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  • L'alcoolisme, mal familial

    Grandir dans une famille où l’un des parents est dans l’alcool est le plus court chemin qui mène à l’alcoolisme et aux autres toxicomanies, à la boulimie, aux troubles mentaux, à l’anorexie, à la codépendance… Comment se construire, en effet,  lorsqu’on est partagé entre la peur et la honte, écartelé entre le parent alcoolique qu’il faut ménager et l’autre parent toujours en colère ?  Comment connaître ce qu’on éprouve lorsque la situation et les sentiments sont niés ? Comment éviter le chaos dans sa tête lorsqu’on est confronté enfant à la violence ou à la folie meurtrière voire l’inceste ? Comment tout simplement savoir vivre après avoir assumé des responsabilités au dessus de son âge ?

    Pour prévenir l’alcoolisme, il faut tout d’abord briser le mur du silence et de non-dits sur cette terrible maladie. Mettre des mots sur la souffrance du malade alcoolique, de sa famille, de ses enfants. Il peut suffire pour cela d’une réunion ou d’un congrès, ou d’une participation régulière à un groupe Alateen, organisé pour les enfants et les adolescents par l’association Al-Anon/Alateen. 

    Le 5ème congrès Al-Anon Alateen avec participation Alcooliques Anonymes, se tenait ce week-end à Saint Jacut de la Mer, Côtes d’Armor. De nombreux témoignages l’ont montré, comme celui de M., il n’est pas rare que le conjoint ou le parent d’alcoolique, après avoir tout tenté sans succès, précède l’alcoolique sur le chemin du rétablissement en rejoignant les Al-Anon, quittant ainsi son rôle de sauveteur-facilitateur impuissant et se sauvant lui-même de l’obsession, de la déraison et de la dépression.

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    Pour l’alcoolique, s’il ne meurt pas, ou plutôt ne crêve pas de cette terrible maladie, comme dit D., il faudra attendre d’avoir touché son fond, senti le déclic, même si c’est celui de l’arme à feu enrayée avec laquelle on essaye de se suicider, comme Y., pour se décider à poser le verre et à pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Le témoignage de J., 22 ans, montre aussi que ce déclic peut avoir lieu tôt, pourvu qu’un membre du mouvement montre le chemin, faisant sa douzième étape...

    Car pour combler le vide laissé par la boisson, il n’y a qu’un moyen : se tourner vers le programme de rétablissement en douze étapes, qui est dur, mais l’alcoolique en a besoin ! Ce fabuleux programme consiste consiste en 1/ se rendre (avouer son impuissance étapes 1à 3), 2/ procéder à une introspection d’une rigoureuse honnêteté qui ne laisse pas de place à la staccause* (étapes 4 à 7), 3/ réparer (8 à 10) et enfin transmettre le message (12).

    *Ce terme, dans le truculent langage des AA, désigne l’auto-apitoiement (C’est à cause de)


     

  • Le monde selon Monsanto: scénario alternatif

    Le blog : le monde selon Monsanto publie la lettre reçue par les clients de la société (info trouvée grâce à Quotidien durable).

    Je voulais moi aussi réagir à cette vidéo, je l'ai donc visionnée hier soir sur le site de Arte. Réagir pour dire quoi ? Je ne regrette pas de l'avoir visionnée, elle dépasse de loin en horreur tout ce que j'avais imaginé, et me laisse dans un grand sentiment de désespoir et d'impuissance. J'ai été très intéressée d'apprendre la collusion entre Monsanto et la FDA (Food and Drug Administration) pour accélérer la mise sur le marché des OGM végétaux. 

    Pour un compte-rendu exhaustif, reportez-vous au blog Plancher des vaches ou à celui de Mérome (On refait le blog). Le point sur lequel je voudrais intervenir est le suivant : ce documentaire, univoque, ne peut que provoquer un clivage mais pas un dialogue. Il sera salué par les opposants aux OGM et sera accusé d'être partisan par les partisans des OGM. Au mieux, il pourra jouer le rôle de lanceur d'alerte et inciter de plus en plus de personnes persuadées de l'inocuité des OGM à ne pas croire tout ce qu'on leur dit (et surtout de ne pas croire la com de Monsanto).

    Comment ouvrir un espace de débat dans ces conditions ? Peut on par exemple donner à Monsanto le bénéfice du doute et imaginer que ses chercheurs ont vraiment tenté de fabriquer des produits nécessitant moins d'herbicides. Que la technologie "round-up ready" soit finalement le pis-aller auquel ils sont parvenus. S'il suffisait d'insérer un gène étranger dans un plan de maïs ou de soja, ce que tous les chercheurs en biologie végétale font quotidiennement, pourquoi la firme aurait-elle besoin d'investir en recherche et développement ? Ne peut-on pas supposer que les scientifiques de Monsanto ont passé des années à travailler sur l'insertion sélective d'un gène dans un endroit du génome où il ne cause pas de dégâts, et qu'ils ont essayé sans succès de contrôler la transmission de ce gène par les semences. Que par principe de précaution,  ils ont alors développé une technologie rendant les semences stériles. Et que s'ils intimident les agriculteurs, c'est pour éviter la dissémination de semences dangereuses. Que leurs nouveaux produits, comme le coton Bt, ils soient allés les tester dans le continent indien, bien loin des Etats-Unis... J'ai l'impression aussi que les bénéfices annoncés (des milliards de dollars) ne sont pas si importants compte-tenu de leur quasi-monopole : de fortes sommes pourraient servir à "contenir" la catastrophe... 

    Ne peut on voir Monsanto comme l'apprenti-sorcier, le nouveau Faust, qui tente de réparer une à une les erreurs faites sur cette créature monstrueuse qui lui échappe ? Ceux qui croient que la science finira par résoudre tous les problèmes devraient avoir conscience qu'elle procède par essais et erreurs successifs. Les résultats scientifiques sont sans arrêt remis en cause. Prenons par exemple les essais de thérapie génique d'une immunodéficience qui ont été suspendus suite à l'apparition de cas de leucémie. Les chercheurs ont conclu que nos connaissances sur le génome sont encore trop incomplètes. Ayons conscience que la micro-injection de spermatoïdes est pratiquée couramment dans les cas d'infertilité masculine, sans qu'on puisse prévoir ses conséquences à terme. Que certaines firmes telles que Clonaid continuent à s'essayer au clonage humain après que la brebis Dolly ait souffert de curieux rhumatismes !

    Tous ces sujets sont largement passés sous silence, car il faut aller de l'avant, n'est-ce pas ? Surtout ne pas être rétrograde, ça fait désordre. Il faut communiquer - c'est à dire mentir - pour obtenir des crédits de recherche, il faut justifier les investissements pharaoniques, et faire de la scientifique politique... Mais je m'emporte là, c'est contre-productif !

    Concluons en disant que dans bien des domaines, la seule certitude, c'est le doute.