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  • Court-circuiter la grande distribution

    Beaucoup de gens pensent que la prise de conscience du réchauffement climatique n'est que de la poudre aux yeux, un produit de marketing de plus, pour vendre des voitures par exemple ! Les comportements changent, par exemple nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser les transports en commun à Grenoble, mais dans d'autres domaines si peu de choses changent ! Dans mon supermarché, les fruits venus de l'autre hémisphère côtoient toujours les salades étiquetées "consommer local".
    court-circuit.gifCourt-circuit tente d'apporter de la cohérence dans les circuits alimentaires. Initiative entièrement inventée et mise en oeuvre par Sylvain Prat, la démarche court-circuit vise à mettre en relation consommateurs et producteurs locaux, pour favoriser les circuits de distribution courts, une juste rétribution des producteurs de produits quasi-bio, tout en permettant une participation citoyenne (relais citoyen pour la réception des paniers).
    Court-circuit, vous l'avez compris, ce n'est pas un produit de marketing de plus, c'est un état d'esprit.  Qui vise à consommer sinon moins cher, de meilleurs produits, plus sains. Qui permet d'inventer de nouveaux menus au rythme des saisons, de s'interroger sur l'origine des citrons pour le gin-tonic ! Lorsque je commande mon panier sur le site internet, j'ai déjà l'eau à la bouche. Plus encore lorsque je vais le chercher chez Tout un fromage ou j'en profite pour compléter mes achats en épicerie et fromagerie, tout cela en tram bien sûr ! Et lorsque je déguste mes fruits et légumes de saison, je mange plus lentement, je prends le temps de savourer, sans me goinfrer, ce qui m'économise Slim Fast et autres produits amincissants !
    Si vous souhaitez que Court-Circuit arrive dans votre ville, il faut commencer à vous inscrire sur le site internet qui peut être décliné pour d'autres animateurs de réseaux.

  • Les oubliés du Nobel

    Jean-Claude Chermann* raconte avec une plume de scientifique (des faits, rien que des faits) comment, alors que - spécialiste en rétrovirologie- directeur des travaux qui ont conduit à la découverte du HIV, il a été tout bonnement oublié lors de l'attribution du prix Nobel de Médecine 2008. (J'ai même dû retourner à son livre pour retrouver son nom ).
    Il en est ainsi dans la recherche. On réussit par chance, lobbying, communication, ambition, ou alors on échoue, éjecté du système par la machine infernale comme bon nombre de scientifiques en grande souffrance. Ils sont passés en si peu de temps de jeunes brillants à "pauvres largués" !
    Comme je raconte cette histoire à une amie chercheuse, elle me rappelle "l'Affaire" Rosalind Franklin.
    Si elle n'était pas morte d'un cancer, elle aurait été elle aussi oubliée lors de l'attribution du prix Nobel 1962 pour la découverte de la structure en double hélice de l'ADN (un prix Nobel n'est jamais attribué à une personne décédée).  Ce sujet est très sensible outre-manche où un institut de recherche londonien porte le nom de Franklin.
    Dans son livre "La double hélice", James Watson décrit Rosalind Franklin comme une personne crispée et fermée aux idées nouvelles. En effet, en tant que femme et subordonnée, elle avait fort à faire pour défendre sa propriété intellectuelle (ses travaux de diffraction de rayons X) contre l'avidité de son supérieur Maurice Wilkins qui d'ailleurs communiqua à son insu, à Watson et Crick, le cliché de diffraction qui prouvait la structure en hélice de l'ADN.
    Elle devait résister également au bagou d'un théoricien, Francis Crick qui irritait d'ailleurs tous ses collègues en lançant une idée nouvelle par minute. Les théoriciens sont les ennemis des chercheurs qui triment devant leurs microscopes ou leurs expériences : rien de plus facile que de lancer des idées, ils finissent toujours par avoir raison et le revendiquer, comme une horloge arrêtée qui a raison deux fois par jour.
    Franklin aurait sans doute pu déterminer à elle seule la structure de l'ADN. Elle a été prise de vitesse par d'autres plus intelligents, plus brillants, plus communiquants qui ont en outre bénéficié de la trahison de Wilkins. 
    Pourtant elle et son patron Wilkins ont pu publier leurs résultats dans la même revue Nature que Watson et Crick. Ce qui a sans doute valu à Wilkins de partager le prix Nobel en 1962.
    Ce que je retiens de ces lectures, c'est qu'à l'époque il y avait de bons perdants. Pauling, un pape de l'époque, a été battu par Watson et Crick dans la course au Nobel, et l'a tout de suite admis avec beaucoup de fair-play. Rien à voir avec un Gallo qui jusqu'au bout ne lâche pas prise. En 1962, le nom de Franklin a au moins été cité deux fois par son collègue Wilkins, tandis qu'en 2008, celui de Chermann n'a pas été mentionné dans le discours de Nobel de ses colllègues (en fait si, Chermann est l'un des 150 noms remerciés dans une diapo de Montagnier  !).

