Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Faut-il solder ?

    Tout le monde sait que le mot d'ordre c'est vendre plus en faisant croire au client qu'il fait une bonne affaire. Ah que la com est bien faite et comme le -50% s'impose aux regards ! Celui qui sacrifie aux soldes sera un vainqueur : Zorro : il arrachera un produit de marque à la convoitise de ses concurrents. Robin des bois : il sauvera un objet de luxe de la ruée des autres acheteurs. Socrate : il fera taire sa souffrance au chaud, au froid, à la fatigue, et montrera la vaillance de ses bras chargés de paquets. Les bourgeois s'encanailleront à économiser. Tandis que les plus pauvres devront attendre les deuxièmes ou troisièmes démarques, j'en profiterai en petite-bourgeoise-pseudo-décroissante pour remplir ma tirelire virtuelle d'économies de consommation.
    Sacrifierai-je cette année à la tentation des soldes ? Sans doute car je suis loin et je n'ai pas consommé depuis longtemps, ma carte bleue, seule carte qui me reste, est au repos. Comment envisager les soldes dans un souci de cohérence ? Refuser la frénésie, les coups de coeur qui nous poussent vers les produits non soldés, l'inutile comme les escarpins rouges trop petits ou le pantalon à carreaux oranges trop voyant, investir dans des chaussures à ma taille de bonne qualité, mais sans en prendre deux paires dont je pourrais me lasser. Choisir des habits sans anticiper sur un amaigrissement malgré mes jeûnes militants. Privilégier le durable de bonne qualité, car le bon marché crêve la poche. Limiter les achats de vêtements au nombre de cintres dans le placard ou au nombre de jours dans la semaine. Je me souviens quand une camarade de classe avait cinq pantalons et que j'avais entrepris de tisser avec des bouts de laine de récupération une étoffe pour me vêtir, pauvre petite Cendrillon !

  • Vers un Noël sans cadeaux...

    J'ai l'habitude de me déchaîner chaque année contre l'épreuve des "fêtes de fin d'année", matérialisée par la question rituelle qui suit les bises du premier de l'an "Ca s'est bien passé ?" et à chanter avec Renaud "Je voudrais tous les voir crever étouffés de dinde aux marrons".

    Je n'utilise plus mes cartes de fidélité depuis quelques mois et cela me tient à distance des parfumeries, gadgets électroniques, maroquineries, bijouteries où l'on peut trouver des cadeaux coûteux destinés à exprimer aux proches l'amour et l'estime dans lesquels on les tient. D'ailleurs ma famille n'a jamais exigé de cadeaux et mon père comprendra si je ne lui offre pas un énième cuir inutile à sa carrière de retraité aisé. Mais ne vais-je pas craquer au dernier moment et lui acheter une pochette de la Française des jeux, ce serait le comble ? Quel cadeau symbolique pourrais-je trouver pour lui ?

    Je lis dans un commentaire sur les carnets politiques de José : "Une alternative à la hausse du pouvoir d'achat serait une baisse des outils de frustration : publicité & assimilé".

    La baisse des outils de frustration ne supprimerait pas les causes de frustration à savoir, ne pas posséder tel ou tel objet, attendre la paie dès le premier du mois, ou être surendetté (pour ceux qui ont un toit et qui mangent à leur faim). Ainsi on ne peut pas demander à quelqu'un de renoncer à ce qu'il n'a pas encore possédé. La décroissance est tout d'abord un luxe de privilégié. On ne peut aller à la décroissance sans avoir connu un jour la croissance, le bien-être, la prospérité.

    Pour mon père, j'ai pensé à un petit mot avec une jolie carte : "J'ai offert de ta part à un tel qui n'en avait pas le cadeau dont tu n'avais pas besoin". Il ne s'agit que d'une redistribution des cadeaux de ses proches à son prochain.

    D'un autre côté, la personne qui n'a rien demandé et qui recevra le cadeau "coûteux" en question risque fort de se sentir terriblement en dette, voire d'être entraînée dans une spirale de surenchère. C'est pourquoi il est impératif de faire passer aussi le message suivant : "Je ne t'offre pas mon superflu, je te le rends".

    Petit cadeau à José : "J'ai offert de ta part une contrepartie de ta généreuse hospitalité à une jeune algérienne qui attend depuis quatre mois que la télévision algérienne se décide à lui verser son salaire".