 

     

  • Idées bonheur

    medium_carnet2.2.jpg

    Le problème du bonheur, c'est qu'on l'oublie trop souvent.

    Je note mes idées bonheur dans mon carnet bonheur.

    Ce sont par exemple :

    • manger des carottes, des sardines ou des falafel. Ou alors des lentilles.
    • pique-niquer au bord d'un lac, ou prendre un sandwich dans un parc
    • aller au cinéma
    • entretenir une belle amitié

    Agir de façon décroissante et volontaire me rend particulièrement heureuse. 

    Le bonheur d'un co-voiturage avec mon cher et tendre, le bonheur de combiner trajet et course à pied, le bonheur de sentir le vent sur ma peau lorsque je prends le vélo, le bonheur de côtoyer de nouvelles personnes et de râler dans les transports en commun, le bonheur d'offrir des fleurs du marché, et des cadeaux solidaires, le bonheur d'aller au séminaire freemen en train et non pas en voiture comme l'année dernière, le bonheur de me passer de voiture, le bonheur de donner le superflu, le bonheur de comptabiliser mes efforts dans ma tirelire virtuelle, et d'en donner le contenu, le bonheur d'avoir toujours un cabat pliable sur moi, le bonheur de refuser les cartes de fidélité...

    Le bonheur est dans la cohérence.

     

  • Préparation au Boycott des supermarchés

    La résistance s'organise.

    Nous ne pouvons pas décider du jour au lendemain de boycotter les supermarchés qui, ayant tué presque toute la petite distribution, possèdent un quasi-monopole sur les achats de nourriture. (Et qui, en plus, sont en train de prendre le monopole sur l'épicerie de quartier).

    medium_courtcircuit.jpg Mais nous pouvons organiser des circuits courts de distribution d'aliments et de services écolo-raisonnés.

    C'est ce que propose Court-circuit, qui démarre dans la région grenobloise.

    Cette initiative qui n'est sans doute qu'une parmi tant d'autres, peut être transposée dans n'importe quelle autre ville.  

    Il s'agit de mettre en relation des sympathisants, puis des adhérents, des producteurs, des livreurs (éventuellement à vélo), et des points de vente.

    J'ai une petite pensée pour Monsieur D., à Sassenage. Je n'ai jamais osé entrer dans son épicerie, par crainte d'y trouver une personne aigrie et maussade, épuisée par la lutte pour la survie. En plus quand je rentre dans une épicerie, je n'ai jamais assez d'argent liquide sur moi, et trop attirée par les produits inhabituels et l'envie d'aider l'épicier, je fais toujours des dettes. A chaque fois que je suis passée devant cette épicerie dernièrement au cours de mon jogging hebdomadaire, je m'attendais à la voir fermée.

    Monsieur D. a tenu bon, Monsieur D. est un résistant qui a passé le cap et nous allons maintenant le rejoindre. Et je vais passer, drapée dans mon parfum Sweat,  vérifier qu'il n'est pas un vieil homme aigri, et faire mes premiers achats, les transporter de façon écologique, à pied, dans mon sac à dos.

    Grâce au webmaster de Court-circuit, qui traite ses premiers sympatisants de façon très personnalisée, et qui a passé jusqu'à 18 h par jour sur le site dernièrement, l'initiative démarre. J'inscris Court-circuit dans ma blogroll et je vous invite à en faire autant. 

  • Eva Joly : la force qui nous manque

    Merci à Joël de m'avoir signalé ce livre.

    Eva Joly nous y montre quel travail de fourmi peut être la diplomatie, ça me fait penser aux difficultés pour se regrouper autour d'une idée, pour animer un forum ou pour créer un groupe d'action.

    Elle nous montre aussi les coulisses du pouvoir où la corruption est un mode de vie. Juge en charge du dossier Elf, elle a rencontré tant de personnes arrogantes qui ne remettaient pas en cause leurs pratiques. Cela me renvoie à la question qui me taraude : si j'étais née dans une famille esclavagiste, est-ce que j'aurais remis en cause l'esclavage ? 

    Eva Joly montre du doigt l'ennemi N°1, les paradis fiscaux. C'est, dit-elle, à cause de leur existence que la corruption peut perdurer, privant les populations des bénéfices dûes à l'exploitation des richesses de leurs sous-sols, favorisant la dictature et la pauvreté.

    Ecoutons-la plutôt, c'est une freemen !

    La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, sur son sol, ses enfants d'ascendance africaine n'étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s'est bâtie fait partie de l'héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l'uranium du Niger ou ceux des mines d'or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu'une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a contracté une dette qu'il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains des sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l'Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d'un avis d'expulsion... 

  • Quand je serais grand, je serai libre penseur !

    Dans le cimetière que nous visitions enfant les jours de Toussaint - vite, vite à midi pour ne pas tomber sur les grandes tantes râleuses qui exigeaient leurs quotas de visites - , il y avait une tombe que j'ai toujours admirée.

    Il était écrit en grosses lettres rouges : LIBRE PENSEUR.

    Il ne suffit pas de grandir, ni de prendre conscience un jour des incohérences de la religion dans laquelle on a été élevé pour devenir libre penseur. L'apprentissage demande de nombreuses années, et de nombreux échecs.

    Etre libre penseur, ce n'est pas seulement penser, c'est oser dire. C'est porter sur soi des signes ostentatoires de liberté

    C'est défendre le locataire de la vindicte de l'assemblée des co-propriétaires. C'est exprimer en face à d'autres nantis que l'on est pour une échelle de salaires de un à deux seulement. C'est refuser de demander une promotion parce qu'elle est attribuée par un système que l'on récuse.

    Chaque pas vers la liberté nous rend plus fort, plus dignes, plus libres encore...