    *Jean-Claude Chermann Tout le monde doit connaître cette histoire Editions Stock

  • Free(wo)men

    Etre free(wo)men pour moi, c’est avoir conscience d’être infiniment privilégiée, d’être née du bon côté du village mondial.
    C’est ressentir profondément la souffrance, l’injustice et l’incohérence. C’est avoir envie de partager en n’étant pas tout à fait prête à me dépouiller, et d’assumer ces contradictions. Au contact des free(wo)men, j’ai appris que mes connaissances sont bien fragiles et doivent toujours être remises en cause.
    Etre free(wo)men, c’est cesser d’être une voix qui crie dans le désert, mais participer à un réseau qui me donne quelque visibilité. En effet, ce n’est pas très utile d’avoir raison tout seul. Et même si on est peu nombreux, au moins on est quelques uns, pour reprendre les paroles de résistants de la première heure de la seconde guerre mondiale (cités par Francesco Casabaldi). Ce même Francesco qui ne se reconnaît pas comme fondateur du réseau freemen. En effet, les appels ne surgissent pas en un jour, les idées maturent, murissent, grandissent dans le dialogue. Isaac Newton avait conscience de “travailler sur les épaules des géants”.
    Voici quelques phrases qui illustrent mon appartenance free(wo)men :

    Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde (Gandhi)
    Si tu as deux manteaux, en donner un à quelqu’un qui n’en a pas, ce n’est pas lui donner, c’est lui rendre.
    La vérité, elle n’est ni à droite ni à gauche, elle est devant…

    Et donc, si les free(wo)men sont peu nombreux, ils existent encore. Si je n'écris plus guère parce que j'ai l'impression d'avoir tout dit, je peux me répéter. Pour faire partie du réseau, il suffit d'être en accord avec les deux principes fondateurs, de faire des liens sur son blog vers les autres blogs du réseau.

    Des outils ont été mis en place pour afficher facilement une liste de liens (fichier opml ou possibilité d'importer des liens sous forme de pseudo-flux rss) http://freemen.autresmondes.eu

    La liste est restreinte aux blogs actifs. Les free(wo)men sans blog peuvent participer aux discussions sur le ning freemencafé.

    Enfin, j'ai une petite pensée pour les free(wo)men historiques. Ceux qui ont arrêté leur blog et sont passés à autre chose. Je pense tout particulièrement à Eric qui est parti déffricher de nouvelles terres dans la Creuse. Il ne souhaitait rien laisser de son passage sur le net et son voeu est respecté. Certains ont laissé leurs blogs ouverts et leurs écrits sont encore disponibles. Certains montrent le chemin, mettant en cohérence leur comportement et leurs idées (chapeau bas). Même ceux qui ne se reconnaissent pas comme free(wo)men.

    (ceci n'est pas la liste à mettre en lien !!!)

     

    Free(wo)men continue aussi sur Facebook.