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  • L'élégance du hérisson

    Dans un immeuble luxueux de Paris, les destins s'entrecroisent. Une amatrice d'art clandestine joue à la concierge et prend le thé avec une femme de ménage aristocrate, tandis qu'une pré-adolescente surdouée extra lucide en quête de "vrais projets de vivants" s'entraîne à lire des mangas dans le texte.

    L'arrivée d'un nouveau propriétaire, japonais, au nom de cinéaste, va semer le trouble dans un quotidien rythmé par l'arosage des camélias.

    Dans un style précis, enlevé, léger, l'auteur se livre à une dissertation subtile sur l'art, l'absurde, la lutte des classes, et à une mordante satire sociale. Un pur bonheur !

    Soudain, c'est l'angoisse. Je me demande comment l'auteur va pouvoir soutenir ses personnages et son intrigue jusqu'à la chute. Mais si, elle y parvient. En apothéose. Flamboyante. Sublime. Qui m'arrache des larmes d'intense plaisir esthétique.

    Un chef d'oeuvre. 

    L'élégance du hérisson, Muriel Barbery, éditions Gallimard

     

  • Une vérité qui dérange… encore plus…

    Voici un résumé de la Conférence de Jean-Marc Jancovici disponible en vidéo [lire l’introduction de Thierry Meyer]

    La population mondiale est passée de 0,5 millions à 6,7 milliards en un siècle (depuis la révolution industrielle). La consommation d’énergie en tep/habitant a été multipliée par 8. (Remarque : elle a été multipliée par 3 dans les 30 années appelées les « 30 Glorieuses » de la croissance économique). [Remarque : 1 tep (tonne.équivalent.pétrole)= 11 600 kWh]

    Ces 2 paramètres : population et consommation d’énergie exercent une pression sur l’environnement, dont l’ordre de grandeur est sans commune mesure avec celle des siècles passés. En effet, l’énergie finit sous forme de CO2 et les émissions de CO2 augmentent en parallèle à la croissance économique (et diminuent pendant les récessions !). La moitié du CO2 persiste dans l’atmosphère et il faut 1000 ans pour l’éliminer totalement. IL est responsable de l'effet de serre et du réchauffement climatique. Du fait de sa persistance, il faudrait diminuer par 2 les émissions actuelles pour stabiliser la situation. L’augmentation de température moyenne à prévoir est de 2° si et seulement si les émissions de CO2 restaient constantes et pourrait atteindre 4 à 5°C supplémentaires (ce qui correspond à l’augmentation depuis la dernière glaciation) si l’on essayait d’assurer à 10 Milliards d’individus le niveau de vie d’un polonais.

    La limitation des rejets de CO2 se produira forcément tôt ou tard du fait de l’état limité des ressources énergétiques.

    Les débats sur les ressources énergétiques et sur le changement climatique sont donc liés. La question n’est pas de savoir s’il y aura épuisement de ces ressources mais quand.

    L’extrapolation de la courbe de découvertes de réserves de pétrole permet d’évaluer l’emplacement du pic de pétrole avant 2015 (données glanées par « Janco » à la cantine de Total). Divers scénarios sont possibles selon les investissements et le coût consenti pour déplacer le pic (recherche de gisements, amélioration de l’extraction, etc…). On pourrait déplacer le problème - d’une génération seulement (pic vers 2050) - en forçant sur l’utilisation du charbon comme source d’électricité, ce qui empirerait le réchauffement climatique. Remarque : tous les scénarios reposent sur l’hypothèse (erronée) qu’aucune catastrophe ne se produira d’ici au terme du scénario.

    A ne pas gérer volontairement le problème, on s’expose à des risques +++. Il est malheureusement possible que la combinaison d’une récession massive et d’une pression environnementale accrue ait un effet sur la population (instabilité politique, guerres, famines…). Noter par exemple une corrélation entre le prix du pétrole et le chômage l’année suivante. Noter également que la dette de la France date du 1er choc pétrolier. Au passage, Jancovici qui est connu comme pro-nucléaire, ne considère pas l’énergie nucléaire comme solution-miracle (problème d’échelle de grandeur dit-il).

    Que faire ?

    Le PIB ne prévoit pas de "dotation aux amortissements" pour la consommation des ressources naturelles lors de la production de produits manufacturés. Ni de "provision pour risque". Il est impératif de changer d'indicateur, et de réintroduire le prix énergétique dans le prix des produits manufacturés.

    Avoir conscience que le « droit à émettre » devrait être divisé par 4 pour un français et que ce droit est épuisé en un seul vol Paris/New-York, ou si l’on achète un ordinateur (coût énergétique de fabrication), ou si l’on persiste à se déplacer en voiture en ville…